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n°21
CluB EnTREPREnDRE Electron libre - Jean-Baptiste Fontes et ses bagues-casquettes
Dans cette rubrique EcoRéseau met à l'honneur un(e) entrepreneur(e) parce qu'il (elle) a un profil atypique, parce que son entreprise
le seigneur des anneaux
À 24 ans, Jean-Baptiste Fontes a déjà passé la bague au doigt de la Grosse Pomme, pour l’aventure Jean-louis Casquette.
évolue dans un secteur unique ou parce qu'il (elle) a eu l'idée de sa boîte d'une manière peu conventionnelle
la commande qui ne m’a demandé aucune trésorerie. À part la création du site et le dépôt de marque, je n’ai eu aucun frais. »
Et, à défaut de gros moyens, il a fallu être malin. Son père chirurgien opère le ju- doka Teddy Riner à Paris ? il n’est pas loin de la cham- bre et lui propose de porter un de ses anneaux... « Mon plus grande modèle, en taille 12... Il ne pouvait la porter qu’au petit doigt ! » Damien Perrinelle, un joueur de foot- ball de la franchise des nY Red Bulls, lui aussi entre Paris et new York, joue le jeu avec son bijou person- nalisé orné du n°55, Caterina Murino, une James Bond Girl, et David Villa, une au- tre star du football se prêtent volontiers au jeu... la vi- ralité des réseaux sociaux fait son œuvre. « Tout le
la carte de l’entrepreneuriat en France, car il se passe quelque chose en ce mo- ment. Le fait d’avoir été sé- lectionné par la French Tech à Noël comme n°1 en mode a aussi permis de développer ma notoriété. Peut-être d’ail- leurs que j’arrive au bon moment : une idée, une tech- nologie nouvelle et un contexte où les gens com- mencent à comprendre qu’il existe des talents et des idées tricolores, des ingénieurs de haut niveau grâce à d’ex- cellentes formations... Mon site va rapidement être aussi en français et... en euros ! » les boutons de manchette, la bague « tinny » plus fé- minine et les boucles
«L
LES PEOPLE JOUENT LE JEU
En même temps on a beau être fun et de l’autre côté de l’Atlantique, on en n’est pas moins confronté aux doutes de l’entrepreneur qui se lance. « Être seul avec des tâches qui prennent un temps fou et qui ne sont clairement pas rentables, je connais. Dans la coloc’ de start-up, j’ai heureusement bénéficié de cette expérience de jeunes entrepreneurs confrontés aux mêmes
Le fondateur contemple son Empire...
oue studio 9m2 dans le 7e arrondisse-
TRANSFORMER LA BLAGUE EN BAGUE ! une nuit de sommeil et la première modélisation a lieu dans la foulée. « Je pensais rentrer en France puis, fi- nalement, le Master m’a permis d’obtenir un visa de travail facilement. J’ai laissé les entretiens d’embauche de côté en me disant que j’aurais tout le temps de faire ça plus tard... » Dès la sortie de la chaîne d’im- pression, ses collègues amé- ricains s’enthousiasment pour cette « caskate », et veulent la leur. « J’ai amé- lioré le modèle, je l’ai rendu plus solide et j’en ai vendu 150 dès le premiers mois. » le site internet* sorti en septembre 2014 servira d’ac- célérateur. Si louis, dans la finance à londres, n’a pas poursuivi l’aventure, Jean- Baptiste se fait remarquer, apparaît dans le classement French Tech des 30 start- up les plus prometteuses... Bilan : 600 commandes à noël pour un total 720 bi- joux, des bagues entre 20 et 150 uS$ avec un shipping fixe à 6,50$, et rapidement un pendentif avec la même « cap » en guise de pierre précieuse. « Tout d’un coup, ce n’était plus uniquement une blague, il fallait des idées », analyse le jeune homme, le poil hipster, qui ne voue aucun culte à la casquette, « juste un objet universel, qui offre beaucoup
de voix possibles. Bon, c’est vrai, une casquette sur une bague, c’est assez inattendu et cela a pu choquer au dé- but. Mais au
ment. Kitchenette, douche, télévision. Avec vue sur la Tour Eiffel. 400 € + charges, by Jean-Louis Ap- part. » l’annonce, passée sur Facebook, date de juin 2014. C’est que, après des études à l’École alsacienne et une formation d’ingé- nieur aux Arts et Métiers à Bordeaux achevée en 2010, complétée par un Master en ingénierie industrielle à l’université de new York City, Jean-Baptiste Fontes a définitivement posé ses valises dans la Big Apple ilyaunan.«Jefinissais mon stage de fin d’études chez Shapeways, une start- up spécialisée en impres- sion 3D. Cela m’a permis d’apprendre l’impression de tout sur n’importe quelle matière : le métal, le plas- tique... » Créatif, il propose à sa sœur Jessica, qui a lancé node, une petite marque de bijoux, d’im- primer quelques-unes de ses créations... avant de se dire qu’il pourrait aussi réaliser quelque chose pour lui. « Un objet qui n’existait pas, avec l’idée de mélan- ger technique et création. » une soirée, louis, l’un de ses amis, une casquette entre dans les mains, et quelques blagues feront le reste : c’est parti pour Jean- louis Casquette !
Avoir été sélectionné par la French Tech à Noël comme n°1 en mode a
d’oreille sont déjà venus compléter la gamme, alors que trois marques de vêtements ont déjà sollicité Jean-Baptiste
moins, cela ne
laisse pas indiffé-
rent. » installé au
sein d’un hub de
start-up dans le
quartier devenu à
la mode de East Village de- puis novembre dernier, le Parisien voit défiler les
développé la notoriété
étapes. J’ai appris à m’or- ganiser, moi qui n’ai suivi aucun cours d’entrepreneu-
34 Juin 2015
Perles rares dans leur écrin
heures, les semaines et les mois, vite, très vite... « Ici, c’est facile, j’ai créé ma so- ciété en 15 jours. Et puis, mon modèle a rendu les choses plus simples : pas de stocks, pas de risque fi- nancier, une impression à
riat... Un premier stagiaire vient de finir de s’occuper du community management de la marque et de sécuriser l’objet, un autre arrivera en juin. » il a aussi très vite compris que l’aventure se jouait au niveau marketing.
*www.jeanlouiscasquette.com
Olivier Remy
monde est d’accord pour m’aider. De mon côté, j’ai créé un mouvement autour des numéros, joué avec la customisation... Je vais d’ailleurs mettre en ligne un logiciel 3D pour que les clients puissent personna- liser leur bijou en direct, la couleur, la taille, le matériau, avec ou sans logo. » le cap des 1000 pièces a été atteint en mai et la marque est dis- tribuée dans trois magasins de Soho. « Les Français adorent ça... Les New Yor- kais aussi ! », s’amuse Jean- Baptiste.
Fontes pour réaliser leur bi- jou selon les mêmes tech- niques de création. Déjà pourtant, il faut réfléchir à la suite. Des vêtements ? une suite logique, mais pour laquelle il faudra reposer les bases. « Cela enlève la partie 3D, signifie du stock et impose de changer de business model... » le jeune entrepreneur, lui, est convaincu d’une chose : « Si, au départ, je misais sur un buzz, j’ai aujourd’hui envie d’aller au bout de l’idée, de vivre cette expé- rience pour savoir jusqu’où elle peut m’amener. Je suis impressionné et inspiré par
PRISE DE CONSCIENCE FRANÇAISE
loin de la France, tout cela ? « Paradoxalement, j’ai beaucoup vendu dans l’Hexagone au début : la famille, les amis, les articles dans les médias... Mais j’étais à New York. Que de- vais-je cibler ? Dans la ville qui ne dort jamais, le côté frenchy marche assez bien. Mais finalement, à un cer- tain niveau, mieux vaut jouer
des entrepre.
Elon Musk, le patron de Tesla Motors et SpaceX, qui a aussi créé Paypal. Des idées différentes et surtout la conviction de les optimi- ser. Moi, dans 3-4 ans, j’es- père que tout le monde aura ma casquette. » il n’aura pas 30 ans...
neurs comme

