Page 40 - EcoRéseau n°25
P. 40
www.ecoreseau.fr
n°25
comprendre ou refuser de comprendre tel ou tel point ». Ce qui suppose un or- donnancement judicieux du discours, ponctué de questions du type « Est-ce que je suis clair ? » pro- pres à récréer une dimen- sion pédagogique, rappelle l’experte, avant de conclure : « Moult entre- preneurs en herbe savent synthétiser, vulgariser, voire jouer de l’humour ou s’appuyer sur des méta- phores pour bluffer l’au-
CLUB ENTREPRENDRE Créer aujourd’hui - Mentors pour entrepreneurs en herbe ... ou saura l'accompagner avec subtilité
dans une orientation plus propice à son business. Avec subtilité on a dit !
», note Stéphanie Duche- nois qui conseille aux créateurs d’être 100% clairs, intelligibles et convaincants le jour J. Pour réussir un tel tour de force, « encore faut-il soi- gner son expression orale, un exercice largement pé- rilleux », rappelle Jeanne Bordeau, fondatrice de l’Institut de la qualité de l’expression, qui coache les entrepreneurs dans le cadre de prises de parole en public. Elle leur conseille notamment d’adapter leurs discours au profil de leurs interlocu- teurs. « Il faut toujours s’interroger sur la subjec- tivité de son public et sa manière de réceptionner les messages. D’où la né- cessité de faire preuve d’empathie et de pédago- gie en se demandant com- ment l’autre va
preneurs dans la durée.
Duchenois, en rappelant que seulement une quin- zaine de projets sont au final financés. C’est dire la nécessité de bétonner votre pitch ! Ainsi, lors de l’audition – qui dure 10 minutes au maximum – veillez à être autant concis qu’explicite, aussi bien sur votre parcours, que sur la nature et les perspec- tives de votre projet. « Nous sommes toujours preneurs du maximum d’informations fournies par la société, même si celle-ci vient de se lancer. Car plus l’entrepreneur est réactif et transparent, plus il montre sa volonté d’être accompagné. De quoi conforter le business angel quant à l’intérêt d’investir dans la société
Charles Cohen
rencontres thématiques et échanges d’expériences.
- Entrepreneuses, des réseaux d’accompagnement vous sont 100% destinés ! A l’instar de Paris Pionnières, Entrepren- dre au féminin, Action’elles ou encore Force Femmes... D’autres réseaux sont réservés aux séniors, tels que EGEE, rassemblant d’anciens professionnels à la retraite enclins à aider les créateurs.
- Certains réseaux s’adressent à des entrepreneurs plus aguerris, affichant des projets déjà bien ficelés (réseau Entreprendre) ou avec quelques exercices à leur actif (Croissance Plus).
- Pour doper les projets naissants, les réseaux de business angels – au nombre de 80 en France – s’imposent comme un passage obligé. Contrairement aux fonds de capital-investisse- ments, les business angels interviennent juste après le « love money » des proches.
« A la charge donc du porteur de projet de mon- trer qu’il est en quête d’une telle expertise et ou- vert à ce type de partena- riat », poursuit la business angel.
Petit inventaire à la Prévert
Les réseaux d'accompagnement clés
is ils doivent aussi
tre,ma.
apprendre à sensibiliser leur public et à mieux structurer – de manière ra- tionnelle – leurs propos. Tout n’est pas dans la sé- duction... » Transmettre sa passion, oui, mais tout en gardant les pieds sur terre !
DÉMARCHE
DE SÉDUCTION
La capacité à convaincre est d’autant plus essen- tielle que sur les 8000 dossiers étudiés chaque année par l’ensemble du réseau de business angel de France, seuls 400 sont finalement sélectionnés ! « Chez Paris Business Angel, nous recevons 700 dossiers par an, mais n’auditionnons, in fine, qu’une minorité de dépo- sants », illustre Stéphanie
- BGE, le réseau national d’appui aux entrepreneurs, est présent à toutes les étapes de la création, de l’émergence au développement de l’entreprise en passant par le finance- ment.
- Les accélérateurs ou incubateurs de start-up. Publics ou privés, ces tuteurs ont poussé comme des champignons dans les grandes écoles (Essec, HEC...) en l’espace de dix ans. Les grandes entreprises s’y mettent aujourd’hui pour booster leur business. A l’instar du Crédit Agricole qui a lancé le Village by CA.
- Ne négligez pas les espaces de co-working, Numa, Next Door, etc., pour aller à la rencontre d’autres entrepreneurs, par- tager les bonnes pratiques, assister à des conférences...
- La plupart des CCI disposent de leur club des créa- teurs qui proposent aux entrepreneurs en herbe des cycles de
40 NoVEMBRE 2015

