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RH & FoRMAtioN
Carrières & Talents - Formation continue universités d’entreprises Comparaison avec l’Allemagne
« La démographie change la donne »
recteur d’eSG executive education. l’université technologique de troyes (utt), centrée sur la cy- bersécurité, les nanotech- nologies ou bien encore le calcul mécanique, y voit une opportunité. Même en- thousiasme à Compiègne. « On s’organise en interne pour développer des cor- respondants formation continue dans chacun de nos départements, explique Véronique Fort, en charge de ces questions à l’utC, pour mieux répondre aux sollicitations. Et toujours travailler en co-concep- tion. » en la matière, le Club Med a une longueur d’avance. il vient d’annon- cer la création d’un certi- ficat en partenariat avec l’eM lyon. « Une première pour une société française, souligne Audrey Bonfillon. L’objectif est double : ren- forcer les compétences re- lationnelles des G.O.® tout en développant et valori- sant leur employabilité à l’extérieur. Cela participe pleinement à l’attractivité du Club. » on parle de
Retranscription d’un échange avec Udo Thelen, consultant spécialisé dans le montage de partenariats entre les entreprises et les établissements d’enseignement supérieur en Allemagne
Le paradigme des universités d’entreprise évolue depuis quelques années en Allemagne. En effet, la première vague remonte à la fin des années 90. L’enseignement supérieur est alors pointé du doigt... Au point que les sociétés décident de prendre en charge la formation. Avec l’idée qu’elles savent mieux que quiconque ce dont elles avaient besoin. C’était là, la manifestation d’une ambition énorme. Un exemple : l’Auto Uni de Volkswagen. Ces universités d’entreprise se fixent alors comme objectif de s’ouvrir à un public plus large encore que les collaborateurs internes, les jeunes, les expérimentés.... Elles comptent s’imposer comme un acteur à part entière de l’enseignement, pouvoir délivrer des diplômes, à l’instar de l’Etat... La notion même d’université n’est pas protégée. Mais elles ont échoué. La raison ? Elles ont sous-estimé l’environnement scientifique, les moyens nécessaires à mettre en place.... Les « corporate universities » ont vu le jour dans des grandes entreprises, mais pas seu- lement. Dans le Sud de l’Allemagne, les PME en sont dotées aussi. Au- jourd’hui, la donne change. L’Allemagne est confrontée à des tensions
démographiques. Résultat : les collaborateurs doivent rester plus longtemps en activité, jusqu’à 63 ou 65 ans, voire même davantage. A charge aux entreprises de les former... à cet âge où, il y a quelques années encore, la seule préoccupation était de s’en débarrasser. Et pa- rallèlement, les sociétés sont confrontées à une désaffection des jeunes. Une vraie compétition existe pour les conquérir et les conserver. Un récent sondage montre que ce qui importe le plus aux diplômés frais émoulus demeure la formation pour évoluer. Et cela vise tout particuliè- rement les très nombreux titulaires d’un bachelor (Bac+3), avec un ou deux ans d’expérience. Les entreprises s’entourent d’universités, parfois une dizaine, pour créer des masters. Elles ne veulent pas prendre le risque de les perdre. C’est le cas de Deutsche Bank ou de Deutsche Telekom. Certaines voix s’élèvent pour critiquer ce pragmatisme des en- treprises et cette proximité entre les mondes universitaire et économique. La perte d’indépendance est redoutée, et tout particulièrement en matière de recherche.
marque employeur, ou comment fidéliser les col- laborateurs présents et en séduire de nouveaux. Com- ment faire d’une pierre deux coups.
UN MODÈLE DÉPASSÉ ?
thierry debarnot, co-fon- dateur de digiSchool, spé- cialisée dans le numérique au service de la pédagogie, n’est pas loin de le penser.
« Quand je dis que je serai absent du prochain cours à cause de mon travail le prof ne me croît pas, c’est mon n+1 dans la boîte... »
Pour son secteur, à tout le verte à tout salarié, qu’il gées sur leurs chiffres, ana- moins. « La formation est soit informaticien ou pas. lyse Marc Godard, chef de induite dans le digital, ex- Ils sont libres dans le fond projet chez Kurt Salmon, plique-t-il. Elle est consti- et dans la forme. On ne cabinet de conseil en trans-
Des professeurs de l’ESSEC ou de l’ESCP assurent des prestations au sein de KMPG
business school sur le droit fiscal . et le droit des sociétés
Juillet - Août 2015
nos collaborateurs, aux prise. « Considérées comme
connaissances plus fines sur de véritables centres de coût,
le sujet. La formule est ou- ces structures sont challen- Murielle Wolski
tutive de notre ADN ! On comptabilise pas les formation des entreprises. doit aller vite. Tout est prag- heures... à partir du moment Les aléas économiques les matique. Le design d’appli- où l’objectif est atteint. » poussent à mettre en place cation sur iPhone peut faire Même adossées à de grands une logique de centrale l’objet d’une séance en in- groupes, la crise n’épargne d’achat. Le mot d’ordre est : terne, assurée par l’un de pas les universités d’entre- rationalisation. »
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