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Patrimoine - Le paysage diversifié des CGPI ArT DE vivrE & PATriMoiNE l’oiseau rare
lTrès facile de trouver un conseiller en gestion de patrimoine indépendant. Plus ardu de dénicher le conseiller idoine,
qui saura nous comprendre à la perfection...
es Conseillers en ges- sociations imposent à leurs de temps à consacrer à leurs tion de patrimoine membres une formation clients. « D’expérience, je indépendants (CGPi) continue et les contrôlent sur dirais que les conseillers et
se sont fortement développés le terrain », détaille David leurs clients doivent se res-
ces dernières années, passant de 1850 en 2007, à un peu plus de 3000 à la fin de l’an- née dernière. ils doivent en grande partie leur succès aux banques qui ont quelque peu tardé à développer des ser- vices spécifiques pour leur clientèle aisée. A l’image des banquiers privés, ces conseil- lers gèrent une partie des ac- tifs de leurs clients, tout en leur prodiguant des conseils pour optimiser leur patri- moine. A la différence des banquiers toutefois, les CGPi ne sont pas dépositaires des fonds gérés. intermédiaires, ils ont la mission de proposer à leurs clients les meilleurs produits et placements auprès des établissements financiers.
Avant de confier une partie de ses économies, l’épargnant doit s’assurer que le CGPi est agréé. « Pour conseiller des produits financiers, il faut disposer du statut de conseil
sembler. la relation entre un conseiller et son client revêt avant tout une dimension hu- maine. En règle générale, ils ont le même niveau d’études, partagent les mêmes centres d’intérêt, sont exposés aux mêmes problématiques pa- trimoniales. Pour cette raison une grande partie de notre clientèle est issue du bouche- à-oreille, de relations », ex- plique François-Xavier le- gendre. Un point de vue partagé par Hervé de la Tour d’Artaise, président d’A2PF : « la démarche à suivre est la même que lorsque l’on re- cherche un médecin ou un notaire : on se renseigne au- près de ses amis, de ses rela- tions. Je crois beaucoup « au bouche à oreille » ». Enfin, faut-il accorder sa confiance à une petite structure ou un
Charlet, président de l’Ana-
cofi Pour avoir le droit de
proposer des produits ban-
caires, le CGPi doit posséder
le statut « d’intermédiaire en
opérations bancaires » (ioB).
la plupart des CGPi détien-
nent également une carte de
« courtier en assurances » et
certains une carte d’agent
immobilier, afin d’intervenir
dans les transactions. Face à
cette jungle de sigles, Guy
raymond Cohen recom-
mande d’examiner attentive-
ment lors de la prise de
contact, le fameux DEr (pour
« document d’entrée en re-
lation »), qui récapitule le
numéro oriAS et ses statuts.
« Mais pour les vérifier, je
conseille de toujours consulter
le site internet de l’oriAS
(organisme pour le registre
unique des intermédiaires en
diPLômES Assurance, Banque et Fi- domaine, l’immobilier par
ETRE ATTEnTiF Aux STATuTS ET
Mieux vaut parfois aller au-delà des apparences pour bien connaître son futur CGPI...
nance). on y trouve en effet obligatoirement tous les CGPi. le DEr vous permet de juger du degré d’indé- pendance du CGPi, car il doit indiquer par exemple si
exemple, aura tendance à re- commander à son client d’in- vestir dans cette classe d’actifs en toute bonne foi sans se préoccuper de savoir s’il existe une solution mieux
grand ca.
pour un CGPi indépendant, le particulier fait le choix de la proximité et du contact. En revanche, si sa préférence va à une structure plus im- portante, le nombre de conseillers devient un critère important », conclut David Charlet.
Les conseillers et leurs clients doivent en général se ressembler, avec les mêmes niveaux d’études, centres d’intérêts, problématiques patrimoniales
Pierre-Jean Lepagnot
chercher les conseillers les plus aptes à répondre à leurs besoins, sachant qu’il existe des gestionnaires de patri- moine adaptés à chaque type de clientèle. « Par exemple la clientèle de Dauphine Pa- trimoine est constituée de chefs d’entreprise, de cadres dirigeants et de contribuables soumis à l’iSF ; les conseillers connaissent très bien les pro-
blématiques et les enjeux de cette clientèle. Si en revanche la recherche des clients portait sur l’expatriation ou sur de la prévoyance, il leur faudrait choisir un autre CGPi. » la disponibilité constitue éga- lement un critère d’impor- tance dans le choix d’un conseiller. Bien souvent, dans un réseau bancaire, les conseillers n’ont pas assez
Forum de la CIFA
binet ? « En optant
en investissement financier (CiF) », rappelle Guy ray- mond Cohen, vice-président de l’ANACoFi (association nationale des conseils finan- ciers). Ce statut, qui garantit un casier judiciaire vierge et un niveau de compétence, oblige le conseiller à adhérer à une association profession- nelle reconnue par l’Autorité des marchés financiers (ANACoFi-CiF, CNCGP, CNCiF, etc.). Ces associations vérifient les contrats d’assu- rance responsabilité civile. Si un expert n’a pas suivi la procédure pour protéger le client épargnant, la respon- sabilité des dommages pour- rait être à sa charge et à celle de son assurance. « les as-
un fournisseur de produit est actionnaire du CGPi et avec quels produits financiers il a des accords de distribution », complète Guy raymond Co- hen.
adaptée aux besoins de son client. C’est le même raison- nement pour un conseiller bancaire qui ne dispose que de l’offre produits de sa banque. on comprend que la liberté de choix du conseil- ler rend ses recommandations plus pertinentes. » De même, le CGPi doit absolument être indépendant, c’est-à-dire ne pas être affilié à un réseau bancaire ou un promoteur, sinon, le jugement est biaisé. « Quoi qu’il dise, ce CGPi sera enclin à proposer en priorité non pas les meilleurs produits, mais ceux de son partenaire », avertit Antoine Tranchimand, associé chez K&P Finance. les épargnants ont intérêt, en amont, à re-
Monaco, capitale du conseil financier
Du 22 au 24 avril prochains se retrouveront au XIIIe Forum de la CIFA (Convention of In- dependent Financial Advisors) à Monaco plus de 70 fédérations professionnelles internationales et associations professionnelles nationales représentant les conseillers fi- nanciers. Créée en 2001, la CIFA est une ONG spécialisée dans la réforme du système financier pour remettre la finance au service des épargnants. Elle milite pour une meilleure régulation internationale et une réglementation plus juste, plus équitable et plus efficace. Bénéficiant d’un statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC), elle est accréditée auprès de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED). Au regard de la situation macroéconomique et politique de la plupart des pays occidentaux, les spécialistes du monde entier, membres d’ONG, économistes, chercheurs, avocats, banquiers... mais aussi journalistes, plancheront autour d’un thème au cœur de l’actualité cette année : « Dettes publiques, déficits budgétaires, fiscalité débridée, qui va payer ? ». Les pouvoirs publics, par exemple, ont-ils eu raison de donner la priorité à l’endettement après 2008 ? La CIFA s’interrogera sur la possibilité de faire coïncider capitalisme entrepreneurial et solidaire, ou encore mettra en lumière le rôle des femmes dans la finance mondiale. Pour élargir la perspective du Forum, Matthieu Ricard, moine bouddhiste, photographe et auteur, expliquera dans quelle mesure l’altruisme est compatible avec les systèmes éco-
viSion gLobALE ET diSPonibiLiTé
Une fois le filtre réglementaire passé, encore faut-il bien sé- lectionner son CGPi. Pour François-Xavier legendre, gérant de Dauphine patri- moine, « un bon conseiller doit avant tout être un géné- raliste qui dispose d’une vi- sion globale, tant sur les so- lutions disponibles que sur l’environnement fiscal et pa- trimonial. A contrario, un conseiller spécialisé dans un
nomiques modernes.
Avril 2015
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