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n°23
CLUB ENTREPRENDRE Leçons de maux - Boris Golden
Apprendre de ses échecs et utiliser cet acquis dans une nouvelle aventure. Tel est le credo qui est suivi dans cette rubrique,
Start(-up) academy
qui retrace une sortie de route pour mieux se tourner vers l'avenir
Etudiant brillant passionné d'informatique, Boris Golden a créé et échoué. Des acquis que le directeur d'investissement de Partech Ventures met désormais à profit...
BUSINESS MODEL
« POURRI »
Ce premier virage pris, l’étudiant fonde en 2010, avec deux amis, Anthony Simon et Nicolas Lemon- nier, la start-up FGT net- work. « J’avais envie de donner corps à mon désir de créer », note Boris Gol- den. L’idée : mettre au point un système de consultation d’experts via un process automatisé de recherche sur les réseaux sociaux profes- sionnels (LinkedIn, Viadeo, etc.). Le bug, c’est qu’ « au- cun de nous n’avait appro- ché le besoin de l’utilisateur. Nous n’avions pas parlé à un seul client ! Du coup, nous avons passé une année à faire toutes les erreurs possibles : un produit peu intéressant, un business mo- del pourri, un tout petit marché... Tous les matins, je me rendais compte que ce que l’on faisait n’était pas bon. » Une rencontre avec un expert vient confir- mer le diagnostic. C’est le déclic : une nuit, Boris Gol- den décide de refondre tout le projet et passe de co- fondateur/étudiant au statut d’entrepreneur à temps plein. Pealk nait de ce nou-
ciaux B2B, les journalistes, etc. » Un autre associé, Yann Hourdel, rejoint l’aventure et le produit est lancé début 2012. « Là, j’ai eu l’impression que tout ce que j’avais fait auparavant avait un sens », résume Bo- ris Golden.
voir directement. Car cela avait largement du sens d’envisager un rachat. »
BA
kedIn long comme deux
Mais l’euphorie est de courte durée. La start-up, qui cherchait à se greffer à LinkedIn, premier réseau social professionnel dans le monde, mise tout sur une collaboration avec le géant californien. Elle commence donc à utiliser l’API (in- terface de programmation) de LinkedIn, sort une ver- sion bêta de sa solution de recherche et contacte la di- rection du réseau social. Au départ, l’accueil est très positif. En dix semaines, alors que le produit n’est pas compatible avec Inter- net Explorer, Pealk compte déjà 2700 utilisateurs dans le monde. Les médias en parlent, les utilisateurs ap- précient... bref, tout roule. Mais rapidement, le vent tourne et la start-up fran- çaise, alors en discussion avec LinkedIn en vue de mettre en place un parte- nariat, se fait planter au
CONTACTS DE LA SILICON VALLEY Finalement, Pealk signe fin 2012 avec Viadeo, le chal- lenger français de LinkedIn. « Les négociations ont été très compliquées. Nous n’avions aucune expérience dans ce domaine, souligne le jeune homme. Il y avait beaucoup de tensions. C’était assez angoissant. » Alaclé:unjolilotde consolation qui propulse Boris Golden directeur de produit de Viadeo. Il y res- tera plus de deux ans, entre Paris et San-Francisco. « Au départ, j’ai cru que je ne retrouverais plus de boulot parce que LinkedIn nous avait traités de menteurs. En réalité, cela a eu l’effet inverse : j’ai eu des contacts de toutes parts de la Silicon Valley. »
oris Golden au début de ses aventures entrepreneuriales...
Le dernier virage en date, Boris Golden l’a négocié en rejoignant au mois de février le géant du capital- risque Partech Ventures en tant que directeur d’inves- tissement. Le coup n’était pas prémédité. « Je ne pen- sais pas faire du venture capital, mais parallèlement à Viadeo j’avais deux an- nées d’expérience dans le mentoring. J’avais notam- ment été mentor au Cam- ping (accélérateur de start- up, ndlr) et à Microsoft ven- tures. Au départ, mon envie était d’aider bénévolement des first-time entrepreneurs,
seulement 31 ans, Boris Golden a déjà un profil Lin-
de mathématiques, il intègre la prépa maths sup/maths spé du prestigieux lycée Henri-IV à Paris. Il se des- tine alors au « noble mé- tier » de la recherche. Il poursuit donc naturellement
s’orienter vers un master 2 en intelligence artificielle et théorie de la décision. Bien que déjà piqué par le virus de l’informatique, il ne trouve pas son bonheur et ressort « groggy de tout
bras. Et encore, il n’y a pas indiqué toutes ses expé- riences ! Il faut dire qu’en l’espace de quelques années, le jeune homme est passé du statut d’étudiant/start- upper inexpérimenté à celui de pointure du venture ca- pital. Un chemin qui a res- semblé bien plus à un par- cours du combattant qu’à une voie royale. Avec son lot de plantages, parfois dif- ficiles à avaler. « Il ne faut pas « romantiser » l’échec : sur le moment, c’est dur, reconnaît Boris Golden. Mais bien géré, bien ap- préhendé, c’est une belle opportunité de se construire. Malheureusement, nom- breux sont ceux qui en sor- tent frustrés. »
J'ai cru que je ne retrouverais plus de boulot parce que LinkedIn nous avait traités de menteurs. En réalité, cela a eu l'effet inverse dans la Silicon Valley
Pour le jeune homme, les tâtonnements ont commencé dès les études. Passionné
car c’est .
nant. Mais j’ai croisé Ro- main Lavault (associé chez Partech ventures, ndlr) qui m’a convaincu de les re- joindre. C’est un métier qui catalyse à la fois l’aide, l’enseignement et l’inno- vation. Tout ce que j’aime. »
30 SEPTEMBRE 2015
à Normale Sup, à Lyon. « C’était un univers qui m’étouffait car je le trouvais trop fermé, se souvient Boris Golden. Et puis travailler pendant six mois pour ré- diger un article scientifique qui ne serait publié qu’un an plus tard, c’était une temporalité qui ne me cor- respondait pas. » Il prend donc une année sabbatique, joue les DJ en boîte de nuit en Espagne (!), et revient les neurones rafraîchis pour
ce travail en solitaire ». Le jeune homme sent que son salut se trouve dans le sec- teur privé et embraye sur un master en management de l’innovation (Polytech- nique/HEC). « Là les choses ont commencé à prendre une certaine cohérence, ana- lyse Boris Golden. Je me suis rendu compte que tout ce que j’avais fait tournait autour de la création et de l’innovation. »
veau virage. « Le système de recherche que nous avions conçu était intéres- sant, explique le jeune di- rigeant. Nous savions qu’il s’agissait d’un produit qui avait du sens. Nous en avons fait un outil de « chasse » sur les réseaux sociaux. Ce que les gens font mal de manière arti- sanale, nous en proposions un système automatisé qui pouvait intéresser les chas- seurs de têtes, les commer-
dernier moment par la di- rection du réseau social. Sur un simple coup de fil, c’est la douche froide. Sans explication. S’ensuit un bras de fer par communiqués de presse interposés. L’affaire fait le buzz au bénéfice des jeunes Français, qui passent pour David face à Goliath. « A l’époque, nous étions naïfs mais de bonne foi, assure Boris Golden. Au- jourd’hui, je prendrais un billet d’avion et j’irais les
un sujet passion-
Yann Petiteaux


































































































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