Page 19 - EcoRéseau n°21
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n°21
Hexagone - French Tech PAnORAMA
Interview de David Monteau, directeur de la Mission French Tech
« Visibilité et synergies avant tout »
www.ecoreseau.fr
u Lille
Pourquoi fédérer les métropoles autour d’un label ?
Cette démarche avait plusieurs objectifs. Il s’agissait pre- mièrement d’identifier les écosystèmes les plus remarquables en matière de start-up en France, c’est à dire les endroits qui hébergeaient le plus de jeunes pousses, d’accélérateurs, d’entrepreneurs emblématiques, ou qui avaient les levées de fonds les plus importantes. Au niveau local, cela a également permis aux acteurs de se structurer en écosys- tèmes, alors que la maturité et la dynamique des candidats étaient très hétérogènes d’une ville à l’autre. Dans certaines, les acteurs se parlaient déjà, alors que dans d’autres il n’y avait pas encore de liens forts. Cette première étape a permis de créer des synergies au niveau national, puisque les représentants des neuf métropoles se rencontrent régulièrement avec la Mission French Tech et ses partenaires pour faire avancer leurs projets et partager leurs expériences. Enfin, lorsque nous nous adressons à des partenaires internationaux, cela permet de présenter une équipe de France de la FrenchTech, c’est
à dire les plus emblématiques de chaque écosystème.
Quels étaient les critères de sélection ?
Nous nous sommes d’abord appuyés sur des critères quantitatifs, en demandant aux métropoles d’illustrer leur dynamisme par les chiffres de levées de fonds de leurs entreprises numériques, l’importance du vivier d’écoles, de start-up, d’accélérateurs, d’investisseurs, etc., afin de déterminer si elles atteignaient une taille critique. Nous avons aussi évalué la cohérence du projet, la présence d’entrepreneurs emblématiques et de soutiens politiques.
Quels sont les avantages de la labellisation ?
Il n’y a pas de subvention à la clé, l’avantage réside dans le projet lui-même, le fait de stimuler la construction de l’écosystème, la mise en relation des acteurs, les échanges qui peuvent se créer autour de problématiques communes. Les métropoles et leurs start-up en tirent aussi des bénéfices en termes de visibilité, car nous menons un travail important de relations presse et de relations publiques pour leur donner une vitrine nationale et inter- nationale.
Propos recueillis par AM
Ouvert en 2009 dans une ancienne filature, l’écosystème EuraTechnologies – 31 projets incubés et 51 entreprises accélérées en 2013 –, avec ses 137 entreprises et ses 3000 salariés, s’est naturellement imposé comme le lieu-totem de lille French Tech. il faut dire que son bâ- timent de briques rouges de 21500m2 accueille 40000 visiteurs par an et fait se côtoyer jeunes pousses, grandes
entreprises – iBM, Capgemini, Microsoft – et laboratoires publics. le lieu est symbolique de la Ch’tilicon Valley, très active dans le commerce, les jeux-vidéos – Ankama y a vu
le jour – ou l’internet des objets, et bénéficie d’un soutien public important.
Metz nancy
strasbourg
Mulhouse
u Lyon
Les métropoles qui pourraient être retenues en juin
Brest Côte-d’Azur (à nice) Rouen Toulon
lor’n Tech (à nancy et Metz) Alsace (Strasbourg) Saint-Etienne Mulhouse
Es nEuf opoLEs DE
EnCh TECh
st-Etienne
Toulon
u Montpellier
Avant même la labellisation, l’écosystème numérique de « la surdouée » était déjà bien structuré, notamment autour du BiC (Business innovation Center), l’incubateur public technologique qui compte déjà près de 30 ans d’expérience. En 2018, il sera rejoint par un pôle numérique de 12000m2. Avec 4500 entreprises et 15000 emplois, le numérique se porte bien dans la région. Pour preuve, les succès de ses jeunes pousses, comme Medtech, expert en robotique neurochirurgicale, qui a levé 20 millions d’euros lors de son entrée en Bourse, ou Awox, leader des objets connectés, qui s’internationalise grâce aux 25 millions d’euros récoltés sur les marchés.
En 2016, l’association lyon French Tech prendra ses quartiers dans la Halle Girard, dans le quartier de la Confluence, après la rénovation de ce bâtiment de 3000m2. Ce sera la vitrine du numérique lyonnais, qui affiche les preuves de son dynamisme sur de nombreux marchés porteurs, dont les biotechnologies et les cleantechs, les logiciels, les jeux-vidéos ou encore la robotique. la ville revendique aussi une dizaine de futurs champions technologiques, dont Citizen Sciences, qui fabrique des textiles intelligents, ou des éditeurs de logiciels innovants comme Syspera, Cosmo ou Antidot. il faut dire que lyon compte cinq accélérateurs de start-up, dont Axeleo et Boost in lyon – une centaine de start-up accélérées par an. Ainsi, plus de 200 millions d’euros y ont été levés en
2013, dont 3 millions pour l’amorçage.
u Grenoble
Avec Spartoo, le vendeur de chaussures sur internet qui a levé 25 millions d’euros en 2012, le comparateur de prix sur internet Kelkoo, racheté en 2004 par Yahoo! pour 475 millions de dollars, et le pionnier des drones civils Delta Drone, la préfecture de l’isère ne manque pas de success stories dans le domaine du numérique. il faut dire que la métropole possède un terreau fertile, avec de grands acteurs numériques – Bull, Atos, Capgemini – des laboratoires publics – inria, CEA, iRT nanoelec – des pôles de compétitivité – Minalogic, inovalée – et plusieurs programmes d’accélération, dont Grenoble Angels, Easytech ou Startup
Maker. Quelques chiffres ? Plus de 500 entreprises dans l’écosystème numérique et 40000 emplois dans le numérique.
u aix-Marseille
Soleil, eau turquoise, sable fin, palmiers et start-up : la métropole Aix-Marseille se rêve en Californie de l’Europe. Avec déjà quelques belles réussites, comme Digitick, racheté par Vivendi en 2010, Mon Showroom, acquis par Casino en 2012, Voyage Privé ou le comparateur de prix de chambres d’hôtel HotelHotel. Mais l’écosystème a mis du temps à se structurer et les acteurs locaux à jouer collectif. Trois lieux emblématiques, qui s’apprêtent à sortir de terre, joueront peut- être le rôle de locomotive : le campus The Camp, en 2017, le Pôle Media 2.0, de 23000m2, à Marseille, et le Pôle numérique de
nice
la Constance, à Aix en Provence.
Juin 2015
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