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n°21
ART DE ViVRE & PATRiMOinE La Sélection culturelle
Choix culturels et artistiques de la rédaction, sans prétention aucune
Expo
n Rétrospective Velázquez, au Grand Palais
Le Grand Palais expose, jusqu’au 23 juillet, la première rétrospec- tive de Diego Rodriguez de Silva y Velazquez (1599-1660) orga- nisée à Paris. Y figurent plus de 50 des 120 à 130 tableaux du maître de l’âge d’or du baroque espagnol. L’exposition suit une trame chronologique : sa jeunesse dans l’opulente Séville, cœur du commerce avec les Amériques, son succès à la cour d’Espagne, en particulier auprès de Philippe IV et des derniers Habsbourg d’Espagne, ses voyages en Italie... Si les célèbres Ménines ne quit- tent pas leur écrin madrilène du Prado, Le Repas d’Emmaüs est là, prêté par la National Gallery de Dublin, de même que la Vénus au miroir, envoyée par la National Gallery de Londres, La Forge de Vulcain, ou encore le Portrait du pape Innocent X.
n Au temps de Klimt, la sécession à Vienne,
à La Pinacothèque de Paris
La Pinacothèque de Paris se penche, du 12 février au 21 juin 2015, sur la Sécession, un mouvement artistique qui s’est développé à Vienne au début du XXe siècle. Elle met en particulier l’accent sur le rôle de Gustav Klimt, dont une vingtaine d’œuvres sont exposées, dont Judith (1901). Des peintres moins connus sont aussi représentés, dont Schiele ou Ko- koschka.
Cinéma / DVD
n Taxi Téhéran, de Jafar Panahi
Le réalisateur Iranien Jafar Panahi, qui n’a plus le droit de quitter son pays depuis 2010, n’a pas non plus le droit d’y tourner un film. Cela ne l’a pas empêché de tourner Ceci n’est pas un film en 2011, en partie avec un iPhone, et qui a voyagé dans une clé USB cachée dans un gâteau pour parvenir jusqu’à Cannes, où il fut présenté hors compétition.
Son dernier film, Taxi Téhéran, est un docu-fiction. Jafar Panahi, au volant d’un taxi, converse avec ses passagers qui sont autant de portraits de la société de Téhéran : femmes, hommes, jeunes et vieux, traditionalistes et modernistes... Présenté à la Berlinale 2015, il a remporté l’Ours d’or du meilleur film.
n Interstellar
Qualifié d'Odyssée de l'espace pour la génération Y, Interstellar fût l'un des cartons de l'an- née 2014.
Le dernier Nolan aborde ainsi le voyage intersidéral en réponse à la destruction inéluctable de la planète Terre. De prime abord, le long métrage aborde de nombreux thèmes au risque de se disperser : le dilemme cornélien du héros qui doit choisir entre sa famille et le destin
Livres
n Temps Glaciaires de Fred Vargas
Une plongée de plus dans l'univers de Fred Vargas dont on ne ressort pas déçu. Comme à son habitude la médiéviste mêle avec brio l'Histoire et l'enquête policière de sa chère brigade du commissariat du XIVe arrondissement. Le Com-
missaire Adamsberg et les siens ne ménagent pas leurs ef-
forts pour coffrer les meurtriers, se rendant sur une île
déserte en Islande où dix ans auparavant deux horribles
meurtres ont été commis parmi un groupe de naufragés, se
plongeant à Paris dans une association de fans de Robes-
pierre qui se déguisent et rejouent les séances d'assemblée
régulièrement, mais qui disparaissent les uns après les au-
tres. A chaque nouvel ouvrage le lecteur est happé et tente
de déceler dans les innombrables caractéristiques des per-
sonnages les indices qui résoudront l'enquête. Par l'art du re-
bond et la diversité des tableaux, mais surtout – et c'est le
grand point fort de Fred Vargas – par la psychologie de ses
personnages. Jean-Baptiste Adamsberg reste ce héros aux
airs d’antihéros qui entretient des relations difficiles avec
tout le monde – surtout les plus rationnels comme son second Danglard – tout en ayant le don d’aimanter ses interlocuteurs malgré leurs réticences. Ses « méthodes » dérogent à tous les manuels et souvent à l’entendement. Les membres de la brigade ont des ca- ractères bien trempés et sont intéressants à voir travailler et vivre, à un point tel que la résolution de l’énigme initiale en devient presque secondaire...
Temps Glaciaires, de Fred Vargas, éd. Flammarion, mars 2015
de l'humanité, la question de la survie de l'espèce humaine qui, pour se maintenir, doit n'épargner qu'une poignée de rescapés, les limites de la bravoure, la rationalité de l'amour, la relativité du temps, les relations de l'homme avec la machine, l'esprit d'aventure, le trai- tement de l'Histoire dans l'histoire,etc. Oui, cela donne le vertige
tout comme la fameuse scène de la planète aquatique parcourue
par d'intermittentes vagues géantes. Mais l'ensemble est hypno-
tique -merci la BO en mode électro minimaliste - et superbement
maîtrisé grâce à un jeu d'acteurs qui nous fait oublier sans crier
gare qu'il s'agit d'un blockbuster tant l'on croît aux liens qui unis-
sent chaque protagoniste. On se plaît également à admirer ou dé-
tester Matthew McConaughey dans son rôle d'explorateur-sauveur-cowboy, sorte de Bruce Willis dans Armag-
gedon, mais cette fois ci, pétri d'interrogations mais avec du poil
en plus sur le caillou. On se plaît aussi à haïr ou éprouver de l'em-
pathie pour un Matt Damon à contre emploi de ses rôles souvent
ultra-musclés et héroïques. Oublier les critiques négatives. Et prenez le temps pour un peu moins de 3h de film qui passe aussi vite que la première bière du vendredi soir ne disparaît. A voir dans de bonnes conditions. En HD et sur un écran supérieur à 15'' de préférence. DVD Interstellar, dès 15,99 euros
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Juin 2015

