Page 82 - EcoRéseau n°16
P. 82
www.ecoreseau.fr
n°16
ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Air du temps - Gastronomie en clubs
Vin, foie gras, chocolat et relations
Les clubs réunissant des amoureux de la table n’ont jamais autant eu la cote auprès des entrepreneurs et dirigeants. La gastronomie française sera-t-elle à l’avenir une valeur refuge créatrice de lien social ?
e saumon, le foie gras, Structure Relationnelle, Em- qua non, au contraire du rela- ont toujours été des lieux de le cassoulet, le fromage, manuel Lazega analyse le phé- tionnel. Il est peu coûteux en rencontre. Dans les faits, per- le chocolat... De plus nomène différemment : « Tout temps et en argent d’entretenir sonne ne peut empêcher les
en plus de produits estampillés ceci n’est pas très nouveau. Les son carnet d’adresses ainsi, il membres de faire des affaires
« gastronomie française » pos- sèdent leurs cercles d’amateurs, qui se regroupent, se fédèrent et organisent des évènements autour de leur passion commune. « On estime qu’il y a une dizaine de clubs qui se créent autour de la nourriture ou des spiritueux chaque mois en France », note Alain Marty, président du Wine & Business Club et auteur du Guide du Networking, Clubs et Réseaux d’influence. Si les Français ont ordinairement la culture de l’association type 1901, l’intérêt de ces derniers pour la gastronomie et les pro- duits du terroir va croissant, au point d’inciter les puristes à monter des structures « offi- cielles » qui servent de lieu d’échange, mais aussi parfois de dégustation. « Quand on passe sa vie à faire des réunions ou à travailler dans un bureau, on aime s’évader. Or, le plaisir du palais vaut celui de l’esprit », avance Jacques Pessis, pré- sident du Club des Croqueurs de Chocolat. Sociologue et au- teur de Réseaux Sociaux et
cercles et clubs ont toujours existé. L’objet du club ? Il n’a pas toujours d’importance et sert parfois de prétexte. Ce qui compte, c’est de pouvoir se re- grouper pour entretenir son ca- pital relationnel. Et si possible, en se faisant plaisir. »
suffit d’apprendre à parler de vin ou de foie gras... », ose Emmanuel Lazega. « Il arrive parfois que des membres sym- pathisent et se mettent à déve- lopper des opportunités de bu- siness ensemble par la suite, même si ce n’est pas l’objet premier du club », confirme Jean-Marc Bellier, directeur du club de la maison du whisky. Problème, en façade, les clubs cherchent à tout prix à se dé- barrasser de cette étiquette de lieu de rencontre d’affaires qui leur colle à la peau. Certains font même la guerre aux renards du réseautage. « Nous menons des enquêtes sur les aspirants membres pour vérifier que c’est bien l’objet de notre club qui les anime et les intéresse. Ils sont également soumis à un test pour vérifier leur degré de connaissance en matière de chocolat. Ceux qui viennent uniquement pour faire du busi- ness sont mal vus et sont sus- ceptibles d’être exclus du club », relate ainsi Jacques Pessis. « Ils disent tous cela, mais les clubs
entre eux », lui répond Emma- nuel Lazega.
Tout serait donc une affaire de subtilité. Lors de son inscription au sein d’un club, mieux vaut en effet ne pas avoir comme unique ambition de décrocher un nouveau poste ou de nouer un partenariat commercial. « Il faut être passionné par l’objet même du cercle avant tout. D’autant que certains sont très élitistes et imposent aux futurs adhérents un vrai examen d’en- trée. Je pense notamment au Club des 100. L’idée, c’est d’en- tretenir une relation amicale. Une fois que l’on a sympathisé,
LA CUISINE
EST À LA MODE
Il n’empêche que la tendance actuelle veut que la table fasse office de dénominateur commun à beaucoup de cercles nouvel- lement créés. La raison ? La cuisine n’a jamais été autant à la mode en France. « Les émis- sions de télé autour de la table sont légion, nous sommes à une époque où les chefs étoilés sont de plus en plus starifiés. Les médias ont su doper l’intérêt des Français pour la “bonne bouffe”. De même, si la consom- mation de vin a globalement diminué, on boit mieux qu’au- trefois, du vin de meilleure qua- lité, notamment chez les 25-30 ans », détaille Alain Marty. Bien que certains clubs se van-
A quoi bon s’y adonner seulement pendant les fêtes de fin d’année ?
tent d’avoir une base de mem- bres sociologiquement hétéro- gène, tant en termes d’âge que de milieu social, c’est surtout chez les cadres et dirigeants d’entreprise que le phénomène a pris de l’ampleur. Deux ex- plications à cela ; la première étant bien évidemment d’ordre financier. Saumon, whisky, ca- viar... les produits qui rassem- blent leur lot de puristes sont en général des produits de luxe. La cotisation pour intégrer le club de la maison du whisky s’élève par exemple à 250 euros à l’année... « Même quand vous faites partie d’un club de cassoulet ou de choucroute, lorsqu’il y a une sortie au res-
Gastronomie
La Bûche Magie de Noël
La Mère de Famille est la plus an- cienne chocolaterie de Paris, fondée en 1761. La boutique vaut le coup d’œil, avec sa devanture d’époque, ses vieux comptoirs en bois et son sol carrelé. Assez exceptionnelle, la bûche glacée au caramel et chocolat sur un lit croustil- lant de noisettes et streusel, coque en chocolat noir « si-
gnature » 68%, bonnet et bottes en pâte d’amande.
www.lameredefamille.com
Faire le tour du monde avec Kaviari
Pour les fêtes, Kaviari nous transporte aux quatre coins du monde avec le coffret « trio de Noel » en série limitée contenant trois caviars. De la Russie évoquant le faste des tables de tsars au fleuve Amour en Chine où se plaisent les esturgeons en passant par les montagnes des Apennins en Italie, vous vivrez une expérience gustative rare. Les
écrins contiennent chacun 10 grammes de caviar provenant de trois variétés d’esturgeons : le caviar transmontanus (esturgeon blanc), le caviar osciè- tre (esturgeon russe) et le le caviar kristal® (estur-
geon amour)
www.kaviari.fr
taurant organisée, il faut avoir 50 euros à y consacrer. Tout le monde ne peut pas se le per- mettre », souligne Alain Marty.
LE RÉSEAU,
UNE AFFAIRE DE SUBTILITÉ
Ensuite, les cadres et décision- naires voient en ces cercles res- treints un bon moyen de nouer des relations et d’étendre leur réseau tout en se faisant plaisir, en sortant du cadre strictement professionnel. « Le fait est que de nos jours, les gens deviennent de plus en plus stratégiques. Pour obtenir un poste ou signer un contrat, les qualifications ne sont plus la condition sine
vient éventuellement le te. de discuter d’une collaboration professionnelle, mais pas avant », explique Alain Marty. Avis aux CSP+ en quête d’un club pour booster leur liste de contacts : penser à échanger à propos de ses goûts en matière de nourriture avant d’échanger son numéro de téléphone.
Marc Hervez
mps
De doux écrins pour la perle noire
Pour la fin d’année, Caviar Kaspia fait appel à la Maison Carpenet et lance quatre écrins à caviar élégants et inédits. Clins d’œil aux ori- gines de Kaspia, ces Matriochkas sont symboles de famille et de fertilité et honorent la rareté et l’exception du caviar de la maison Kaspia. Ces poupées russes sont de véritables bijoux faits-main, ornés d‘émail noir, dessinés à l’or fin et sertis d’un
fermoir en laiton doré.
www.caviarkaspia.com
Les 2 Marmottes se réinventent !
Voilà des mois que la haute-savoie est
en ébullition... La marque de tisanes et thés, chère aux amateurs d’authen-
ticité et de goût, fait peau neuve : une refonte totale respectueuse des valeurs
d’une marque française qui défend la nature et le natu- rel pour des produits d’exception. Une promesse que l’on vit au quotidien grâce à cette collection de tisanes et de thés 100% plantes, 100% authentique.
www.les2marmottes.fr
Pâtissier, leçons de gourmandise
Imaginez un Baba qui prend des airs de Mo-
jito, un Paris Brest qui se présente comme un
éclair, un flan gourmand au délicat mille-
feuille...Le pâtissier-chocolatier Sébastien
Bouillet vous fait partager son univers en le rendant accessible à tous. Découvrez 50 recettes de gâteaux classiques revisités au goût du jour mais aussi des créations plus originales. Préfaces de Pierre Hermé et de Christophe Michalak.
Monbana, créations
Made in France depuis 1934
Depuis ses débuts, Monbana privilé- gie les meilleures matières premières : chocolat 100 % pur beurre de cacao, sans huile de palme, ingrédients pre- mium provenant principalement de Côte d’Ivoire et d’Amérique du Sud. Les recettes sont imaginées en
Mayenne et en Bretagne, par une équipe de passionnés du chocolat. Monbana propose aujourd’hui 6 univers gour- mands pour plus de 250 références !
www.monbana.com
82 DÉC. / JANV.

