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Business guides - Tourisme d’affaires et digitalisation des évènements CLUB ENTREPRENDRE
partager, réagir et interagir sur leurs mobiles et tablettes qui leur offrent généralement ces possibilités », précise Hervé Zor- gniotti.
NOUVEAUX FORMATS
Les entreprises recherchent désormais de la proximité, pour resserrer les liens entre, par exemple, l’équipe dirigeante et les salariés. Dans ce cadre, elles privilégient de plus en plus une ins- tallation de type cabaret, c’est à dire des groupes de tables rondes de six à huit couverts en demi-lune plutôt qu’un bureau sur estrade face au public. Les prestataires ont saisi cette nécessité de proximité. « Nous nous devons avant tout de créer un climat convivial tout en facilitant l’autonomie du participant, qui aspire à être renseigné en continu », résume Mathieu Pereira, en charge des ventes chez Magency Digital, start-up dont l’objectif est d’accompagner ses clients dans la transformation digitale lors des séminaires et formations, grâce notamment à ses Even- tApps. Ces solutions mobiles permettent une interaction avec l’audience. « Cela signifie libérer la parole, organiser des votes en live, permettre d’évaluer les participants, améliorer les possibilités de networking », énumère Mathieu Pereira. Ces in- novations sont appréciées et plus demandées. « Lors du congrès Hopitech, une start-up a mis au point une application, et un médecin l’a améliorée. Elle donnait le positionnement des stands et il était possible de prendre des rendez-vous en ligne. Nous constatons désormais des demandes de votes en direct : en octobre le débat citoyen entre un Commissaire européen et Madame Royal donnera lieu à ce genre d’exercice », illustre ainsi Patrick Lecailliez. MobilActif, spécialiste de l’interactivité, propose des solutions via le mobile durant les événements : questions à l’orateur par sms reçues sur une plateforme sécurisée, modérée et affichée en live dans la salle, vote/quizz par SMS, nuage de mots dynamique affiché d’après les termes utilisés dans les sms, MoWall qui est une animation photo interactive permettant de mettre en scène des photos sur un écran géant en incluant les réactions des participants via SMS, Twitter, e- mail... « Cette habitude de créer un hashtag et de pouvoir faire remonter les réactions et questions sur un écran est appréciée », souligne Hervé Zorgniotti.
DES BIENFAITS DIRECTS, MAIS AUSSI INSOUPÇONNÉS
Grâce à l’application que l’organisateur met à disposition, les participants ont accès à tous les détails de l’évènement (planning, horaires, plan du lieu...). En cas de changement de dernière minute, les données peuvent facilement être mises à jour dans l’appli. La communication avec les participants est instantanée, avec des notifications “push” sur leur smartphone ou leur tablette. Mais surtout de tels outils ont un impact sur la mémorisation du contenu. Trois semaines après l’évènement, les participants se souviennent en moyenne de... 5% du message ! Le fait de les faire participer et réfléchir accroît la mé- morisation. Avec par exemple l’application Evenium ConnexMe les invités donnent leur avis, s’investissent davantage dans la présentation, peuvent « réseauter » plus efficacement, ce qui leur fera mieux mémoriser le contenu. Les organisateurs peuvent aussi identifier les potentiels clients intéressants, repérer quels sujets les séduisent. Ils les contactent en ayant connaissance de leurs besoins. « Les données récoltées peuvent être analysées ultérieurement, apportant de précieuses indications pour améliorer le déroulé de ces rencontres », souligne Mathieu Pereira.
pour leur événement d’un service PiP (Picture in Picture), qui permet via un seul vidéoprojecteur, la diffusion de plusieurs sources simultanées, ou d’un éclairage scénique personnalisé, ils sont rassurés de savoir qu’une offre innovante existe et qu’elle est intégralement pilotée par les équipes du lieu. A leurs yeux, c’est un gage de qualité, de fiabilité et de sérieux différenciant. Caroline Mouton, chargée des opérations marketing au centre Prouvé grand Nancy, revient sur les efforts accomplis : « Le bâtiment est désormais équipé en fibre en entrée et en sortie, nous avons la capacité de mettre tous nos espaces en duplex. Nous pouvons envoyer des flux vidéo, ce qui est essentiel dans la région où le pôle sciences du vivant a une grande im- portance. Lorsque nous accueillons le congrès d’imagerie médicale, nous pouvons être en lien direct avec les hôpitaux, transférer des fichiers très lourds. Auparavant les experts médecins venaient avec leur propre serveur ! Nous avons aussi accueilli l’évènement d’un assureur pour lequel a été établie une liaison multidirectionnelle, avec neuf villes connectées de par le monde. Les participants pouvaient dialoguer entre eux en
direct. » Les centres de congrès mettent les bouchées doubles pour que la technologie ne soit pas un obstacle. Mais ceux qui gèrent ces lieux d’affaires ne sont pas encore force de proposition en matière de solutions mobiles. « Nous en sommes au stade de la captation vidéo, puis de la mise en ligne. La vente en VOD permet par la suite à l’organisateur qui affiche complet d’optimiser les retombées financières », affirme Hervé Zorgniotti.
PREMIÈRES RÉPONSES À CES BESOINS
veulent des solutions mobiles ont gé-
« Des organisateurs mettent en place ce genre d’animations chez nous, mais cela n’est pas encore la norme. La plupart de- mandent en premier lieu un Wifi puissant, pour que 1200 personnes puissent se connecter en même temps », nuance Hervé Zorgniotti, qui propose un Wifi de base gratuit dans certaines salles, puis vend de la bande passante au client s’il veut plus, via l’opérateur Monaco Telecom. Même évolution à Dun- kerque où Patrick Lecailliez a fait changer tout le système Wifi : « C’est la base, désormais tout le monde est connecté avec un appareil mobile. Le réseau est structuré pour supporter 2000 connexions simultanées ». Si tous les clients n’ont pas besoin
Mais les organisateurs qui.
néralement déjà mûri leur plan et n’attendent pas de voir ce que propose le lieu. « Nous pouvons les mettre en contact avec des start-up favorisant une participation dynamique, car nous dé- marrons d’une feuille blanche avec eux. Mais ce n’est souvent pas nécessaire », affirme Caroline Mouton. Ce qui pourrait changer. « Nous réfléchissons à adopter ces technologies en interne. Il nous faut nous adapter, voire précéder la demande. Les centres de congrès ne s’y sont pas encore mis directement », avance Hervé Zorgniotti.
Matthieu Camozzi
SEPTEMBRE 2015 47

