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n°21
CluB EnTREPREnDRE Leçons de maux - Ceisa Packaging, la grande bascule
Apprendre de ses échecs et utiliser cet acquis dans une nouvelle aventure. Tel est le credo qui est suivi dans cette rubrique,
«S
concurrentiel ni déclinant, et qu’il existe des opportu- nités à l’export, alors on peut redresser une entreprise même si elle a connu un ac- cident de parcours », assure Arthur lepage, président d’ExcelRise. Cet ancien tra- der devenu serial-entrepre- neur en a fourni la preuve à plusieurs occasions en pre- nant le contrôle et en re- dressant des entreprises en difficulté.
Sa première reprise date de la fin des années 1990 avec Clust.com, un pionnier de l’e-commerce qu’il revend en 2003 à France Télécom. Cette même année, il se tourne vers le secteur ma- nufacturier et prend les ma- nettes de la société dijonnaise Plasto (80 millions d’euros de CA), spécialiste des pro- duits adhésifs pour les sec- teurs de la santé et l’industrie. Mais son coup de maître, il le signe en reprenant en 2004, via la holding indus- trielle ExcelRise, l’entreprise Ceisa implantée à Bernay dans l’Eure (Haute-norman- die). A l’époque, cette an- cienne filiale de Pechiney et de nestlé Waters est en bien mauvaise posture. Suite à la faillite de son actionnaire principal, le groupe belge Fardis, la société spécialisée dans la fabrication de films plastiques imprimés rétrac- tables pour l’emballage des boissons et produits agroa- limentaires voit deux gros clients prendre peur et cesser toute collaboration. « L’en- treprise comptait parmi ses clients les leaders sur ce marché, ses actifs industriels étaient bons, mais le pro- blème d’actionnariat a en- traîné une chute du chiffre d’affaires de l’ordre de 50 %, de 30 millions à 15 millions d’euros », explique Arthur lepage. Ceisa est placée en redressement ju-
36 Juin 2015
premier sujet était de ras- surer aussi bien en interne auprès des salariés qu’en externe (clients, banques, collectivités, fournisseurs), afin de redonner confiance »,
Emballé, c'est sauvé !
qui retrace une sortie de route pour mieux se tourner vers l'avenir
En 2004, Ceisa packaging est placée en redressement judiciaire puis reprise par ExcelRise.
10 ans plus tard, la PME de l'Eure a quadruplé son CA et exporte ses films plastiques dans 60 pays...
i le marché est porteur, qu’il n’est pas trop
diciaire. Au mois de juillet, ExcelRise reprend l’ensem- ble des actifs de Ceisa Packa- ging ainsi que 90 des 142 salariés de l’entreprise.
place en complément de la participation légale.
Afin d’assurer le redresse- ment de Ceisa Packaging, ExcelRise va également me- ner une politique d’inves-
capacité de production de l’entreprise a été multipliée par quatre et les effectifs sont passés de 90 à 200 sa- lariés », précise Arthur le- page. Parallèlement, une re- dynamisation commerciale a été mise en œuvre avec des visées sur l’export. le marché des films plastiques pour l’industrie agroalimen- taire est particulièrement porteur dans les pays d’Eu- rope centrale, d’Europe de l’est et du Maghreb. Ceisa Packaging ouvre donc des bureaux et des plateformes logistiques dans plusieurs pays et parcourt les salons professionnels internatio- naux. Si bien que la société normande, qui réalisait les trois-quarts de son chiffre d’affaires en France il y a quelques années, exporte désormais 80 % de ses pro- duits dans soixante pays à travers le monde. Ses prin- cipaux marchés à l’interna- tional sont l’ukraine, la Po- logne, la Russie, la norvège, le Danemark, les Etats-unis, le Maroc et la Tunisie. « L’avantage c’est que nous produisons des bobines de film et que ce type de produit voyage assez bien », note Arthur lepage. Et le prési- dent d’ExcelRise de préci- ser:« EnEurope,ilya entre cinq et huit entreprises qui fabriquent ce type de produit. Les clients étant des gros donneurs d’ordres, il faut avoir la capacité de les suivre dans tous les pays. Ce qui n’est pas le cas de tous nos concurrents. »
près de Pau dans les Pyré- nées-Atlantiques (Aqui- taine) et spécialiste de l’im- pression de film polyéthy- lène thermo-rétractable. Suite à cette acquisition et grâce aux synergies mises en place entre Ceisa Packa- ging et Semoflex, ExcelRise se positionne désormais comme l’un des principaux acteurs européens sur le marché des emballages sou- ples en polyéthylène. le groupe, qui emploie 385 salariés sur quatre sites de production et génère un chiffre d’affaires de 120 millions d’euros, commer- cialise ses packagings aux multinationales de la bois- son, de l’agroalimentaire et de l’hygiène.
De quoi revoir la vie en couleurs en 10 ans...
Dix ans après sa reprise par ExcelRise, Ceisa Packaging est passée du statut d’en- treprise fragilisée à celui de success-story industrielle à la française. Son chiffre d’af- faires a été mutltiplié par quatre, de 15 à 60 millions d’euros, avec un rythme de croissance annuelle désor- mais stabilisé autour de 5 à 6 %. Ces belles perfor- mances ont permis à Ex- celRise d’acquérir le statut d’Entreprise de taille inter- médiaire (ETi) et d’intégrer le réseau Bpi France Ex- cellence, qui dinstingue les sociétés dont les perspectives de croissance sont les plus prometteuses. « Cela nous permet d’obtenir des finan- cements pour des pro- grammes de recherche et
RASSURER EN
INTTERNE ET EN
EXTERNE
Avec ses associés, Arthur
lepage parie sur les bons
fondamentaux de l’entre-
prise. Pour redresser Ceisa apportent de bonnes idées. » les équipements et informa-
Packaging, le nouvel action-
Des outils de partage tels
tiser Ceisa Packaging dans
CHIFFRE D’AFFAIRES MUTLTIPLIÉ PAR QUATRE
dével.
à l’export », ajoute Arthur lepage. Pas de doute pour le dirigeant : « L’exemple d’ExcelRise montre qu’une entreprise peut avoir plu- sieurs vies et que les salariés peuvent se remobiliser au- tour d’un nouveau pro- jet. »
souligne Arthur lepage. Au sein de l’entreprise, le mes- sage passe plutôt bien : « Souvent, les salariés sont assez motivés pour que cela reparte, ils jouent le jeu et
tissement forte. Pas moins de vingt millions d’euros sont ainsi injectés dans l’en- treprise en l’espace d’une décennie et à un rythme ré- gulier. Objectif : moderniser
oppement ou de projets
De l’entreprise fragilisée à l’ETI du réseau BPI France Excellence, distinguant les sociétés les plus prometteuses...
Dernier levier de redresse- ment de l’entreprise : la consolidation et la crois- sance externe. En 2013, Ex- celRise a renforcé la pré- sence de Ceisa Packaging à l’international en rachetant la société Semoflex, basée
nariat va activer plusieurs leviers. Tout d’abord : com- muniquer clairement autour d’un projet stratégique. « Le
que la prime de retour à l’équilibre, reversant 20 % du résultat de l’entreprise aux salariés, sont mis en
le but de répondre au mieux aux attentes des multinatio- nales qui sont ses donneurs d’ordres. « En dix ans, la
Yann Petiteaux

