Page 53 - EcoRéseau n°25
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n°25
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Le baromètre de l’innovation STRATÉGIE & INNoVATIoN NUMÉRIQUE
L’innovation autrement
Strategy review
Octav, une entreprise qui dit « Non à la hiérarchie ! »
par
Depuis le mois d’avril 2015, la société octave, spécialiste des solutions e-commerce et logicielles pour les entreprises, basée à Angers, a opté pour le fonctionnement sans hiérarchie. « Je vous assure, je suis toujours le DRH de l’entreprise », sourit Michel Perrinet, P-Dg, associé fondateur d’octave. « Nous avons supprimé la notion du petit chef qui vous dit comment travailler et vérifie si vous avez bien suivi les consignes. » Dans le management, ce mode de fonctionnement s’appelle "la philosophie d’entreprise libérée". « Notre entreprise commençait à grossir de plus en plus. Il y a un an, nous avons dépassé 50 salariés et l’organisation interne est devenue plus difficile à gérer. Nous passions beaucoup de temps sur les différents processus, notamment la définition des fiches de poste. Etant une entreprise du secteur numérique, nous devions être plus agiles et notre organisation nous freinait. Elle était inadaptée. » C’est avec le conseil de son coach d’entreprise que le dirigeant trouve une alternative au modèle hiérarchique établi. La démarche a pour but de soutenir la stratégie de l’entreprise et d’encourager l’engagement, la créativité et l’agilité de ses collaborateurs au service de la satisfaction clients. « La hiérarchie apparaît comme un leader nourricier qui d’une part s’assure que les employés ont des moyens de prendre des décisions et d’autre part favorise l’émergence du leader
naturel. Ce dernier apparait par lui-même, il propose des idées, décide comment résoudre telle ou telle question et les collaborateurs convaincus le suivent. » Ainsi, une entreprise libérée se définit comme une entreprise dans laquelle la majorité des salariés disposent de la liberté et de l’entière responsabilité d’entreprendre toute action qu’eux-mêmes estiment comme étant la meilleure pour la vision de l’entreprise. « Je suis convaincu que les salariés sont plus heureux qu’avant. Nous avons mis en place un réseau social d’entreprise sur lequel ils ont la possibilité de faire des propositions, d’organiser des réunions. Les personnes sont volontaires et le mécanisme se met en place naturellement. Par exemple, cet été, pendant que j’étais en vacances, j’ai su que les employés avaient décidé de fusionner deux services d’entreprise. Je rêvais de le faire depuis sept ans! Nous sommes passés d’une société qui dit "Comment travailler ?" à une société qui dit "Pourquoi travailler ?", laissant aux collaborateurs le soin de définir le "comment". Ainsi, nous avançons mieux tous ensemble avec les mêmes valeurs : audace et bienveillance. » Pour le moment, il est encore trop tôt pour parler d’une évolution de CA mais Michel Perrinet garde « l’intime conviction que la démarche d’entreprise libérée portera ses fruits pour la performance de l’entreprise et l’amélioration du service client ».
Pascal Junghans
Enseignant à l’Institut d’administration des entreprises de Poitiers et à l'Université de techno- logie de Troyes, membre du conseil scientifique
du CSFRS, chercheur associé au CEREGE. Des banques trop bridées ?
Les innovations en bref...
C’est un journal – peu suspect d’anti-américanisme primaire – qui tire la sonnette d’alarme. Les Echos barre sa Une du 13 octobre d’un gros titre inquiétant : « Banque : l’inquiétante domination américaine ». Le journal relaie une campagne lancée par la Fédération bancaire européenne pour que Bruxelles n’imite pas les dures régulations de Washington, qui favorisent ou- trageusement les banques d’outre-Atlantique.
Le régulateur européen serre trop et mal la vis aux banques du Vieux continent. Peut-être pas forcément un bon choix d’avenir...
Sport en pilule
Deux équipes de chercheurs, basées en Australie et au Danemark, tentent de mettre au point une pilule capable de reproduire tous les bienfaits d’une séance de sport sur l’organisme, selon la revue Cell Metabolism. En effet, les scientifiques ont rassemblé toutes les réactions corporelles suite à une séance de sport, c’est-à-dire plus de 1000 réactions moléculaires sur quelque 562 protéines! La pilule ne devrait pas voir le jour avant au moins dix ans ; pour le moment, il faudra patienter dans la salle de sport...
Une entreprise française, le leadership de l’impression 3D
L’entreprise alsacienne Beam répare l’irréparable par
impression 3D. Spécialisée dans la soudure et la découpe laser, Beam a eu l’idée de faire passer de la poudre de métal à travers une buse, et de la faire fondre au laser quand elle arrive à l’extrémité. La procédure permet de souder des petits morceaux d’un métal à la surface d’un autre. Et si on répète l’opération des milliers de fois, petit bout par petit bout, on peut réparer une pièce usée, boucher un trou et même créer une nouvelle pièce de zéro. La solidité de l’ensemble est irréprochable car il s’agit d’alliages de titane ou de nickel. Beam peut désormais se spécialiser dans la réparation de turbines d’avion, composées de pièces mobiles très chères à remplacer. Une invention enviable, seule l’entreprise américaine Optomec maîtrisant jusqu’ici ce savoir-faire.
Les banquiers européens ne devraient-ils pas plutôt jouer profil bas, alors qu’ils sont régulièrement punis pour avoir fait n’importe quoi dans les dernières an- nées ? Les banques britanniques truquant le Libor. La Deutsche Bank dans tous les mauvais coups – telle la création d’actions d’une entreprise sans le consente- ment de celle-ci. Les banques françaises, BNP Paribas et Crédit Agricole en tête, frappées par de très lourdes amendes pour avoir franchi la ligne jaune alors qu’elles avaient été informées des risques. Si les banques des Etats-Unis ont compris que le temps des cow-boys était passé avant les européennes, tant mieux pour ces premières. Tant pis pour les secondes. Mais enfin, les banquiers européens ont raison de s’émouvoir. Dans le monde d’aujourd’hui, la création d’entreprises, à partir de produits et services de rup- ture, est un enjeu vital. Ce sont ces «pépites» commer- ciales ou technologiques qui feront que la France et l’Europe disposeront encore d’une place de choix dans l’économie de demain. or, les banques, contrairement à ce qui est dit, financent largement ces TPE ou PME. « Obtenir un crédit est devenu plus aisé et plus effi- cace que lever des fonds », m’expliquait, récemment, un fin connaisseur du monde des start-up du numé- rique.
Dates & Events : ça cogite dur...
4 Du 18 au 19 novembre 2015 : Paris Open Source Summit (Docks de Paris, 50 avenue du Président Wilson, 93200 La Plaine Saint-Denis) Ce premier événement européen libre et open source est le fruit de la fusion de Solutions Linux et de l'Open World Forum, deux manifestations emblématiques du Libre et de l'Open Source. Son ambition est de présenter les innovations technologiques, la réalité et le dynamisme économique de ses solutions et les impacts so- ciétaux de cette filière numérique. A cette occasion, l'événement accueille des personnalités de la scène politique et économique : Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat chargée du numérique, Jean-Louis Missika, adjoint à la Mairie de Paris, chargé de l'urbanisme, de l'architecture, du projet du Grand Paris, du développement éco- nomique et de l'attractivité et Jacques Attali, économiste, écrivain, conseiller d'Etat honoraire.
4 26 novembre 2015 : Quatrième Forum DGA
Les défis de la transformation digitale seront au cœur de cette journée d'échanges comme les objets connectés, les nouveaux modes de management et les nouveaux écosystèmes. Pour la pre- mière fois, le GEM Digital Day se déroulera avec l'EMSI (une école de Grenoble Management) et Digital Grenoble, une des neufs mé- tropoles FrenchTech, dans la cadre de la Chaire Gem-Orange "Di- gital Natives". Bernard Stiegler, philosophe, interviendra également pour présenter les travaux qu'il mène avec l'EMSI lors d'un atelier du Digital Society Forum sur "Management et com- plexité". Les acteurs grenoblois ne sont pas en reste, notons la participation de Christophe Baillon de Sogilis et Startup Maker ainsi que celle de Claude Lemardeley de The Digital Company.
Si les banques européennes, bridées par de trop strictes règles prudentielles, laissent la place aux américaines, notre avenir sera sous contrôle d’une économie qui n’a pas le même modèle que le nôtre. Le régulateur euro- péen doit prendre en compte cet élément avant de prendre des décisions qui peuvent obérer gravement l’avenir de l’Europe dans un monde globalisé.
Innovation (le campus de l’École Polytechnique)
La Direction générale de l’armement invite tout le monde au qua- trième Forum DGA Innovation organisé de 8h30 à 18h. Au pro- gramme : plus de 100 projets innovants et des démonstrations dynamiques, allocution et remise du prix de thèse par le ministre
de la Défense, speed dating : innovateurs cherchent investisseurs, ateliers : « Quelles priorités technologiques pour la Défense de demain ? ». Pour vous inscrire rendez-vous sur : www.ixarm.com/FORUM-INNOVATION-DGA. Contact : guy.flauder@intradef.gouv.fr.
4 1er décembre 2015 de 8H30 à 19H: la 4ème édition de GEM Digital Day, au World Trade Cen- ter de Grenoble (5 place Robert Schuman, Gre- noble).
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