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n°24
PANORAMA Régions & Territoires - Alsace, Champagne-Ardenne, Lorraine (ACAL officiellement, Alca officieusement)
u Un tremplin pour mieux conquérir l’international
Strasbourg, capitale d’influence
Pour Robert Herrmann, président de l’Euro- métropole Strasbourg, « avoir une frontière avec quatre pays étrangers est incontesta- blement une opportunité prometteuse ». Seule à connaître une telle configuration, la région regroupe à elle seule 45% des travailleurs frontaliers français. L’export et sa promotion peuvent donc être un des fers
prochement d’un bon œil, et même comme une aubaine « pour accélérer le développement à l’international ». Le portefeuille Client de l’ex-bPLC (banque Populaire de Lorraine et Champagne) comptait 400 entreprises alle- mandes. Grâce à la fusion avec l’Alsace et à la nouvelle donne régionale, elle ambitionne
Depuis 1570, au moment de Noël, Stras- bourg se pare de lumière avec son mar- ché aux saveurs gourmandes séduisant des touristes venus des quatre coins d’Europe. Même indépendamment des fêtes, la ville, quatrième après Paris, Nice et Avignon en nombre de nuitées hôtelières des résidents étrangers, attire les masses. Mise en valeur par l’arrivée récente du TGV, « la magnifique » peut compter sur sa cathédrale ciselée, son centre-ville classé au patrimoine mondial de l’Unesco, son art de vivre et sa gas- tronomie avec l’une des plus importantes concentrations
de lance de la nouvelle zone.
C’était d’ailleurs le thème
de la rencontre estivale des
trois présidents de région ac-
tuels. Le territoire du Grand
Est a des allures de champion
en matière de commerce ex-
térieur. En 2014, le niveau
des exportations a atteint 58
milliards d’euros (deuxième
région française). Fonderie, produits agricoles, automobile, produits pharmaceutiques figurent parmi les filières à succès, sur lesquelles les futurs décideurs comptent bien capitaliser. L’Allemagne est le premier client avec 22% de ces exportations, suivie du Royaume-Uni (17%).
de porter ce nombre à 1000. « Pour nourrir cette dyna- mique d’internationalisation des échanges, il importe de réfléchir à un marketing ter- ritorial efficace. Il faut dés- ormais veiller à faire connaî- tre les nombreux atouts re- groupés de ce grand espace régional », souligne Robert Herrmann. Attention toute-
Au sein du groupe banque Populaire, qui a lui-même procédé à une fusion de ses réseaux d’Alsace, de Lorraine et de Champagne au cours des dernières années, on voit ce rap-
fois à ne pas porter atteinte aux forces en place. Didier Lincet, vice-président du club i3A qui rassemble les acteurs de l’agroali- mentaire champardenais, s’inquiète du devenir de la bannière « Savourez La Champagne », qui commence à être connue. « Nous avons énormément investi en temps et en argent pour bâtir des outils de promotion qui portent aujourd’hui leurs fruits. Nous souhaitons pourvoir conserver cette identité », explique- t-il.
de restaurants
étoilés au guide
Michelin en
France. Ajoutons
une certaine
puissance insti-
tutionnelle. Y
siègent le Parle-
ment européen,
le Conseil de l’Europe, la Cour euro- péenne des Droits de l’Homme, le Mé- diateur européen, l’Eurocorps, le Centre européen de la Jeunesse ou encore le système d’information Schengen. Ce qui en fait la seconde ville diplomatique de France avec 75 ambassades et représen- tations diplomatiques, une centaine d’ONG à caractère international et une communauté internationale de plus de 22000 personnes. La localisation sur l’axe rhénan est stratégique. Strasbourg est au troisième rang français des villes de congrès et parmi les grandes villes de congrès internationales. Le port fluvial est le deuxième de France, accueillant 320 entreprises et 13000 emplois, faisant de la ville une plateforme d’échanges multimodaux. Celle-ci est aussi au croi- sement des axes autoroutiers Paris-Mu- nich et Hambourg-Milan. Autre domaine de rayonnement, la recherche. L’univer- sité de Strasbourg accueille plus de 43000 étudiants, dont 20% d’étrangers. L’Alsace est devenue le troisième pôle de recherche publique, quatrième en nombre de chercheurs par habitant. Elle se classe au troisième rang national en termes de dépôts de brevets européens dans le secteur de la pharmacie et des biotechnologies. Le pôle mondial Alsace biovalley, dédié aux innovations théra-
u Un plus pour l’innovation ?
Le territoire de la région ACAL a été retenu pour expérimenter un Partenariat régional d’innovation (PRi) visant à financer des projets innovants portés par des PME, dans le cadre d’un fonds de 20 millions d’euros provenant pour moitié de l’Etat (programme des investissements d’avenir) et pour moitié des trois régions concernées. il s’agit de fi- nancer des études de faisabilité, sous la forme de subventions de 100000 à
de développement économique de Cham- pagne-Ardenne (Cadev) et l’agence régionale de l’innovation (Carinna). « Il s’agit de gagner en efficacité en coordonnant les deux missions pour mieux faire valoir les territoires dans la perspective de la création de la grande région », indique Dominique Dutartre, président de la nouvelle structure. Un schéma permettant d’être « plus audible » pour faire
200000 euros, ou de soutenir des phases de développement industriel, sous la forme d’avances remboursables al- lant de 200000 à 500000 eu- ros. Une première concrète qui illustre la volonté locale de faire de l’innovation le relais de croissance de de- main.
connaître les forces écono- miques locales, en complé- mentarité des atouts de l’Al- sace et de la Lorraine. A noter que l’entité champe- noise aura également voca- tion à se rapprocher des cen- tres d’enseignement supé- rieur et de recherche, uni- versitaires ou intégrés à de grandes écoles, afin de défi-
.
Avec plus de 500 brevets déposés par an, la future grande région fait partie des plus in- novantes. Elle peut notamment compter sur six pôles de compétitivité couvrant les do- maines de la biotechnologie et de la santé, des transports, des bio-ressources et de l’éner- gie, des matériaux, ainsi que des écotechno- logies et de l’environnement.
nir avec ces derniers les axes prioritaires par rapport aux filières d’avenir.
Des développements industriels d’avenir se mettent aussi en place, comme dans les agro- ressources, essentielles aux projets dans les bioénergies. « Nous préparons l’avenir, en travaillant directement avec des acteurs agroa- limentaires comme Vivescia ou l’entreprise sucrière Cristal Union qui dispose d’une filiale à Erstein, en Alsace », confie Catherine Vautrin, présidente de Reims Métropole.
peutiques, n’y est pas étranger.
Pour soutenir le plus efficacement l’innovation, les dispositifs en place s’organisent, se sim- plifient à l’image de la fusion entre l’agence
Mathieu Camozzi
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OCTObRE 2015


































































































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