Page 33 - EcoRéseau n°17
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n°17
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International - Pays ayant réussi à se désendetter dans l’histoire PANORAMA Focus sur un pays ou sur une problématique qui concerne plusieurs pays et interpelle la rédaction,
Régime minceur
S Impossible désendettement ? Pas si sûr ! La preuve, certains de nos voisins y sont parvenus, non sans peines.
choisi en toute subjectivité
ortir de la spirale de de la liste des ajustements Paul Chollet. On comprend à 4,1%. De quoi faire perdre la dette : beaucoup budgétaires réussis. Pour le pourquoi le Royaume-Uni au pays son triple A.
de pays occidentaux Canada, le bilan s’avère n’a prévu un retour à « Si d’autres petits pays eu-
en rêvent, mais peu savent plus mitigé depuis la crise l’équilibre que pour 2018 ! ropéens essaient d’être
vraiment comment s’y pren- dre. La France en tête, qui affiche, rappelons-le, une dette publique de plus de... 95% ! Pourtant, certains membres de l’OCDE ont déjà su se distinguer par le passé, via des mesures tantôt modérées tantôt « coup de poing », propres à réduire les déficits budgétaires. Avec à la clé, des résultats plus ou moins fructueux.
de 2008, avec une dette publique passée de 70% à 88% du PIB. Alors que le tour de force de la Suède est précisément d’avoir su se désendetter en pleine période de récession !
D’ici là, un programme plus ambitieux est attendu, il de- vrait être au cœur des élec- tions législatives de 2015. Car pour l’instant, le pays dispose d’une marge de manœuvre bien plus limitée que d’autres voisins eu- ropéens. Comme la Suède, dont la dette privée élevée (255% contre 191% outre- Manche), et la montée du chômage sont compensées par un faible déficit public. « Résultat : si Stockholm
proactifs pour réduire la dette, tels que la République Tchèque, l’Estonie, ou l’Ir- lande, qui ont dynamisé leur économie via un impôt sur les sociétés très bas », sou- ligne Norbert Gaillard, leurs résultats sont loin d’être convaincants. Idem pour les pays africains (Tanzanie, Sénégal...), traditionnelle- ment très endettés : si cer- tains sont parvenus à un ni- veau « acceptable » d’en- dettement, à l’instar du Ca-
A L’ASSAUT DE L’ETAT PROVIDENCE : CARTON PLEIN POUR LA SUÈDE !
Dans la série des traitements de choc, impossible de faire l’impasse sur les cures d’austérité menées par la Suède ou encore le Canada dans les années 90. « Choc pétrolier, concurrence des pays asiatiques, éclatement de la bulle immobilière, au- tant de facteurs qui ont af- fecté la plupart des économies occidentales, le Canada en tête, mais aussi la Suède dont la fin du mod- èle était alors préconisée », détaille Norbert Gaillard, économiste et consultant in- dépendant, en rappelant que l’Etat scandinave, devenu « obèse » affichait une dette colossale culminant à près de 80% en 1995. Au Cana- da, elle atteignait 100% du PIB ! Leur prise de con- science est venue, au moins pour partie, de la perte de leur triple A. De quoi inciter les gouvernements à em- ployer les grands moyens pour revoir de A à Z leur Etat Providence. Réduction du nombre de fonction- naires, coupes dans les dépenses de santé et d’éd- ucation, réforme des re- traites, baisse de l’impôt sur les sociétés et hausse des taxes : Stockholm s’est ainsi lancé à marche forcée dans le redressement du
ROYAUME-UNI :
DES « MESURETTES » EN DEMI-TEINTE
Voilà un pays qui doit sortir l’artillerie lourde pour as- sainir ses comptes publics après les ajustements déjà
Suède, Pays-Bas et Royaume-Uni ont réussi leur diète
PAYS BAS : PEUT MIEUX FAIRE !
« Avec une dette de 70% du PIB, les Pays-Bas ne respectaient pas en 1997 le critère de Maastricht relatif à l’endettement public, fixé à 60%, précise Norbert Gail- lard. Mais le pays a su re- dresser ses comptes publics en dégageant, jusqu’en 2008, des excédents budgé- taires primaires. » En dépit de modestes ajustements, gel des salaires des fonc- tionnaires, hausse des taxes, etc., ou portant sur le marché du travail et le système des retraites, le déficit des Pays Bas dérape depuis la crise. Ainsi, la dette publique grimpe à 73,5% en 2013, tandis que le déficit public s’est établi en 2012
pays. « Démarche encore plus drastique pour Ottawa, qui a aussi mis l’accent sur une plus grande autonomie des régions », indique Alexandra Estiot, écono- miste chez BNP Paribas. Autant de mesures libérales qui ont, in fine, porté leurs fruits, aidées par une con- joncture économique alors plus favorable qu’aujour- d’hui. « Le Canada pouvant, de plus, s’appuyer sur ses fortes matières premières et le dynamisme de son voisin américain », précise cette dernière.
pays ? Disposer d’un véri- table consensus politique autour de cette libéralisation. « Par exemple, en Suède, la droite comme la gauche ont mené ces vastes ré- formes ensemble, tout en étant soutenues par la ma- jorité de l’opinion alors prête à remettre en cause certains acquis », indique Paul Chollet, économiste à la Coface. Résultat, en mis- ant sur un modèle social moins généreux, la Suède afficheaujourd’huiunedette publique de... 42% ! On comprend pourquoi le pays occupe la première place
u tissu
L’autre gros atout des deux
commelaSuède,a. de PME et de grands comptes comparable au nô- tre, relève, plus encore, du bon sens. D’autant que nos deux nations partagent une même préoccupation fon- damentale : réformer leur Etat Providence, sans pour autant le dénaturer.
La Suède et la France partagent une même préoccupation : réformer leur Etat Providence, sans le dénaturer
houleux opérés sous Thatch- er dans les années 80 (pri- vatisations, flexibilité du travail,...). En effet, avec la crise de 2008, et la nécessité de sauver son système ban- caire hypertrophié, le Roy- aume-Uni a vu sa dette publique passer de 40 à 90% ! De quoi faire grimper le déficit public à 10% du PIB!«Depuis,ilaétéré- duit de moitié grâce à une série de petites mesures : hausse de la TVA en 2011, réduction des allocations familiales, gel des salaires des fonctionnaires... », développe Catherine Stephan, économiste chez BNP Paribas. Bien que les détracteurs des politiques d’austérité estiment que le pays a poussé la démarche trop loin, le résultat final est loin d’être explosif. « Malgré une croissance prévue à 3%, le déficit pub- lic est bloqué à 5%. Alors qu’en France, nous avons certes une croissance moin- dre, stable à 0,4%, mais elle suffit à maintenir notre déficit à un niveau inférieur, autour de 4% », analyse
peut se permettre de dé- ployer des politiques de re- lance budgétaire, comme ce fut le cas en 2012, au Royaume-Uni, cela reste exclu tant que son double fardeau, une dette publique et privée importante, per- sistera », développe Paul Chollet.
meroun (dette autour de 20%), en intégrant le PPTE (Initiative Pays Pauvres très endettés), il est bien sûr dif- ficile pour un grand pays européen comme la France de s’inspirer de tels modèles. La clé consiste à se référer aux bonnes pratiques des pays économiquement proches du nôtre. Comme la Corée du Sud qui a dopé ses recettes en favorisant la R&D de ses entreprises à fort potentiel. Et pour cause : le levier « innova- tion » sied largement à un pays comme la France doté d’un écosystème efficace en la matière. S’inspirer d’un grand pays de l’OCDE
Charles Cohen
FÉVRIER 2015
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