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n°17
CLUB ENTREPRENDRE Business guides - Marché du MICE (Meeting, Incentive, Convention & Events) Innovation frugale ?
L Frappéparlacrise,lemarchéduMICEpliemaisneromptpas.Pourséduire,lesentreprisess’efforcent de surprendre favorablement leurs salariés ou clients à moindre coût.
a morosité ambiante n’a pas épargné le secteur. Ainsi, les dépenses des entreprises françaises et étrangères établies en France ont été réduites, d'après la dernière enquête de Coach Om- nium, une agence spécialisée dans les études de marché en matière de tourisme et d’hôtellerie,
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de 5,2% en 2014 par rapport à 2013. Pour autant, les salariés ou les clients invités, toujours aussi 1 Dépenses en berne
emballés par le concept (presque neuf participants sur dix sont enthousiastes à l’idée de partir en séminaire) auraient tort de s’inquiéter : pas question de revenir aux années 80 où la salle de réunion aux néons blafards et à la moquette fadasse semblait un univers indépassable. L’air du temps est à l’atypique : les organisateurs redoublent d’effort pour proposer des séminaires dans des lieux origi- naux. L’important est de casser la routine, marquer les esprits sans pour autant tomber dans le bling- bling – une faute de goût eu égard au contexte économique. Ainsi, les séminaires aux quatre coins du monde ou dans des endroits fastueux sont devenus rares.. Les réunions professionnelles restent davantage dans l’Hexagone, afin de faire des économies et de réduire les distances d’acheminement vers les lieux de séminaires et de conventions. Une aubaine pour les régions françaises qui redoublent d’efforts pour séduire les entreprises. A l’image de l’Auvergne ou de la Corse, la plupart des offices de tourisme se sont dotés de sites Internet de nouvelle génération proposant des offres « clés en main » compétitives. Qu’il se déroule sous la nef du Grand Palais ou dans un tipi perdu au fond d’une forêt du Cantal, le séminaire se doit d’être gagnant-gagnant pour l’entreprise et ses invités.
Types de séminaires
2
6 Appart’hôtels
3 Lieux de séminaires
4 Destinations en vogue
5 Compagnies aériennes
JFiction:Damned,encoreraté!
Chronique d’un séminaire où rien ne s’est passé comme prévu, l’organisateur ayant négligé des points essentiels
Pierre-Jean Lepagnot
et business class
7 L’astuce de la plateforme
ean Jegu en parle encore. Lui, le chef d’entre- prise exemplaire d’une PME en croissance, aussi soucieux du bien-être de ses salariés qu’al-
nel, les salariés ont l’impression d’être délaissés. Ils ne s’impliqueront pas lors du séminaire, à l’inverse de ceux à qui l’on offre des prestations originales. » De prestation atypique, il n’y en pas eu. Entre deux séances de boulot dans une des multiples salles de conférence de l’hôtel, les salariés avaient à peine le temps de visiter un musée, d’approcher Central Parc ou de faire du lèche-vitrine. Après deux jours de réu- nions entre employés cotonneux pour cause de dé- calage horaire, le constat fut sans appel. Non seulement les invités n’ont tiré aucune satisfaction personnelle de ce voyage, mais surtout rien retenu du discours du président 2 .
lergique à l’échec, a raté l’organisation de son pre- mier séminaire. Pourtant, il croyait bien faire. Mais par manque de temps, de connaissance du marché et peut-être aussi en raison de sa méfiance envers les agences spécialisées toujours promptes, selon lui, à vous faire dépenser plus, l’aventure a tourné au fiasco. Un comble, compte tenu de l’ampleur du projet : convier l’intégralité de ses salariés, soit 25 personnes, à New York pour trois jours et deux nuits. Avec le recul, il se rappelle que les premiers ennuis sont vite survenus, dès l’aéroport de Roissy. Par souci d’économie, il a confié la négociation du sé- minaire au service achats de l’entreprise. « Un ache- teur négocie fermement un budget. Or un prestataire contribue grandement au succès ou à l’échec d’une prestation : personne n’a donc intérêt à tirer trop fortement les budgets vers le bas, car le prestataire se rattrapera nécessairement d’une manière ou d’une autre », explique Mark Watkins, président- fondateur de Coach Omnium. Première erreur : le prestataire a donné rendez-vous aux salariés à l’aé- roport. Résultat : une minorité d’entre eux s’est of- fert le taxi, sans oublier d’en exiger le remboursement devant le tapis à bagage tandis que les autres sont arrivés transpirants et stressés après un périple en transports en commun, valises à la main, maudissant la mauvaise organisation du sémi- naire. Et si ces désagréments furent vites relégués au second plan par la perspective d’un vol long- courrier, la première heure dans la cabine de la com- pagnie low-cost a réveillé l’esprit critique des invités : confort jugé sommaire, personnel en nombre insuffisant et surtout, consommations payantes 5 .
Le séminaire idéal rêvé par le président prenait une tournure assez sympa
Heureusement, se disait-il, la mauvaise humeur des salariés se dissipera à la découverte du palace sélec- tionné pour l’occasion. Que nenni ! Devant la ma- jesté du hall, l’épaisseur de la moquette et surtout le prix de la chambre de cet hôtel sans charme parti- culier d’une grande chaîne internationale, plusieurs collaborateurs ont rapidement mis en perspective le coût du séminaire avec l’absence de revalorisation salariale et le refus du patron d’octroyer toute aug- mentation et prime. Une fois encore, les mots de la consultante en événementielle résonnèrent dans sa tête. « Au vu de la conjoncture, il est mal venu d’in- viter ses clients ou ses salariés dans un hôtel au luxe ostentatoire. » De même, elle lui avait déconseillé de choisir un hôtel classique, mais prônait un endroit décalé et surprenant 3 . « Dans un hôtel tradition-
Pour cette année, Jean Jegu a changé son fusil d’épaule. Finies les odyssées aussi couteuses que lointaines pour un résultat médiocre 1 . Le dirigeant a laissé les coudées franches à une société spéciali- sée 7 afin de monter un séminaire à la hauteur de ses attentes comme de celles de ses salariés pour un prix raisonnable. « Les entreprises cherchent à sortir des lieux habituels, elles recherchent des lieux dé- tournés proposant une activité à partager pendant le séminaire et/ou un cadre original voire décalé. L’objectif est de redonner du sens à ces séminaires tout en respectant des budgets restreints », explique Valérie Ducaud, directrice Bureau des congrès- Convention Bureau Manager chez OnlyLyon 4 . « A Lyon, les sites comme MaPiece, Urban Room ou I WAY correspondent à cette attente. Les hôtels ont fait des progrès sur le registre des salles de réunion avec des concepts comme Eureka chez Novotel ou les salles de réunion de Mama Shelter. » Enfin les appart-hôtels offrent une alternative intéressante et flexible, permettant de consacrer plus de budget au reste du séjour 6 .
P-J.L.
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FÉVRIER 2015
Cahier pratique n°2 - Marché du MICE
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