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BIENTÔT LE ROBOT COMPAGNON
Dans une catégorie un cran au-dessus en termes d’intel- ligence arrive ensuite le ro-
UN PUBLIC
À RASSURER
Outre ses fonctionnalités, un robot de ce type a pour intérêt de permettre une certaine forme d’évangélisation. Car différents freins ralentissent encore la pénétration de la robotique au cœur du domi-
accomplir l’ens. tâches ou un petit robot pour chacune ? Quid des enjeux de sécurité en cas de « grand » robot ? Comment donner aux gens l’envie d’in- teragir avec le robot ? Pour- ront-ils nous permettre d’op- timiser nos consommations énergétiques ?...
Décryptage - Robots d’intérieur STRATÉGiE & innOVATiOn nuMÉRiQuE
de plus vers l’intégration de ce type de robotique au do- micile. Ces robots de télé- présence pourraient ainsi per- mettre de garder le contact avec des parents éloignés. ils se présentent sous la forme d’un écran juché sur deux pieds reliés à une petite struc- ture équipée de roues, l’en- semble mesurant environ 1,60m. Muni d’un micro, d’un haut-parleur et de deux ca- méras grand angle, il est ma- nipulableàdistancedepuis un clavier d’ordinateur. Si, par exemple, des retraités en possèdent un et permettent à leur fils d’y accéder, celui-ci pourra d’une certaine manière « sonner » et, s’ils lui en don- nent l’autorisation, être auprès d’eux malgré l’éloignement physique lorsqu’ils préparent le repas, ou à un autre mo- ment... Au cours des Ren- contres européennes de la mé- catronique 2014, Bruno Bon- nell, président d’Awabot et du syndicat Syrobo, estimait : « Dans deux ans, le prix d’un tel produit descendra entre 500 et 600 euros. Et dans cinq ans, il sera aussi banal de posséder un robot de télé- présence qu’aujourd’hui un smartphone. » le stade su- périeur sera le robot de télé- présence dite active : en plus de pouvoir être déplacé à dis- tance par l’utilisateur, il pourra effectuer des tâches simples telles qu’ouvrir une porte ou ramasser un objet.
bot-compagnon. « Il n’ac- complira pas forcément des tâches physiques importantes mais permettra d’apporter une aide au quotidien : dé- tection d’éventuels problèmes dans la maison, présence pour les seniors ou jeux avec les enfants », explique Rodolphe Hasselvander, fondateur et président de la start-up Blue Frog Robotics. Sa société compte justement commer- cialiser avant la fin de l’année unrobotcompagnonnommé Buddy, après une campagne de prévente sur Kickstarter lancée le 27 mai. l’idée pre- mière de Blue Frog en déve- loppant Buddy ? Démocratiser la robotique auprès du grand public en proposant un robot compagnon à moins de 1000 euros, mignon et rassurant. il sera donc capable de jouer avec les enfants, de surveiller une personne âgée (par exem- ple détecter une chute puis envoyer une alerte à une per- sonne-référente), de diffuser de la musique en suivant le propriétaire dans les différentes pièces de la maison... Mais aussi de garder le domicile et d’envoyer un message en cas de fuite d’eau, de gaz, d’in- cendie ou de présence de cam- brioleurs. Buddy permettra également de faire de la télé- présence.
cile. Outre les prix élevés re- froidissant même les plus passionnés, le grand public reste méfiant vis-à-vis de ces « machines ». « Ces techno- logies et ce qu’elles permettent
poser ensuite des robots plus développés et imposants. les start-up le sentent : le potentiel commercial de la robotique domestique et de service est énorme mais le déclic (la
personne, humanoïde et col- laborative, développe la pré- sidente d’innorobo. C’est-à- dire que l’on s’adressera en effet directement au robot, mais qu’il ne saura pas tout
mettra de les fédérer et de les gérer. Mais il est encore tôt et restent, au final, de nombreux enjeux (techno- logiques, économiques...), d’espoirs et de questions :
« Je suis tombé sur le seul robot paresseux qui regarde la télé toute la journée... »
de faire intéressent les gens, mais il faut que le robot soit petit et mignon, qu’il ne donne pas l’impression que demain il risque de prendre le pou- voir », résume en souriant Rodolphe Hasselvander. En clair, le propriétaire d’un robot souhaite s’assurer qu’il maî- trise la situation, presque « physiquement ». un robot utile au design sympa est une façon de mettre un pied dans la porte pour habituer le grand public à cette présence et pro-
« killer app’ » ou autre) n’a pas encore eu lieu.
Pour l’instant, les profession- nels du secteur ne parient pas sur une future révolution des usages, mais sur des change- ments progressifs. Viendra plus tard, peut-être, le « Graal de la robotique » (Jérôme laplace), « l’interface ultime » (Catherine Simon) : le robot humanoïde effectuant des tâches de façon autonome. « Je crois, à ce niveau, à une robotique d’assistance à la
faire. Il y aura une forme de collaboration réciproque : par exemple il ne saura pas ouvrir une porte fermée à clé mais moi je sais le faire, et je ne peux pas porter ma valise trop lourde mais lui le peut ; alors il portera ma valise et passera par la porte que j’au- rai ouverte. » Ou bien viendra peut-être le moment où le ro- bot, demain, sera le centrali- sateur, le hub de la domotique et des objets connectés de la maison intelligente qui per-
un robot humanoïde pour
emble des
Julien Fournier
TroisquestionsàMatthiasSchmitt,créateurdu«cyborgvégétal» Gå.iaetfondateurdelastart-upStillHumanRobotics
« Garder la maîtrise du robot en toute circonstance »
Votre projet de robot Gå.ia est défini comme un « cyborg végétal ». Quelle est sa fonction ?
C'est une plateforme mobile qui permettra à l'utilisateur de déplacer la plante là où il le souhaite mais également à celle-ci de gérer elle-même ses déplacements selon ses besoins en eau et en lumière. Il s'agit en fait « d'aug- menter » les plantes en leur donnant la capacité d’être autonomes pour subvenir à leurs besoins vitaux. On peut ainsi envisager de les déplacer dans des endroits où on ne les trouverait pas, comme les bâtiments, cen- tre-villes ou zones bétonnées. Le projet s'inscrit
donc dans une démarche écologique et réin- tègre les plantes dans nos vies sans leur porter atteinte.
Comment fonctionne-t-il ?
La plateforme robotique est assez commune finalement : des capteurs, des actionneurs et un système d’exploitation. La différence réside surtout dans l’exploitation des capteurs et l’intelligence artificielle : on chargera le robot de se déplacer selon les données que lui fourniront les capteurs analysant la plante. Ainsi, ce n’est pas la plante qui le décide mais on simule cette volonté par des actions.
Par exemple, le robot ira vers la fenêtre de la cuisine en fin de journée car c'est à ce mo- ment-là que l’ensoleillement est le meilleur à cette période. De plus, on pourra contrôler et communiquer avec ce cyborg via commande vocale ou tablette, afin de garder la maîtrise du robot en toute circonstance.
Comment vous est venue l'idée de créer un robot de ce type ?
Lors de mon passage de diplôme de fin d’année en école de design industriel à Strate, j'avais rédigé un mémoire sur la robotique et son impact sur notre société. Lorsqu’il m’a
fallu commencer à penser à une solution in- dustrielle, mon idée était d’alimenter en énergie un robot via une plante. J'ai réalisé que ce n’était pas uniquement le robot qui pouvait en tirer parti mais surtout la plante. De là, le cyborg végétal est né. Par la suite, nous avons créé Still Human, notre start-up en robotique et objets connectés afin de dé- velopper l’idée pour en produire un vrai produit. Nous sommes en train de produire le premier prototype que nous dévoilerons à In- norobo, le salon de robotique à Lyon, début juillet.
Propos recueillis par JF
Juin 2015 55

