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n°17
RH & FORMATION Carrières & Talents - La plus-value du MBA
Analyse d'une formation et de sa capacité à satisfaire les besoins des entreprises
Q
Le MBA, coûteux et exigeant, à quoi bon ? Qu’apporte au futur gestionnaire ce sésame vers les fonctions les plus élevées de l’entreprise ?
Les clés du MBA
u’on se le dise, le veaux sujets stratégiques à personnelle qui permet de frais. Mais ce mode de fi- est une offre bien identifiée servi de point d’entrée pour MBA, c’est un an, l’avant-garde de l’enseigne- passer un cap. C’est une pé- nancement dépend aussi du par les entreprises du secteur. un autre horizon profession- voire plus, où votre ment managérial. « Le QS riode de transition où l’on secteur d’activité et de la Elles ne se trompent pas sur nel. Il a été très utile en ma-
vie privée en prend un sérieux coup. De même que le por- tefeuille de votre entreprise- mécène, ou vos propres de- niers. Pourtant, pas de quoi décourager les candidats : une étude du GMAC (Gra- duate Management Admis- sion Council) annonce qu’en 2015 ces programmes rece- vront 12% de demandes sup- plémentaires. Il faut dire que les employeurs les plébis- citent : ils sont 72% à se dire satisfaits de ces diplô- més, contre 41% seulement pour les masters in mana- gement. Pourquoi un tel en- gouement ?
TopMBA.com Jobs and Sa- lary Trends Report montre que les employeurs sont sa- tisfaits des compétences tech- niques dispensées lors d’un
note des changements no- toires dans son comportement entre l’entrée et la sortie du programme », précise Jeanine Picard, responsable des pro-
taille de l’entreprise, comme en atteste la dernière étude en date réalisée par QS (voir Observatoire RH& Forma- tion).
les attentes nourries au sujet d’un profil diplômé d’un MBA qui sort de notre école », analyse Jeanine Picard.
tière de développement de carrière et d’expertise pro- fessionnelle en m’apprenant comment capitaliser sur le passé et comprendre quelles compétences ajouter pour performer sur un nouveau poste et un nouveau marché. Dans le luxe, un MBA n’est qu’une étape qui valorise l’expérience passée et le ré- seau. C’est un très bon point d’entrée dans une nouvelle communauté », témoigne Ma- ria Charueva, ancienne en- seignante en économie à l’Ecole de construction civile de Moscou, alumnus du MBA de HEC et ancienne cadre du bijoutier Lalique. « Toutefois, il y a un fossé entre la qualité académique du MBA et ce qui peut en être utilisé dans une entreprise qui a ses propres probléma- tiques business, très spéci- fiques. Le MBA ne donne pas tous les outils stratégiques », pondère Laurent Bonnier. Autrement dit, l’expansion géographique, l’obsession client ou encore la priorité de croissance sont autant de points trop peu abordés dans ces programmes managé- riaux, selon le cabinet inter- national d’accompagnement au changement. Et ce dernier de conclure : « Des sociétés telles que Sanofi, L’Oréal, Saint-Gobain, Airbus ou Dell nous font confiance et nous sommes désormais capables de mesurer l’impact moné- taire de nos programmes de formation, chose que ne font pas les business schools. Mais nous ne possédons pas l’aura des grandes écoles en matière de valorisation. » Bien qu’inégalé en termes de ré- putation, le MBA n’en reste pas moins en concurrence forte avec ces entreprises ins- tigatrices du changement stra-
UN GÉNÉRALISTE DU BUSINESS
« Historiquement, la formule du MBA a été créée pour des ingénieurs qui se retrou- vaient démunis à un certain stade hiérarchique, rappelle Jean Pralong, chercheur en management et enseignant du programme MBA à Neoma. Le MBA, c’est de la gestion pour les non ges- tionnaires, et cela s’adresse aux hauts potentiels souhai- tant accéder à un certain ni- veau hiérarchique. On sou- haite avant tout leur inculquer de nouveaux réflexes et de nouveaux comportements. » Cette transversalité est d’ail- leurs son principal atout. Et si toutes les autres offres de formation continue intègrent bien cette notion, c’est de manière plus modeste. « C’est avoir en un an un panorama du business et la compré- hension de phénomènes qui n’appartiennent pas à votre métier, dans un cadre intel- lectuel très riche », ajoute Laurent Bonnier, directeur associé chez StratX, société d’accompagnement au chan- gement. Outre cet enseigne- ment généraliste, les ensei- gnants des business schools prospectent aussi de nou-
« Essayons de nous fixer un objectif intermédiaire avec de nous attacher à « conquérir le monde connu »
Pour Bubacar Diallo, actuel participant au MBA dispensé par l’école de commerce Au- dencia Nantes, et ancien res- ponsable commercial d’un groupe bancaire international, le plus gros effort fut d’ap- prendre à collaborer en contexte multi-culturel, mal- gré son premier vécu pro- fessionnel : « Chacun amène une expérience culturelle, so- ciale et professionnelle dif- férente. Ce mélange des genres crée une confrontation positive et amène à changer sa manière de travailler en- semble et de s’adresser aux personnes. On ne fait pas un MBA pour gagner une com- pétence en particulier, mais pour y être challengé et s’ou- vrir. » Une autre raison ? Changer de métier et de sec- teur d’activité, tout en partant à l’abordage d’un nouveau marché international. Ce cas de figure correspond surtout aux profils internationaux dé- sireux de venir travailler pour un groupe français. Le schéma le plus courant consiste à valider un MBA français et de concrétiser son MBA tricolore par un stage au sein d’une entreprise fran- çaise, sésame pour une filiale
MBA. Mais la prévalence du Big data, par exemple, met au goût du jour « l’evidence- based management ». Il im- porte donc que les MBA in- tègrent cette nouvelle com- pétence de gestion, en lien avec l’utilisation des données », note Mansoor Iqbal, jour- naliste de l’équipe QS.
grammes MBA de l’ESSEC. Mansoor Iqbal souligne d’ail- leurs que « les entreprises accordent autant d’impor- tance aux soft skills qu’aux compétences techniques. En particulier en matière de communication, de relation- nel, de stratégie et de lea-
En outre, pour ce qui concerne le recrutement, toutes les entreprises ne sont pas aussi sensibles aux charmes des titulaires du pré- cieux sésame : en 2014, celles qui comptent plus de 250 sa- lariés représentent les deux tiers des sociétés qui recrutent
LES ENTREPRISES CONQUISES
Pour les participants, l’avan- tage décisif d’un MBA réside aussi dans la prise de recul par rapport aux premières armes professionnelles qu’ils ont jusque là acquises au cours de leur carrière, tout en préparant l’avenir avec une meilleure connaissance desoi.«LeMBAestunepé- riode de forte remise en cause
Le MBA est une période de forte remise en cause personnelle
.
PASSER UN CAP
dership ». L’enjeu est d’ail- leurs si important pour cer- tains employeurs qu’ils n’hé- sitent pas, souvent, à payer eux-mêmes à leurs meilleurs éléments ces programmes pourtant très onéreux. Et ce en dépit du risque de la fuite des talents formés à grands
à ce niveau de diplôme. Et ou une succursale à l’étranger sur la scène mondiale, l’Eu- de la maison mère française. rope demeure le second mar- En d’autres termes, le MBA ché de recrutement, avec 19% incarne un vecteur d’inter- des emplois pourvus. « Dans nationalisation des marques certaines entreprises, le profil françaises ou de grandes en- MBA est bien connu, dans treprises étrangères qui sou- d’autres moins. Notre MBA haitent conquérir le marché Luxury Brand par exemple hexagonal. « Le MBA m’a
tégique des entreprises.
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FÉVRIER 2015
Geoffroy Framery


































































































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