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n°24
PANORAMA Régions & Territoires - Alsace, Champagne-Ardenne, Lorraine (ACAL officiellement, Alca officieusement) uDes pôles de compétences renforcés
Les savoir-faire du Grand Est ont vocation à être regroupés autour d’une bannière commune. « Une façon de peser davantage sur le marché hexagonal, mais aussi dans l’Europe des ré- gions et au-delà », résume Robert Herrmann. La filière vinicole est un exemple phare. « Nous avons dans ce domaine des intérêts communs. Il faudra pouvoir
(Draaf). « Le fait de loger l’ensemble des dispositifs relatifs à l’agriculture dans cette ville est une force de frappe importante pour l’avenir », assure Robert Herrmann.
Un paysage de la formation en effervescence
L'agglomération troyenne est en pleine mue. Cet élan s'explique par sa nouvelle dynamique universitaire portée par la technopole, le groupe ESC qui a également intégré une école supérieure de design ou encore l’université de technologie, l'UTT. L'ancienne Champagne-Ardenne ne cesse d'améliorer son tissu d'ensei- gnement supérieur grâce à l'installa- tion de certaines grandes parisiennes. Si l'école polytechnique féminine a choisi de se baser à Troyes, d'autres établissements ont opté pour Reims, qui elle se carac-
térise par la den-
sité croissante de
la recherche :
trois nouvelles
chaires s’y sont
implantées, avec
l’arrivée récente
de AgroParis-
Tech, l'École
centrale Paris, sans oublier le campus euro-américain de Sciences Po Paris. La Lorraine n’est pas non plus en reste en matière d’alliance. Les 24 grandes écoles de Lorraine ont créé en mars dernier la conférence régio- nale des grandes écoles de Lorraine (CRGEL) pour créer un écosystème local unique qui opère dès à présent des rapprochements et synergies en- tre les écoles alsaciennes et celles de Champagne-Ardenne dans le cadre de la nouvelle carte des régions. En Al- sace aussi les lignes bougent. Alsace Tech, groupement de grandes écoles d'ingénieurs, d'architectures et de ma- nagement, rassemble en son sein 12 écoles d'ingénieurs basées en Alsace, toutes habilitées par la CTi (commis- sion des titres d'ingénieurs), l'EM Strasbourg et l'ENSAS (école natio- nale supérieure d'architecture de Strasbourg). Créé en 2007, ce réseau a pour vocation d'accroître la visibi- lité des écoles, de développer des projets communs de formation, de renforcer les liens entre les écoles et
Geoffroy Framery et Matthieu Camozzi
agir de concert, à travers une promotion globale mettant en avant le potentiel et la richesse du secteur », estime le prési- dent alsacien. L’an passé, les vignobles champenois et al- saciens ont vendu respective- ment 307 et 142 millions de bouteilles. L’exportation a re- présenté 50% pour le Cham- pagne et 27% pour les vins d’Alsace.
lement en Lorraine. Le pôle de compétitivité Materalia, né de la fusion du pôle lorrain MiPi (Matériaux innovants Produits intelligents) et du pôle champardenais P2Mi (Procédés de Mise en œuvre des Matériaux innovants), est au cœur des activités dans ce domaine. il rassemble au- jourd’hui 130 industries et centres de recherche, aussi bien de Lorraine que de
Se regrouper pour mieux peser. C’est égale- ment cette idée qui est à l’origine de l’essor de la filière Matériaux et Procédés, principa-
Les richesses de la terre, plus généralement, figurent parmi les grands développements à venir. ACAL se classe au premier rang national pour les cultures de céréales et oléoprotéagi- neux. L’agriculture et la forêt couvrent res- pectivement 52% et 34% du territoire. La ville de Châlons-en-Champagne, entourée de multiples exploitations, a ainsi été choisie pour accueillir la Direction régionale de l’ali- mentation, de l’agriculture et de la forêt
Champagne-Ardenne. Metz et ses environs ont été désignés par le gouvernement comme un territoire de synergies et de mise en réseau autour de la métallurgie et des procédés, des nanomatériaux, des composites et des nou- veaux procédés de fabrication. Autant d’acti- vités spécialisées qui trouvent leurs applica- tions dans l’énergie, l’aéronautique, l’auto- mobile ou encore les technologies médicales.
uL’aubaine des axes de communication
En terme d’accessibilité, les pôles d’avenir ont tout pour plaire. « Qu’il s’agisse des nœuds autoroutiers stratégiques, comme entre l’A4 et l’A31, des voies fluviales ou des dé- veloppements constants dans le domaine fer- roviaire, les communications sont indiscuta- blement un atout à faire valoir », indique Jean-Luc bohl. Selon la Délégation intermi- nistérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (Datar),
écourtent les distances et augmentent les perspectives d’affaires. La région profite d’une position privilégiée, au cœur des dy- namiques de transport imaginées par la Com- mission européenne dans le cadre de la stra- tégie Europe 2020. Le principe de réseau transeuropéen de transport d’échelle euro- péenne (RTE-T), censé poser les jalons d’une croissance intelligente et durable, a conduit
l’aire urbaine de Strasbourg
se caractérise par un nombre
important d’échanges diver-
sifiés et de longue distance
qui tiennent en grande partie
aux liens entre entreprises.
L’entrée en service en mars
2016 de la nouvelle ligne fer-
roviaire à grande vitesse, sur
une portion proche de Stras-
bourg, placera la capitale alsacienne à 1h50 de Paris, à 45 minutes de Metz et à 1h10 de Reims. « Un nouveau rapprochement qui ne fera qu’augmenter les collaborations », assure Jean-Luc bohl.
au développement de neuf corridors multimodaux des- tinés tant aux voyageurs qu’aux marchandises. ACAL est concernée par quatre d’entre eux : le cor- ridor « Rhin-Alpes », qui suit globalement le Rhin, le corridor « Mer du Nord- Méditerranée », qui inté- resse l’offre logistique de
.
Si certains observateurs voient d’un mauvais œil la vaste étendue géographique que forme ACAL, d’autres soulignent le développement rapide de ces axes de communication qui
la Meuse, le corridor « Atlantique » qui, sur une portion Paris-Mannheim, a un impact sur l’activité régionale, et enfin le corridor « Rhin-Danube » par lequel Strasbourg est en relation avec des villes majeures en Alle- magne, en Autriche, voire en Hongrie. Robert Herrmann estime que la « future région pourra mettre en avant cette situation unique au centre de l’ouest européen ».
le monde économique.
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OCTObRE 2015

