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n°21
STRATÉGiE & innOVATiOn nuMÉRiQuE Haute résolution - La signature électronique dans les faits Focus sur un sujet high tech dans l'air du temps
«l
çon virale dans les prochaines
L’utilisation d’un stylet (ou de son doigt) pour parapher le contrat sur un écran tactile est très répandue
« Nous avons décidé, chez YouSign, de garder la signature – l’acte de parapher – en tant que telle, pour son effet psy- chologique, explique Hugo de Fenyi Rouvière. Cela permet
Zut... Cela ne marche pas, je me suis coupé... »
e marché de la signa- ture électronique de- vrait progresser de fa-
Jamet, directeur Marketing, Stratégie et innovation chez Tessi, spécialiste du traitement de flux.
contraintes : l’adressage, les photocopies éventuelles, se déplacer pour co-signer le cas échéant..., énumère Éric Jamet. Tout cela disparaît avec la signature électronique. Via une plateforme web, le docu- ment est accessible en per- manence – et il s’agit de l’ori- ginal. » Selon les configura- tions, les avantages en externe de la signature électronique seront différents. Par exemple, quelqu’un faisant signer un petit volume de contrats par
Jean-Marie Benoist
Concrétisation, enfin...
le marché de la signature électronique devrait bientôt exploser surtout parce que les expériences – positives – des premiers adeptes commencent à se multiplier : gains de temps, d’argent, d’image, augmentation
du taux de transformation... De quoi séduire tout le monde.
d’échelle ou de temps, explique Hugo de Fenyi Rouvière, di- recteur des opérations chez Yousign, qui propose des so- lutions innovantes de signature électronique. Par exemple, si les contrats à signer doivent être envoyés en Outre-Mer, le coût et les délais sont consi- dérablement réduits. » le cycle de vente ou de signature, qui en manuscrit peut s’étaler sur quelques semaines voire quelques mois, se compte en journées. Et cela ne concerne pas que le cycle de vente pure : s’il s’agit d’actes de souscrip- tion où il faut fournir des élé- ments pour un dossier, celui- ci peut être constitué également sous format numérique. un organisme de formation, qui traite un peu moins de 700000 dossiers avec pièces justifica- tives par an, a réduit le coût de traitement par dossier de 5 euros à moins de 2 euros, et le délai d’une trentaine de jours à une dizaine. un autre bénéfice possible est celui qui touche à l’image : par exemple, « une mutuelle, pour toucher une population jeune, a utilisé la signature électronique : ce sont des outils qu’ils connais- sent et apprécient », décrit Bruno Garrett, VP Sales and Marketing chez Cryptolog, éditeur de logiciels de signature électronique.
ligne Bruno Garrett. Faire dis- paraître les interruptions re- donne un caractère d’impul- sivité à l’acte, mais permet en plus à l’entreprise d’optimiser sa force de vente : moins de temps passé sur un dossier, pas de deuxième rendez-vous à prendre pour la confirmation et le paraphage... D’autant qu’il existe des outils pour fa- ciliter l’adoption du système par la personne en face, ce qui ne va pas toujours de soi. Par exemple, si l’une des mé- thodes les plus classiques consiste à envoyer un code à usage unique par SMS, l’uti- lisation d’un stylet (ou de son doigt) pour parapher le contrat sur un écran tactile est très ré- pandue.
à l’utilisateur de garder ses repères, et le rassure. » Plus proche du clic, une autre pos- sibilité est de télécharger une photo de la signature sur le formulaire. Mais le grand pu- blic – et donc les professionnels – s’habitue de plus en plus au simple appui sur la souris (après tout, dès que l’on accepte les CGV d’un site de vente, on effectue une signature élec- tronique). Et ce n’est que le début : l’évolution de la tech-
nologie.
la biométrie – va amener de nouvelles innovations. un exemple ? le système Tou- chiD d’Apple de reconnais- sance des empreintes digitale sur ses appareils mobiles, en plus d’avoir l’air cool, est une forme de signature électro- nique...
– particulièrement de
années, après avoir stagné pendant longtemps. Deux fac- teurs explicatifs : d’abord, la technologie est virale – l’es- sayer, c’est l’adopter –, et en- suite, les doutes à son sujet sont levés les uns après les autres. le cadre législatif actuel inspire confiance ; de plus, la loi européenne va évoluer en juin 2016, pour offrir une si-
AVANTAGES
À DISTANCE...
En interne, le fait que le do- cument soit sous format nu- mérique offre tous les avan- tages liés au digital : process de traitement accéléré et flui- difié, archivage sécurisé (et moins encombrant !)... Re- cherchant l’efficacité, certains
Cas d’école
gnature électronique à portée européenne – ce qui ouvre une porte intéressante pour le développement à l’international des entreprises... Mais surtout, « un des éléments qui change le paysage est le retour d’ex- périence des premiers déploie- ments, qui mesurent les progrès et les apports de la signature électronique », estime Eric
56 Juin 2015
s’en servent pour faire signer des documents RH : contrats de travail, notes de frais... Mais c’est dans les relations avec les clients – professionnels comme particuliers – que la signature électronique montre son meilleur jour. « Pour un support physique, faire signer un document pour validation entraine de nombreuses
mois n’y trouverait pas d’in- térêt ; mais si les contrats font plus de 1000 pages – qu’il faudrait, à la main, toutes pa- rapher, sauf en présence d’un notaire–,ilyaungainen confort plus qu’appréciable pour le signataire. « Pour d’autres cas de figure, la pas- sage à la signature électronique peut amener une économie
...ETEN FACE-À-FACE
Mais les avantages de la si- gnature électronique ne se ma- nifestent pas qu’à distance. Elle en offre un de taille pour les interactions plus rappro- chées : la continuité de l’acte de vente, quel que soit le canal. il est possible chez un client, avec une tablette, de proposer un contrat ou un accord, et de passer directement à la signa- ture. un gain de temps : « une enquête auprès de nos clients a montré qu’ils constatent une réduction des délais du pro- cessus de vente de 86%, et cela très rapidement », sou-
Les abonnements on line
de Ouest France
Les abonnements sont importants pour tout organe de presse, et tous offrent l’option d’en souscrire sur leur site web. Ouest France a franchi un pas supplémentaire en im- plémentant la signature électronique en septembre 2014. « Le passage a été en partie motivé par l’arrivée de la ré- glementation SEPA, qui sonne la fin du RIB et de l’autorisa- tion de prélèvement », explique Françoise le Deist, en charge du service e-commerce. Les mandats étant signés, le quoti- dien sous la nouvelle réglementation en devenait garant. Car les internautes qui voulaient souscrire devaient donner leur RIB, puis imprimer une autorisation de prélèvement et la renvoyer. « Nous avions un taux de transformation d’en- viron 10%, estime Leila Coudre, responsable du service Fi- délisation. C’était une opération manuelle, aussi bien pour le client que pour nous. » Depuis la mise en place de la si- gnature électronique sur la plateforme web, le taux est passé à 80%. Plus fort encore : l’adoption a été instantanée, et n’a occasionné aucune question ou remarque – positive comme négative. « Nous avons pris le soin de rester fluide : l’interface de signature est intégrée au site, et se fond dans le processus de vente », souligne Françoise Deist. Face à ces résultats – le Web a servi en quelque sorte de test –, la dé- cision a été prise d’étendre la signature électronique aux autres canaux de vente. On le comprend...

