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RH & FORMATION Carrières & Talents - Timing du MBA
nationales menée par les écoles pour gagner en vi- sibilité. Deux à trois ans sont parfois nécessaires pour constituer un dossier à même de satisfaire aux exigences de la britannique AMBA, de l’américaine AACSB (The Association to Advance Collegiate Schools of Business) ou de l’européenne EQUIS
tive Education il y a moins d’un an. Elle est améri- caine. La directrice académique actuelle est turque. Son successeur, qui prendra la relève dans quelques jours, s’appelle Felix Papier. Il est alle- mand. Ce seul exemple re- flète la mentalité inhérente aux MBA : le brassage des nationalités et des cultures.
changent de pays à l’issue du programme. Une véri- table plaque tournante.
L’effet « booster » se mesure au bout de trois à cinq ans dans les classements
BOOSTER DE CARRIÈRE
« Vous voulez combien ? » Ericka Cogne ne s’atten- dait pas à se voir poser la question aussi directe- ment, l’encre du diplôme d’HEC à peine sèche.
(European Quality Impro- vement System). Qualifi- cation du corps professo- ral, nombre d’heures de cours... Tout est passé au crible. Neoma Business School, ESCP Paris, EDHEC de Lille ou bien encore Toulouse business school font partie du club très fermé des « triples ac- créditées ».
Ainsi, la promotion 2014 de l’Insead compte pas moins de 90 nationalités différentes. A l’ESSEC, on en recense 18 pour le part time. A HEC, 85% de la cuvée 2014 venait de l’étranger, avec 50 natio- nalités à la clé. Résultat : assez naturellement, les cours sont dispensés en anglais pour faire le lien. Une exception : l’IPAG a mis à son catalogue un MBA tout en français. Se- lon les statistiques d’HEC, 50 à 60% des participants
« Avoir suivi un MBA dans son parcours désinhibe, explique-t-elle, fait tomber des tabous dont celui de parler d’argent. » Les chiffres qui circulent dé- passent parfois l’entende- ment ! Selon le Financial Times, qui fait office de parole d’évangile dans le domaine, les progressions salariales atteignent régu- lièrement les trois chiffres. L’édition de 2015 place HEC à la 16e place, avec un bond de 106%, et un salaire en valeur absolue
CAP SUR L’ÉTRANGER ? Nathalie Kettner a pris les rênes de l’ESSEC Execu-
Trop jeune, trop vieux, trop nouveau dans l’entreprise... La chance du MBA se saisit à un moment précis !
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SEPTEMBRE 2015
Mais le marché a connu ces dernières années
de 129540 euros. L’Insead (Institut européen d’ad- ministration des affaires) de Fontainebleau, qui la précède à la quatrième place, affiche un salaire de 155000 euros, et une culbute de 86%.
d’excellence de 140 en- treprises, spécialisées dans les nouvelles tech- nologies : « La tempora- lité n’a rien à voir avec l’économie classique. La gestion des ressources hu- maines avec des codes, une hiérarchie... Le mo- dèle à l’ancienne n’a pas sa place dans ce milieu. » Le MBA aurait un petit côté « has been » ? Pour- tant, Google, Infosys, etc., se précipitent pour recru- ter les diplômés au sortir d’HEC. Amazon en est même le plus gros recru- teur ces dernières années. L’effet « booster » se me- sure au bout de trois à cinq ans dans les classe- ments. Mais, les témoins interrogés – et qui enten- dent conserver l’anony- mat – se donnent un an. Avoir un MBA génère comme une urgence à bouger, une effervescence difficile à contenir. Re- venir à la position anté-
rieure – sur la durée – ne peut que frustrer.
Il n’y a rien d’automatique pour autant. Tout est une question de secteur d’ac- tivité et de pays. Selon l’Association pour l’em- ploi des cadres (APEC), le sigle MBA apparaît sur- tout dans les offres de postes commerciaux au sens large : marketing, achat, finance, gestion et direction d’entreprise. L’industrie se fait moins généreuse, avec des pro- gressions salariales de 30%. Et l’entrepreneuriat fait baisser les moyennes ! Dans le secteur informa- tique, l’image du MBA serait écornée, à en croire Jérôme Fauquembergue, directeur opérationnel d’EuraTechnologies, pôle
JUSQU’À QUEL ÂGE LE JEU EN VAUT-IL LA CHANDELLE ?
Le couperet tombe tôt se- lon Jeanine Picard : 38 ans est, selon elle, la « date de péremption » pour pré- parer un MBA. Au-delà, c’est trop tard. « Le retour sur investissement ne sera pas le même », ajoute la directrice des études des MBA sectoriels à l’Essec. On pourrait détourner une citation de Jacques Sé- guéla, devenue célèbre : « Si à 38 ans, t’as pas fait un MBA, c’est que tu as raté... le coche pour devenir un grand mana- ger ! » Mais, le sujet fait débat. Et l’âge butoir – couramment admis – se trouve autour de 45 ans.
EN RECUL ?


































































































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