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n°17
RH & FORMATION Réseaux et influence - Association Progrès du Management (Apm)
Décryptage d'un groupement ou cercle en particulier, de son dynamisme et de sa capacité à favoriser le networking
Ecole de chefs
Le réseau de clubs de chefs d’entreprise Apm, mi-ateliers de formation mi-club de réflexion entre pairs, devient une oxygé- nation vitale pour les décisionnaires. Enquête.
«L
au temps court avec Twit- ter, les alertes, l’agilité exigée au sein de leur en- treprise, et il est bon, une fois par mois, de prendre une pause... », énonce Fré- déric Rey-Millet, dirigeant fondateur d’Ethik Consul- ting, animateur du club Apm Paris Invalides Ma- nagement 3.0. Ainsi les hommes d’affaires mem- bres de ce club laissent chaque mois une case vide dans leur agenda, celle d’un mercredi après-midi. Ils se retrouvent entre pairs pour échanger des idées, apprendre d’autres univers, parfaire leur culture sur des enjeux majeurs en écoutant un expert, et par ricochet faire progresser durablement leur entre- prise. Ces réunions indé- pendantes et apolitiques, comme l’a voulu le fon- dateur Pierre Bellon, se veulent empruntes d’un es- prit entrepreneurial. « L’Apm m’a donné l’oc- casion d’animer un mou- vement de plusieurs mil- liers d’entrepreneurs qui, par essence, sont indépen- dants, turbulents, innova- teurs, décapants », déclare- t-il. Les experts invités pour parler leadership, prise de décision rapide, politique internationale... ne passent pas des heures à débiter leur discours. « Les questions et échanges fusent au bout de cinq mi- nutes, entre des gens qui ne sont pas dans une atti- tude passive d’apprentis- sage », décrit Frédéric Rey- Millet dont la spécificité de son club tient à la vo- lonté collective de chan- gement du management (d’où l’ajout « management 3.0 »). L’organisation compte aujourd’hui dans ses rangs 6500 dirigeants francophones, 333 clubs, 350 experts dans 20 pays.
es dirigeants sont sans cesse soumis
sonnes qui ne sont pas n°1 dans leur société. Des cri- tères visant à donner confiance et à libérer la parole. La langue de bois n’est pas de rigueur pour ces chefs d’entreprise, de dix à 50 salariés en région parisienne, de 50 à 1500 en Province. Car il s’agit d’être énergiques et proac- tifs pour ces membres qui paient 3200 euros HT à l’année, pouvant passer cette somme sur les frais de formation. Pour ceux qui n’en ont pas assez, il existe aussi des extra-clubs, regroupant par exemple les clubs d’une même région, pour notamment des voyages d’études avec un expert en Turquie, en Chine... Il faut aussi ajou- ter le congrès national qui a lieu tous les deux ans et qui regroupe 4000 per- sonnes. « Nous nous de- vons de proposer des contenus utiles et intéres- sants. Le président élu par ses pairs fait remonter les demandes, et l’animateur que je suis consulte le fi- chier d’experts Apm (350). Une référente pédagogique m’aide à y voir plus clair. Par exemple nous comp- tons une dizaine d’inter- venants sur le leadership », décrit Frédéric Rey-Millet, qui sait que les besoins diffèrent selon les groupes. « Mon club compte des membres de 40 ans en moyenne, surdiplômés et évoluant dans le tertiaire quand les membres Apm ont en moyenne 49 ans et évoluent plutôt dans l’in- dustrie. » Une mécanique bien huilée donc, qui ré- pond aux attentes de « for- mation continue » des chefs d’entreprise, et qui tend à
Julien Tarby
« C’est bien beau de papoter entre pairs à n’en plus finir. Mais quand est-ce qu’on commande des sushis ? »
OBJECTIFS DIVERS
à apprendre », explicite Christian Barqui, Président de l’Apm. Ceux qui pous- sent la porte d’un des clubs cherchent aussi à rompre l’éternel isolement du di- rigeant. « Chacun de ces
d’un par arrondissement dans la capitale, je n’ai pas éprouvé de difficultés à trouver de nouveaux membres. En période d’in- certitude, il est intéressant d’échanger avec les pairs
secteur. Ceux qui outre- passent cette règle cassent l’effet de communauté d’apprentissage, car les gens, si leurs concurrents sont dans la salle, ne vont pas parler librement des
Le but est pédagogique tout d’abord. « Les ren- contres doivent permettre à nos adhérents d’identifier et d’approfondir les défis qui les attendent, à titre
La mécanique bien huilée, qui répond aux attentes de « formation continue » des chefs d’entreprise, tend maintenant à s’internationaliser.
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FÉVRIER 2015
entreprises : les nouvelles formes d’organisation, la posture et les valeurs du dirigeant, la gouvernance ou la nécessité d’apprendre
et stimulant », ajoute Chris- tian Barqui. D’où le succès rencontré. « J’ai créé le club en septembre 2014. Même s’il en existe plus
faires seront conclues, mais cela restera très anecdo- tique, puisque le club ne peut compter qu’un seul représentant de chaque
personnel comme profes- moments leur offre l’op- sur du temps long », illustre problèmes rencontrés avec sionnel. Nous les incitons portunité d’apprendre des Frédéric Rey-Millet. Enfin leurs salariés ou leur as- à bûcher sur des domaines échecs et des réussites des la question du networking socié », précise Frédéric que nous estimons essen- autres et de se ressourcer et du business se pose. Rey-Millet.
s’internationaliser.
tiels à la pérennité de leurs dans un climat convivial « Peut-être à terme des af-
UNE DYNAMIQUE ENTRETENUE
Un club ne peut dépasser les 25 membres, et accueil- lir plus de 30% de per-

