Page 56 - EcoRéseau n°22
P. 56

www.ecoreseau.fr
n°22
StRAtÉGie & iNNoVAtioN NuMÉRiQue Haute résolution - Montre connectée Focus sur un sujet high tech dans l'air du temps
l es différents cabi- nets d’études ne donnent pas tous exactement le même chiffre, mais l’ordre de grandeur reste le même : il devrait se vendre dans le monde en 2015 plus de 25 millions de montres connectées, contre 4 millions l’année précédente. Avec de tels chiffres, les smartwatches sortent du domaine du gad- get technophile et commen- cent à avoir un impact sen- sible sur différents secteurs d’activités. les deux pre- miers sont ceux qui ont en- gendré l’objet : les termi- naux mobiles (téléphones et tablettes) et l’horlogerie traditionnelle. les premiers vont devoir faire avec un troisième écran, ce qui créé potentiellement une pro- blématique de choix, mais ils ne sont pas menacés à moyen terme, compte tenu de la relation pour l’instant symbiotique entre la montre et un autre terminal. le problème de l’horlogerie traditionnelle est plus épi- neux et plus urgent. « À l’exception du très haut de gamme, de près ou de loin, l’arrivée de la montre connectée va avoir un im- pact sur toutes les marques », prédit Pascal Koenig, fondateur de Smartwatch Group, un think tank suisse. Car les montres
ne semble pas être un gadget de plus...
sait pas encore quelle est l’utilité de l’objet dans ce contexte », estime iain tom- kinson, pdg d’ASM tech- nologies, spécialiste londo- nien de l’it. Mais il suffit que survienne la bonne ap- plication, comme cela se produit régulièrement sur les smartphones. Celle-ci ne pourra pas être un simple portage de quelque chose déjà présent sur les autres terminaux mobiles, ce qui est pour l’instant le cas de l’immense majorité de l’of- fre : d’une façon ou d’une autre, elle devra être spé- cifique à la montre et à ses capacités. Même si pour l’instant certains doutes sub- sistent quant au potentiel de l’objet, celui-ci présente suffisamment de différences avec les tablettes et les té- léphones mobiles pour pou- voir évoluer en quelque chose d’unique. Ce qui pourrait survenir plus vite qu’on ne le pense : tim Cook, pdg d’Apple, a an- noncé le 8 juin dernier que des applications pourraient vite tourner de façon indé- pendante sur sa montre. Par exemple, la sécurité in- formatique dispose d’un nouvel outil pour mettre en place des authentifications
Marqueur de temps ?
la smart watch, qui émerge avec l’arrivée d’Apple et des grands noms de l’horlogerie suisse,
l’année sa première montre connectée, élaborée avec Google et intel. Si le prix (1 400 euros) est connu, les fonctionnalités n’ont pas encore été dévoilées. Swatch, également, a an- noncé son propre modèle. et la liste continue... Mais la montre connectée va éga- lement avoir un impact sur d’autres secteurs que ses géniteurs. on peut les di- viser en deux types : ceux qui utiliseront en majorité les données ayant trait au physique (nombre de pas, fréquence cardiaque...) ré- coltées par la montre et ceux qui utiliseront en ma- jorité les données numé- riques (applications, fonc- tionnalités).
le développement des ap- plications prendra plusieurs années, mais les montres connectées devraient deve- nir des outils précieux dans l’univers de la santé. du coup, le secteur de l’assu- rance sera lui aussi impacté.
les derniers secteurs à être affectés par la récolte de données physiques sont le sport et le fitness - de façon moins drastique, les brace- lets connectés ayant déjà commencé le travail. Mais les smartwatches sont plus
fortes, ainsi que d’une mul- titude de données biomé- triques. il n’est pas impos- sible d’imaginer que dans quelques années, on pourra signer des contrats et s’iden- tifier en posant son pouce sur l’écran de sa montre ; cela sera également valable pour les transactions. « De façon générale, les métiers manuels – de l’ouvrier aux professions médicales – ga- gneront en confort et en connectivité avec une mon- tre, que l’on peut consulter avec un minimum de mou- vements », analyse Jan daw- son, fondateur du cabinet d’analyse Jackdaw Re- search. le secteur du retail sera d’ailleurs également affecté par l’arrivée des montres connectées, même si cela ne demandera pas forcément beaucoup de nou- veaux investissements (à
LES DATA, TOUJOURS LES DATA l’un des secteurs les plus prometteurs et les plus évo- qués est la santé. on a une assez bonne idée de l’im- pact potentiel des montres grâce à l’existence, depuis quelques années, des bra- celets connectés. la pré- sence de capteurs permet de mesurer nombre de don- nées médicales : le rythme cardiaque, les cycles de sommeil... et bientôt, la tension sanguine, le niveau de glucose dans le sang, la température, etc. Cette sur- veillance continue permettra
condition d’être d.
au paiement sans contact). Réduire le temps de passage en caisse reste une des pro- blématiques principales du secteur, et les quelques se- condes supplémentaires ga- gnées à ne pas sortir le por- tefeuille ou le téléphone se- ront recherchées.
« Ma femme est censée être Qu’est-ce que cela peut bien
l’un des développements des plus intéressants sera l’arrivée d’applications qui exploiteront les données ré- coltées pour aider l’assureur à guider le parcours de santé et à l’optimiser. Mais « il reste un obstacle de taille
en voyage pro au Japon... signifier ?... »
polyvalentes que les bra- celets, et peuvent proposer des applications plus com- plexes. Par exemple, Gar- min, un pionner du GPS qui se tourne vers les pro- duits connectés destinés au sport, produit des modèles adaptés à des niches très spécifiques : les golfeurs (la montre donne des in- formations sur le trou, les distances, etc.), les nageurs, les cyclistes... un position- nement qui rencontre plutôt le succès.
Jean-Marie Benoist
éjà passé
A l’avenir on pourrait signer des contrats et s’identifier en posant son pouce sur l’écran de sa montre...
Business models
Plusieurs montres connectées
Le terme de montre connectée recouvre maintenant une multitude de produits. Il y a les capteurs liés au sport qui in- diquent l’heure, les montres sportives, les montres classiques (sans écran) dotées de capteurs, et les montres capables de faire fonctionner des applications. Les trois premiers fonc- tionnent sur un business model similaire, où le hardware est la source principale de revenu, avec différents produits plus ou moins haut de gamme. Les montres à applications, aux- quelles la majorité du public associe le terme de montre connectée, fonctionneront beaucoup plus sur le modèle du mobile, en se reposant sur des apps stores et le software – voire en étant vendues avec le smartphone. Mais les deux business models peuvent être combinés : c’est le choix d’Ap- ple, qui non seulement s’appuie sur un large vivier d’appli- cations existantes, mais dégage une bonne partie de ses revenus de la vente de l’objet lui-même.
connectées ne sont pas des concurrents classiques : les arguments habituels (style, personnalité...) ne sont plus nécessairement décisifs comparés aux fonctionna- lités. du coup, les acteurs du secteur se sont lancés – ou sont en train. tag Heuer, un des leaders du marché, va ainsi sortir à la fin de
56 Juillet - Août 2015
de développer des traite- ments plus préventifs, plus spécifiques à la personne – ce qui est en soi une révo- lution – et la montre pourra jouer un rôle actif dans les thérapies : contrôle de la prise de médicaments, voire administration des traite- ments, lancement d’alertes sous certaines conditions...
à franchir, d’ordre légal : savoir qui est propriétaire des données, où elles sont stockées et comment exac- tement elles sont exploitée, explique daniel Matte, ana- lyste spécialiste des wea- rable technologies au sain du cabinet d’étude Canalys. Cela freine notamment les assureurs américains. »
KILLER APP’
EN APPROCHE
en fait, sur le long terme, presque tous les secteurs peuvent être impactés par les montres connectées. « Elles prendront un certain temps pour impacter le monde de l’entreprise, tout simplement parce qu’on ne


































































































   54   55   56   57   58