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Interview croisée - Futuroscope et Puy du Fou CluB eNtRePReNdRe
emplois etP ont été créés par le Puy du Fou (en comp- tant les hôtels, restaurants, fournisseurs...), c’est aussi grâce à une forte identité et une volonté collective de faire vivre le département et d’inclure les acteurs lo- caux.
des Singes, au futur Center Parcs...
Quels sont les obstacles au développement selon vous ?
NV : il est pour nous géo- graphique. Nous ne bénéfi- cions pas comme nos concur- rents d’une gare tGV à quelques kilomètres du site. Nous sommes accessibles par des navettes, mais la fa-
Nous avons intérêt à dégager des ressources – 10 à 15% du CA –, pour investir dans de nouvelles attractions qui feront venir du monde. Stag- ner à ce niveau se paye deux ou trois années plus tard, les visiteurs étant très sen- sibles aux nouveautés. Mais ce point délicat, s’il est bien négocié avec une commu- nication efficace sur la nou- veauté, fera venir du monde.
nity managers. Nous avons besoin de cette interactivité avec les visiteurs, via Face- book, twitter... Nous les écou- tons pour faire évoluer notre stratégie. les réseaux sociaux sont évidemment devenus prépondérants. Nous venons par exemple de publier une vidéo très forwardée et ret- weetée, émanant de GoPros placées sur certains de nos cascadeurs. l’internaute peut vivre avec eux le spectacle. DH : le numérique déclasse les formats argentiques. Nous avions le format iMAX, nous vivons donc une révolution. Car il n’est pas seulement question de nouvelles ma- chines, cela signifie aussi une baisse des coûts de pro- duction et de diffusion, et surtout donne une maniabi- lité différente : l’argentique nécessite des écrans, le nu- mérique peut offrir de nou-
Nous partageons de manière hebdomadaire la stratégie avec des responsables pour qu’ils partagent l’information et que nous récoltions les suggestions, artistiques, so- ciales... Je passe au moins un jour par semaine dans le parc durant l’ouverture d’avril à septembre afin de rencontrer les acteurs et tous les salariés par groupes pour améliorer les choses dans les domaines artistique et sé- curitaire.
Rift. tous les trois ans nous lançons une grosse attraction de 6 ou 7 millions d’euros, essayant de rester sous les 10% du CA, contrairement à beaucoup de nos concur- rents. il faut savoir circons- crire le risque. et nous testons plus souvent de petites choses, en mélangeant tech- nologies et spectacles vivants.
Comment voyez-vous l’avenir du parc ?
NV : Notre principe de dé- veloppement est de « grandir sans grossir », c’est-à-dire éviter de devenir un parc énorme qui perde l’échelle humaine, mais continuer de se développer artistiquement. la diversification est de mise. Plus de 200 entreprises uti- lisent Puy du Fou Congrès chaque année. Puy du Fou Academie est une école ma- ternelle et primaire (nous
DH : Cette politique du court séjour induit des liens très forts avec les pouvoirs pu- blics pour garantir une at-
DH : Pour moi il existe deux mondes : ceux qui travaillent l’attractivité et qui donnent envie de venir, et ceux qui travaillent la satisfaction et donnent envie de revenir. du coup je suis en retrait sur la deuxième partie, l’ex- ploitation, et confie les rênes à mon adjoint. et je prends en main la première partie, plus créative, qui consiste à
Mon rôle est d’être briseur de tabou, contestataire et iconoclaste, sinon les
velles opportunités avec la réalité augmentée, le map- ping comme à la Fête des lumières à lyon... C’est un investissement mais aussi une évolution artistique.
Comment pourrait-on caractériser le
Dominique Hummel
piloter les projets de déve- loppement, l’artistique, le marketing... il faut être à l’affût de prestataires et par- tenaires – comme récemment le Cirque du Soleil pour notre spectacle du soir – car il serait prétentieux de croire que nous pouvons tout faire tout seuls.
projetons d’étendre le cursus jusqu’au Bac) qui permet le même parcours scolaire que les autres, avec en plus une partie artistique, pour former à terme des artistes de niveau mondial. Puy du Fou evasion est notre centrale de réser- vation qui contacte des hôtels de la région. demain nous achèterons du transport. enfin nous comptons installer d’au- tres Puy du Fou à l’étranger. DH:leplanàcinqansest à l’étude. Nous chercherons à rééquilibrer les parties sen- sationnelles, contemplatives et interactives, le parc étant historiquement plus posi- tionné sur le contemplatif, avec des documentaires sur grands écrans. les nouvelles attractions comme le voyage de Jules Verne n’attirent pas seulement l’attention, elles
autres ne le seront pas
©Parc du Futuroscope
tractivité, une communica- tion et des infrastructures. disney est devenu le leader que l’on connaît grâce à une grande accessibilité garantie par les pouvoirs publics. Nous sommes proches du département de la Vienne qui était actionnaire au dé- part. Nous avons créé la marque ombrelle Pays du Futuroscope à 50% avec les pouvoirs publics pour com- muniquer. Ce qui va servir à tout le territoire, aux com- merces, aux acteurs de l’in- dustrie touristique, à la Vallée
cilité n’est pas aussi impor- tante. Nous transformons ce handicap en force, en faisant vivre une vraie coupure-ex- périence aux visiteurs. Être une PMe ne nous empêche pas en revanche de nous ex- porter : nous sommes en phase de production en An- gleterre, de conception en Russie, et nous produisons depuis deux ans le spectacle aux Pays-Bas. 40 de nos sa- lariés travaillent d’ailleurs là-bas actuellement.
Les évolutions de la com- munication et des nou- velles technologies ont-elles bouleversé votre activité ?
NV : Nous avons fait évoluer notre message de fond, qui colle aux différentes aventures artistiques que nous lançons, nous éloignant des codes ha- bituels de la communication en vigueur dans l’industrie du loisir et du spectacle. tous types de médias sont sollici- tés. il y a cinq ans encore je n’aurais pas cru que nous embaucherions des commu-
management qui est appliqué chez vous ? NV : impliquer les gens n’est pas une vaine expression ici. Nous appliquons le principe de subsidiarité. Celui qui est à l’échelle la plus proche du terrain a une plus grande li- berté d’action et un pouvoir de décision. un responsable de spectacle fait des choix artistiques, humains puisqu’il peut participer au recrutement de ses hommes avec les RH, et financiers puisqu’il a un budget à gérer. et il est seu- lement l’échelon n+1 par rapport au plus opérationnel.
térieurs à nous-mêmes.
DH : il est de mon devoir de dirigeant d’avoir un rap- port décomplexé avec le risque et l’échec. Mon rôle est d’être un briseur de tabou, je dois être contestataire et iconoclaste, sinon les autres ne le seront pas. Nous avons fermé trois ans plus tard les animaux du futur en réalité augmentée lancés en 2008. Nous étions trop en avance. Nous prenons d’ailleurs notre temps avec les casques de réalité augmentée oculus
ns,
Dominique Hummel
Quels sont vos rapports au risque et à l’échec ? NV : ils doivent faire partie de l’entreprise au sens noble du terme, à condition d’ac- cepter l’échec. Sinon on s’ar- rête très vite. Pour autant, tout ne doit pas être aban- donné avant que la réalité ne démontre des obstacles insurmontables, qui sont ex-
est président depuis 2002 du directoire du Futuroscope de Poitiers, qui réalise 90 millions d’euros de CA. Urbaniste (INSA Lyon et CESA Tours), juriste (DESS en Gestion des collectivités locales) et économiste (Maîtrise d’Econo- mie des entreprises) de formation, il est passé par la CCI de Strasbourg et du Bas-Rhin, la région Poitou-Cha- rentes, puis le privé avec PGA Motors leader européen de la distribution automobile (4000 salariés). Depuis 2012, il est conseiller auprès du président de la Compagnie des Alpes (CDA) qui a pris le contrôle du Parc en 2011.
DH : Cette industrie est ex- trêmement capitalistique.
montrent que nous bougeo. que le parc se renouvelle per- pétuellement. l’avenir passe par un développement hôte- lier au-delà de 2020, des par- tenariats de proximité avec Center Parcs notamment, une externalisation, voire une in- ternationalisation en inde et dans le sud de la Chine.
Propos recueillis par Julien Tarby
Juillet - Août 2015 31


































































































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