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Electron libre - Frédéric Sausset CLUB ENTREPRENDRE Dans cette rubrique EcoRéseau met à l'honneur un(e) entrepreneur(e) parce qu'il (elle) a un profil atypique, parce que son entreprise
«T
weed a com- pris de suite, dès mon retour
vement annoncé que rien ne serait plus comme avant. Ja- mais et définitivement.
La suite lui appartient : « Présente à ce premier réveil, mon épouse, dans son sca- phandre stérile, m’apportait tout son amour, la première des thérapies mais, sur le coup, je n’ai rien compris car j’étais entubé, perfusé et sous l’emprise de forts calmants. C’était le 15 août 2012. J’ai tout appris en- suite : j’avais été clinique- ment mort deux fois après un coma. Les deux médecins consultés sur place, dans les Landes, avaient diagnostiqué une insolation, puis un vilain mal de dos dû au transport d’un sac trop chargé. L’égra- tignure s’était transformée en septicémie foudroyante. Seul moyen de survie : l’am- putation des quatre mem- bres-moteurs, car la gan- grène gagnait du terrain toutes les heures. J’ai de plus en plus de doutes sur les premiers diagnostics, croyez-moi ! J’ai demandé à mon épouse, qui ne pouvait pas me rendre visite plus de quinze minutes par jour, de m’apporter une grande photo d’elle et de nos deux filles (11 et 17 ans à l’époque). J’ai regardé ce cliché sans discontinuer. Il fallait que je me batte pour elles, sans sombrer. Ma famille et mes
que j’avais imaginé, j’ai voulu reconduire. Depuis juillet 2013, c’est à dire un an après seulement, je peux me déplacer seul, et aller notamment dans les sept ma- gasins de prêt-à-porter (Blois, Vendôme et Château- dun), que nous gérons avec mon épouse. Et je suis en
nage. Frédéric Sausset plai- sante : « Je lui ai laissé le créneau «natation», car on ne pouvait être deux sur le même type de compétition, avec le même handicap ». Lorsqu’il se tourne vers la compétition automobile avec l’objectif de courir au Mans en 2016, son entourage com-
vrant l’épreuve ; être capable de performances dignes de figurer dans le panel des pi- lotes, car l’épreuve mancelle s’est considérablement pro- fessionnalisée et les perfor- mances y sont indispensables ; rassembler un budget pour satisfaire aux épreuves pré- cédant la plus mythiques des
automobile du Mans, en par- tenariat avec les principales écuries d’endurance fran- çaises, OAK Racing endu- rance et ORECA. L’engin est en cours de fabrication et de montage à Magny- Cours.
La course en tête
évolue dans un secteur unique ou parce qu'il (elle) a eu l'idée de sa boîte d'une manière peu conventionnelle
Meurtri par un très grave accident de la vie, le Blésois Frédéric Sausset, gérant de boutiques de prêt-à-porter, s’est lancé un défi fou : participer aux 24 Heures du Mans en 2016.
en février 2013, que rien ne serait plus comme avant. Qu’on ne se baladerait plus ensemble. Maligne, elle a saisi, même si elle accepte que je la gronde quand elle a fait une bêtise, que je ne pourrai plus lui courir après. Elle en profite. » La chienne, berger australien, près de son maître assis dans son fauteuil, veille discrètement à sa sé- curité en jetant un œil concen- tré vers l’intrus. Blésois de naissance, Frédéric Sausset, 46 ans en février, vient de descendre de son véhicule, un fourgon en partie aménagé à l’aide d’accessoires dont il a eu l’inspiration. Car les idées ne manquent pas dans la tête de ce Geo Trouvetou qui a perdu bras et jambes après une septicémie fou- droyante en juillet 2012, juste après une simple égratignure, en pleines vacances landaises.
« Les grands pilotes valides me suivent et m’encouragent. Je suis surpris de les voir séduits par le projet SRT 41* que j’ai créé. Sébastien Loeb est venu me voir tourner au Mans. Mon épouse et nos filles aussi. Elles étaient heu- reuses pour moi. Tout n’était donc pas perdu. Maintenant, je recherche des partenaires et/ou des sponsors pour m’ai- der à mener mon rêve fou jusqu’à son terme. Une as- sociation est en cours de fi- nition, en relation avec l’ad- ministration fiscale, pour pouvoir recevoir des dons défiscalisables. Je pourrai prouver que la force de réus- sir mon projet permettra aux bien-portants d’avoir un au- tre regard sur le handicap. Valide, je pratiquais le foo- ting, le VTT, le hand, l’athlé- tisme, le ski et bien d’autres sports. Je n’avais jamais pensé à la compétition au- tomobile de haut niveau. Je peux y réussir avec l’aide de bonnes volontés si elles veulent bien me suivre. » Le défi est lancé !
« J’ai parcouru près de 50000 km depuis que j’ai pu reprendre le volant. C’est différent des émotions res- senties avec ma sportive de l’époque, mais ça m’a rendu une partie de mon autonomie et ça me permet de préparer au mieux les 24 Heures du Mans. » Car en juin 2016, Frédéric Sausset s’élancera pour la course mythique au volant d’un prototype LMP2, dans des conditions iden- tiques à celles des pilotes professionnels.
Frédéric Sausset à côté d’une Audi aménagée, sur le circuit des 24 Heures du Mans
SORTIE DE PISTE
Ce Géo Trouvetou a aménagé sa voiture avec des accessoires de son cru
DERNIÈRE LIGNE DROITE
2015 pointe déjà le bout de son nez et une autre course a commencé pour trouver plusieurs millions d’euros afin de participer aux sept épreuves V2V en Europe (Dijon, Le Castelet, Barce- lone, Portugal, Italie...). Ce sera au volant d’une Ligier équipée de tout un système mis au point par Frédéric Sausset lui-même, avec des spécialistes de l’ingénierie
.
Car, même s’il sait que la route sera longue, le pilote n’a que ce but, en cible et ligne de mire. Une route dont le dynamique quadra a déjà parcouru plusieurs étapes de- puis son réveil à Tours quand, après un long coma, il a vu apparaître quatre médecins « masqués » dans le cadre éblouissant du plafond blanc de sa chambre d’hôpital sté- rile. Les toubibs lui ont gra-
très proches amis de toujours pas encore en vigueur et ne dossier « pas simple ». m’ont accompagné dans « l’est toujours pas, d’ailleurs. Le Blésois rencontre ensuite ma reconstruction ». Grâce Comme j’avais aussi vu le les cadres de l’Automobile au contrat de protection fa- film «Intouchables» qui club de l’Ouest (ACO) au miliale souscrit auprès de m’avait frappé... » Mans. Vincent Beaumesnil, ma compagnie d’assurances son directeur sportif, ne ferme
tions...
AXA, j’ai pu préparer mon retour à domicile en équipant celui-ci ainsi que mon véhi- cule. Dès mes premiers tests de conduite sur le parking de mon entreprise avec le véhicule équipé du système
NOUVEAU DÉPART
paslaporte:«Cenesera pas facile, je ne vous le cache pas, mais je ne dis pas non, de suite ». Avant d’énoncer trois conditions : obtenir l’ac- cord du reste du bureau de l’ACO et des médecins cou-
contact permanent par In- ternet et/ou téléphone avec leurs responsables. Comme si j’avais eu un pressentiment, je les avais tous équipés en accès par/pour des handi- capés, alors que la loi n’était
mence par croire à une lubie passagère. Nenni. Contacté, le pilote régional Christophe Tinseau, 11 participations au Mans, qui est aussi un proche, s’exclame « Ah, la vache ! » avant de se pencher sur ce
courses automobiles du monde.
Les premiers essais au Mans sur une Audi spécialement aménagée ont permis au néo- pilote de signer un tour en 2,04 minutes. Un rythme loin d’être ridicule face aux 2,02 de celui qui sera son copilote, Christophe Tinseau.
Un dernier mot ? « Le han- dicap me permet un luxe in- croyable que j’utilise volon- tiers : c’est de dire aux cons qu’ils le sont, et, parfois, cela fait du bien ! » Trouvant que l’entretien tire en lon- gueur, Tweed nous fait com- prendre qu’il faut stopper l’interview. Avant de devenir trop con dans nos ques-
Par la suite, il sympathise avec le nageur Philippe Crou- zon, qui a réussi l’exploit en 2010 d’être le premier am- puté des quatre membres à traverser la Manche à la
Richard Ode
*Sausset Racing Team 41 - 41000 Villebarou ou www.srt41.com
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