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RH & FORMATiOn Réseaux et influence - Les clubs de cigares
Décryptage d'un groupement ou cercle en particulier, de son dynamisme et de sa capacité à favoriser le networking
Cigares du Pharaon
T Entréefumeuseauseindeclubssouventconsidéréscommeélitistesetmasculins,maisenpleineévolution.
ubulaire, gros et à club « De Cape et la principale teneur des pro- celui souvent rattaché à une l’odeur agressive. d’épices ». A chaque club pos de la soirée : la peinture profession, à une école, à les détracteurs ne donc son fonctionnement. et le cigare, la littérature une association. Et si dans
manquent pas d’adjectifs Tandis que la plupart, par sur Cuba, etc. « Le fil rouge le premier cas, aimer le ci-
pour qualifier péjorative- ment cet instrument de plai- sir. Mais n’a pas la classe d’un Dutronc qui veut et de bien d’autres : Frida Kahlo, Winston Churchill, Madonna, Hitchcok, Georges Sand et Che Gue- vara sont eux aussi souvent affublés d’un cubain dans l’imaginaire collectif. Objet de fantasmes, le cigare n’en demeure pas moins un loisir principalement viril. A en croire ses amateurs français d’ailleurs, les mentalités doivent encore progresser pour ne pas l’associer à un plaisir de riches. D’autant que le double corona n’est pas seulement l’apanage du businessman. Car à l’ombre d’un fumoir, les clubs qui rassemblent les amoureux du barreau de chaise pul- lulent. Et l’ambiance y est souvent plus décontractée et ludique que chic et guin- dée...
défaut ou par principe, se- ront intégralement compo- sés d’hommes, d’autres se- ront réservés aux femmes. A l’image du club Cape et Volutes basé à Marly-le- Roi, en région parisienne, qui fédère des fumeuses de Havane âgées de 30 à 65 ans, dont la carrière pro- fessionnelle n’a visiblement rien à envier à celle de leurs homologues masculins. une manière de casser les codes et de s’approprier un plaisir viril. Si en Amérique latine, fumer un Montecristo est bien moins connoté hommes d’affaires, en France, les clichés ont la vie belle. « En France, le cigare reste un signe exté- rieur de richesse alors qu’il nous arrive de fumer des modules achetés 2 euros en civette. Le but n’est pas de fumer un cigare qui coûte cher mais d’en goûter de tout type et de toute pro- venance. De même, peu de femmes sont membres de notre club parce que la plu- part s’interdisent souvent de le fumer », analyse Marc Antoine Sélaquet, président du club cigares des anciens de HEC créé en 2005.
débute par la prise de pa- role d’un invité pour 15 minutes sur la vision du ci- gare, de l’actualité ou d’un thème culturel », décrit Marc-Antoine Sélaquet. Mais certaines soirées, ou se côtoient notamment les André Santini, Christian Blanc et Dominique Bila- lian, des éditeurs, des in- tellectuels, etc., peuvent to- talement diverger. Derniè- rement par exemple, les an- ciens de HEC, amateurs de barreaux de chaise, ont ou- vert leurs portes à un cham- pion olympique venu ex- pliquer son année de pré- paration aux Jeux Olym- piques. « Les discussions business ne sont pas à l’or- dre du jour. Mais rien n’em- pêche les membres d’échan- ger leurs cartes. Ce n’est pas l’esprit de vendre un produit ou venir réseauter. Le club cigare est plus lu- dique. Au bout de dix ans, des amitiés se sont bien évidemment créées. Cer- tains ont même lancé des entreprises ensemble », dé- taille le président du club cigares de HEC. Même son de cloche pour Gérald Es- pardellier pour qui les af- faires sont la cerise sur le gâteau. « Une conséquence comme une autre des liens qui se créent dans un contexte décontracté. » Pré- cisons enfin que ces clubs ne fonctionnent pas en vase clos. On peut bien évidem- ment faire partie de plu- sieurs clubs en même temps. Tant que la gorge le supporte. Et les soirées entre membres de différents clubs sont au final plutôt monnaie courante.
gare et payer une cotisation ou son repas – 120 euros par exemple la soirée pour leclub«Decapeet d’épices » – semble être la seule règle, rentrer dans la seconde catégorie relève alors de la gageure. A quelques exceptions près bien évidemment : « Pour entrer dans notre club, il faut être un ancien et ap- précier le cigare. Il n’y pas de cooptation et les dîners ne sont pas fermés. Un membre peut très bien in- viter sa femme par exemple, un ami ou un client », sou- ligne le président d’un des clubs emblématiques de HEC. Bien plus compliqué en revanche de rentrer au Cijac (Club international des journalistes amateurs de cigares) ! Select, chic, fermé, le club a été co-créé par Alexandre lichan, proche de Zino Davidoff aux manettes de la maison de cigares éponyme. 40 places seulement sont ré- servées aux stars des mé- dias.... de feu Thierry Ro- land, en passant par Chris- tine Ockrent – depuis partie du club –, à Philippe Gildas et bien sûr PPDA. D’autres encore consistent en « des clubs guindés où les dîners sont placés. C’est le genre de soirée où vous vous re- trouvez sans le savoir à côté d’un proche du président du club parce que vous êtes dans le même secteur d’ac- tivité ! », regrette Gérald Espardellier. Tous les clubs ne nourrissent pas seulement l’ambition de faire voltiger
DÉFAUT D’IMAGE
le cigare, ce plaisir pas comme les autres... les ini- tiés parleront davantage de modules d’ailleurs, notion qui renvoie à la taille et au diamètre du cigare. « Pour tous les amateurs, c’est un cérémonial qui diffère à chaque cigare. Il existe plu- sieurs manières de le fumer. J’ai crée mon club car je ne me retrouvais pas dans certains cérémonials. ‘’De cape et d’épices’’, ce n’est pas qu’un club qui sert à
Le cigare change doucement de configuration...
A CHACUN SON CLUB, À CHACUN SON CÉRÉMONIAL... S’il est plutôt aisé de trouver un club, force est d’admettre que la majorité conserve une image auréolée de mys- tère. le produit, effective-
blique. Bien sûr, les ama- teurs ne s’arrêtent pas à ce défaut d’image et à la no- civité du produit. Mais cela complique souvent l’orga- nisation des soirées ou la création de certains clubs. « Nous fumions le cigare le soir après nos journées de formation, se remémore
tout autre, aurait un apport positif en matière d’image et d’animation du réseau des anciens. »
n’ai pas
réseauter. Je A l'ombre d'un fumoir, l’ambiance des clubs des
le clôturera toujours, c’est le rituel. On
un club pour amoureux du barreau de chaise est souvent plus est loin des
profiter du ci-
voulu fonder décontractée et ludique que chic et guindée gare comme
d’autres
prétexte pour
faire des affaires. Ce qui ment, n’invite pas à la com- Marc-Antoine Sélaquet. chill ! Et c’est un rituel que prime avant tout, c’est la munication et n’a pas par- Nous nous sommes de- l’on retrouve dans de nom- convivialité et nos soirées ticulièrement bonne presse mandé pourquoi ne pas breux autres clubs aussi. sont souvent bien arrosées. aux yeux de l’opinion gé- continuer après. Lors du Dans ce cénacle d’alumni, Et c’est dans ce contexte nérale. Et ce, d’autant plus dépôt de dossier à HEC, il l’heure n’est cependant pas que des contacts privilégiés lorsque les « Fumer tue » y a eu un peu de méfiance. au réseautage et à l’échange se nouent », note Gérald et la loi Evin encadrent ce Et nous avons dû convain- forcé de cartes de visites. Espardellier, fondateur du loisir dans la sphère pu- cre que ce club, comme un fil rouge déterminera
DES CLUBS SEULE- MENT CENTRÉS SUR L’HÉDONISME ?
En définitive, une dichoto- mie s’opère, avec deux styles : celui axé sur le plai- sir de fumer et de passer un moment convivial. Et
Geoffroy Framery
Côté déroulé, les soirées du club HEC rassemblent 40 à 50 personnes tous les trois mois. un premier ci- gare vient ouvrir le repas lors de l’apéritif. un second
4000 cigares annuels fu- més par Chur-
de belles volutes. Et. clubs très fermés suscitent parfois des polémiques à l’image du Club des parle- mentaires amateur de Ha- vanes (CPAH), pointé du doigt en 2012 pour conflit d’intérêts par Jean Gicquel, alors déontologue de l’as- semblée nationale.
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Juin 2015

