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Dans une conjoncture morose où le prix des voyages en train ou en avion évolue significativement plus vite que les bénéfices, les sociétés se sont lancées dans une chasse aux économies de transport dans les voyages d’affaires. Pour preuve, selon Coach omnium, les entreprises établies en France restent davantage sur le territoire afin de faire des économies et de réduire les distances d’acheminement vers les lieux de séminaires et de conventions. Une tendance dont compte bien profiter les Palais des Congrès proches de Paris et bien desservis. « Deauville n’est qu’à deux heures de Paris et ses aéroports, en voiture comme en train », rappelle Jacques Belin, directeur général du Centre international de Deauville (CiD). Pour expliquer l’intérêt des sociétés pour artois Expos, Pierre Marie Porte, son directeur, rappelle lui aussi ainsi que le site, à arras, « est très bien situé géographiquement, quasiment à équidistance de Paris et Bruxelles, et proche de Londres ». Selon Éric Montant, de la Cité des Congrès de Nantes, l’accès rapide au Palais des Congrès est un élément clef pour les organisateurs : « L’un des principaux atouts de La Cité des Congrès de Nantes est sa si- tuation géographique : la ville est à deux heures de Paris en TGV, et La Cité fait face à la gare. Chez nous, les entreprises économisent le coût des navettes susceptibles de transporter les participants d’un point à un autre ».
CLUB ENtREPRENDRE Business guides - Espaces de congrès 1 LE PRIX, PREMIER CRITÈRE DE SÉLECTION
« Si dans les faits, les effets de la crise économique ne sont plus une surprise, les organisateurs de manifestations professionnelles fonctionnent presque au jour le jour, sans vraie anticipation. Ils peuvent entreprendre sans préavis un regain de commandes de manifestations, ou encore décider de geler, voire de réduire les dépenses, au dernier moment », constate Mark Watkins, de Coach omnium. Dans ce contexte, le prix est devenu ces dernières années le premier critère de sélection des entreprises à la recherche d’un Palais des Congrès susceptible d’accueillir leur événement, comme le confirme Éric Montant, directeur du développement de La Cité des Congrès de Nantes : « Pour des raisons de budget, les entreprises entament plus tardivement qu’auparavant les démarches d’organisation d’un événement. Aujourd’hui, le facteur prix constitue l’élément primordial, devant l’offre hôtelière et les services de transports, ce n’était pas le cas auparavant ». Qu’importe le charme du site donc, ce que regrette Chantal Cutoli, directrice du Palais des Congrès d’ajaccio : « Les entreprises sont de plus en plus regardantes sur les prix des prestations, il est clair que le budget alloué aux séminaires s’est contracté ces dernières années ». Des observations confirmées par la dernière étude Coach omnium sur le marché du MiCE. Selon le cabinet de conseil, les en- treprises établies en France ont dépensé en 2014 un volume global estimé de 8,1 milliards d’euros pour le tourisme d’affaires, soit une baisse de 5,2% par rapport à 2013. Une austérité qui devrait profiter aux Palais des Congrès de
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rovince, dont les prestations sont globalement 30% moins chères qu’à Paris, selon les spécialistes interrogés.
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Les hôtels n’ont plus la cote, en tant que lieux
HAVRES DE TRAVAIL
liens entre salariés et entre salariés et dirigeants, cette organisation recueille un vif succès », ex- plique Pierre Marie Porte. Enfin, les Palais des Congrès ajustent leurs propositions à l’évolution de la demande des entreprises, comme l’explique Éric Montant : « Concernant le format des évé- nements, je constate un réel changement. Les entreprises recherchent désormais de la proximité, pour resserrer les liens entre, par exemple, l’équipe dirigeante et les salariés. Dans ce cadre, elles privilégient de plus en plus une ins- tallation de type cabaret, c’est à dire des groupes de tables rondes de six à huit couverts en demi- lune plutôt qu’un bureau sur estrade face au public ».
L’HÔTELLERIE, FACTEUR DE SÉDUCTION
L’offre hôtelière est étudiée avec soin par les entreprises à la recherche d’un lieu pour un évènement. Sur ce point, certains sites peuvent être pénalisés : « Nous ne pouvons proposer l’unité de lieu, qui est pourtant souvent recherchée par les organisateurs. La ville compte bien sûr beaucoup d’hôtels, mais de petite taille. Pour les gros séminaires, nous sommes donc contraints d’éparpiller les invités dans plusieurs lieux d’hébergement. Pour autant, Ajaccio reste une petite ville où la majorité des trajets peuvent se faire à pied », reconnaît la directrice du Palais des Congrès de Corse du Sud. L’unité de lieu constitue un facteur clef. « Nos installations sont concentrées dans un périmètre très rapproché. Ainsi, il suffit de traverser la rue pour se rendre du CID à l’hôtel ou au casino, explique Jacques Belin. Mieux, un tunnel permet de relier le CID à l’hôtel Normandy et au casino. L’unité de lieu est très recherchée et appréciée par les sociétés qui cherchent à gagner du temps en se passant des transports en navette. » Un constat partagé par Éric Montant. Dans cette optique d’optimisation du temps, « Nantes bénéficie d’une offre hôtelière très vaste, avec 8643 chambres d’hôtels dont plus de 1100 di- rectement accessibles à pied », précise le dirigeant.
de séminaire, auprès des entreprises. Selon Coach omnium, ils ont été bien moins sollicités en 2014 qu’en 2013. La raison principale ? Le manque de personnalité des grandes salles dans ces hôtels. A contrario, les Palais des Congrès rivalisent d’efforts pour offrir un cadre de travail agréable aux sociétés. « Nous misons également sur le confort et l’esthétique du site. Ouverte en 1992, La Cité de Nantes est principalement faite de bois et de baies vitrées, ce qui lui confère une atmosphère très chaleureuse. Les entreprises ne souhaitent plus s’enfermer des heures, voire des
des Congrès se sont mis à la page pour offrir des formats innovants d’évènements, à l’image d’ar- tois Expos : « Nous proposons un auditorium de 1000 places rétractables, ce qui nous permet d’ajuster la jauge en fonction du nombre d’invités. De plus, depuis l’an dernier, cet auditorium peut pivoter à 360 degrés, un service que nous sommes les seuls à offrir en France. Les entre- prises ont été emballées par cette prestation qui transforme un séminaire en un show à l’améri- caine. Nous pouvons mettre en place des agen- cements originaux, avec par exemple deux tribunes dans la même salle, pour renforcer le caractère interactif et vivant de l’évènement. A
4jours, dans des salles désuètes ou sombres »,
explique Éric Montant. Par ailleurs, les Palais l’heure où les entreprises cherchen5
L’ATOUT CHARME
t à tisser des
Pour remporter des contrats, les Palais des Congrès insistent sur l’attrait touristique de leur site. Chantal Cutoli n’en fait pas mystère : « Le Palais des Congrès d’Ajaccio est situé dans le centre-ville, sur le port de plaisance, à proximité immédiate des restaurants et des commerces. Cela séduit bon nombre d’entreprises désireuses d’organiser un événement dans un cadre agréable et dépaysant ». Un constat partagé par Jacques Belin : « Deauville reste une destination exotique, la plage n’est qu’à une centaine de mètres du CID et des restaurants ». La beauté du site est également un atout du Palais des Congrès d’antibes Juan-les-Pins : « Le charme de la ville n’est bien sûr pas notre principal argument de vente, mais il est clair que les clients en repérage ne sont pas insensibles à la douceur du climat et à la vue sur mer », reconnaît Jean-Pierre Derail, directeur de l’exploitation. Si Bourges ne mise pas sur la vue sur mer, la commune du Cher compte sur le charme de la ville et sa proximité avec Paris : « Les clients qui dépassent la sphère régionale sont ceux qui recherchent un cadre agréable à moins de deux heures de la ca- pitale. Notre situation géographique centrale est à cet égard un réel atout », assure Patrick Ponchon, directeur Jeanne & Louis Productions, gestionnaire des Rives d’auron. La ville compte par ailleurs sur la notoriété de son festival musical, Le Printemps de Bourges, pour attirer les séminaires : « Sa réputation est un plus pour notre activité. Bien sûr, on ne nous choisit pas uniquement grâce au festival, mais il apporte une image de jeunesse, de dynamisme et de fraicheur qui séduit certaines entreprises », affirme le dirigeant. De son côté, Pierre-Marie Porte, d’artois Expo, mise sur l’accessibilité de son site pour tirer son épingle du jeu. « Les organisateurs apprécient la possibilité offerte aux participants d’un évènement de s’y rendre en voiture. Le parking de 1000 places est accolé au Palais des Congrès, un luxe que l’essentiel des autres Palais ne connaissent pas », assure le dirigeant.
48 Mai 2015
Cahier pratique n°1 - Espaces de congrès
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