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RH & FORMATION Carrières & Talents - MBA, EMBA, Masters, MSc Tropisme asiatique
LLes écoles de commerce françaises ne dupliquent plus leurs formations en Asie, elles les globalisent
ogique de Hub and souligne Jean Michel Blan- spoke (réseau en quer, Directeur Général de étoile) de l’enseigne- l’ESSEC.
ment supérieur, développe- ment de l’inter-continentalité académique de haut niveau, campus français en Asie... Les logiques de déploiement des business schools fran- çaises ne visent pas seulement à la rentabilité de nouvelles formations ni à l’exploration de nouveaux marchés. Elles aspirent à faire de ces an- crages locaux de nouveaux piliers dans l’enseignement du business, qui se veut dés- ormais global.
UN CHOIX DE CARRIÈRE À LA CARTE
Les écoles peuvent également engager des initiatives qui dépassent le cadre des écoles : Neoma Business School a ainsi lancé le premier Institut Confucius « Business » de France. « Les premiers contrats en DIF ont vu ré- cemment le jour dans le cadre de l’Institut avec des entre- prises haut-normandes par- tenaires. Et en Chine, nous poursuivons les rencontres avec les entreprises chinoises pour de nouvelles opportu- nités de formations. Néoma développe son partenariat avec Nankai située à Nanjin, troisième ville chinoise, afin de pourvoir cette institution de nouvelles formations exé- cutives », explique Céline Davesnes, DGA des pro- grammes chez Néoma. Cette polarisation mondiale des for- mations favorise bien évi- demment les échanges et ou- vre certaines possibilités de carrière : « Nos anciens de moins de 28 ans évoquent la prise de postes à responsa- bilité seulement accessible à des managers senior de 50 ans en Europe », évoque Cé- line Davesnes. Mais seule une poignée de Français par- ticipe à ces formations de hautvolenAsie:20%dela cohorte de l’EMBA de Kedge, par exemple, est composé de personnes qui n’ont pas la nationalité chinoise, dont à peine quelques Français. La demande de formation se calque davantage sur le dé- veloppement économique chi- nois à forte dominante in- dustrielle. « Les participants
LA CHINE COMME TÊTE DE PONT
L’Empire du Milieu demeure le premier terrain de chasse des écoles françaises. En Chine, on peut dénombrer 44 instituts de coopération sino-étrangère et 700 pro- grammes de formation toutes nationalités confondues (l’etudiant.fr). Selon les moyens et la force des liens tissés, le déploiement prend alors des formes diverses : un bureau de représentation pour GEM, Sup de Co La Rochelle ou l’Iéseg BS, un institut Franco-chinois à Suzhou pour le triumvirat que forment Kedge BS, Montpellier III et Paris IV. Un campus enfin pour Skema BS également à Suz- hou, ou à Shanghai pour l’EM Lyon. De même pour l’ESSEC à Singapour et Té- lécom Ecole de management avec la Lanzhou University. Aucune école n’y échappe. Toutes considèrent l’Asie comme un moyen d’inter- nationaliser les cursus. Pour choyer les dirigeants, HEC a ainsi décidé de délivrer des Executives mastères à Shanghai et Pékin en part time tout comme Neoma adresse aux top managers son DBA (Doctorate in Bu- siness Administration) avec la fameuse université de Jiaotong. L’EM Lyon, elle, reste fidèle à son ADN en ayant développé une offre de formation dédiée à l’en- trepreneuriat international, avec le Global entrepreneur- ship program. Les différents
Pas mal d’idées lors du brainstorming organisé au sein d’un MBA sino-français
modes de représentation en terre asiatique témoignent également du glissement d’une logique de « mère à fille » à une relation de « sœur à sœur » entre les écoles de commerce fran- çaises et les établissements chinois. Autrement dit, d’une volonté de duplication et de délocalisation des forma- tions, les business schools cherchent davantage à glo- baliser leurs formations. « Nous avons développé une offre de MBA part-time avec l’université de Jiaotong qui s’adresse aux cadres d’en-
un facteur de succès pour les formations s’adressant aux dirigeants.
les relations avec l’Inde le Japon, Taiwan, etc. Notre stratégie évolue d’une volonté d’internationalisation à une stratégie de globalisation », précise Tugrul Atamer, Vice- Dean for Global Affairs à l’EM Lyon. L’innovation ma- jeure réside dans le passage d’une logique de partenariat de point à point à des schémas de type « hub and spoke » avec dans certains cas, des campus off-shore pour amé- liorer la capacité d’agir des grandes écoles. La stratégie en « hub » permet ainsi de privilégier des échanges en
« glocale » – le local connecté au global – et non plus seg- mentée par les marchés de l’enseignement. Dans le cadre de l’EDHEC Risk-Institute, par exemple, les campus de Singapour et de Londres ac- cueillent ainsi des étudiants et managers au sein d’un pro- gramme dispensé en alter- nance, le MSc in Risk & In- vestment Management. Tou- jours dans cette même op- tique, un nouveau partenariat avec Sun Yat-sen University (Chine et Taïwan) établit une nouvelle tête de pont pour Neoma vers l’Asie du Sud
L’ASIE, NOUVEAU HUB DE LA FORMATION
Le potentiel asiatique s’il- lustre donc par le succès des formules tri-continentales, comme en atteste le dernier palmarès des EMBA tenu par le Financial Times (cf. baromètre). Le but de ces formations globales revient à asseoir des programmes sur plusieurs sites de renom- mée internationale, et de
Les écoles françaises passent en terre asiatique d’une logique de « mère à fille » à une relation de « sœur à sœur »
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treprise. Il s’agissait du même programme que sa version française, à la dif- férence que le recrutement et l’organisation s’opèrent à Shanghai », explique Mi- chel Gutsatz, associate dean & MBA director chez Kedge. Dans l’élan de ce programme et du partenariat avec Jiaotong, l’Executive MBA a été créé en 2010. Cette année, la formation exécutive a intégré le top 30 du classement des EMBA selon le Financial Times (cf. baromètre). Une réussite qui fait de l’inter-continentalité
avec les établissements
connecter ces différents tem- ples académiques pour abou- tir à des apprentissages sur mesure où le choix des ma- jeures et des électifs autori- seront une visite systémique des différents continents, se- lon l’expertise en lien avec le dynamisme économique de la « city-region ». Phéno- mène que l’on retrouve d’ail- leurs dans les programmes ad hoc des grandes écoles destinées aux multinatio- nales. « C’est à partir de la Chine que nous traitons l’Asie. D’autres pro- grammes viennent structurer
étoile autour d’un nœud géo- graphique ou s’organisent le choix des destinations selon l’école ou l’université et la majeure qu’elle dispense. Cette logique permet donc de desservir des marchés d’enseignement secondaires dont les flux ne justifient pas d’ancrage direct à l’échelle internationale ou interconti- nentale. Outil de massifica- tion et de convergence des savoirs, ces plateformes per- mettent de multiplier les des- tinations de formation. On s’inscrit dans cette optique dans une volonté de desserte
Est. L’année scolaire 2014- 2015 annoncera aussi l’arri- vée d’un nouveau campus à Singapour pour l’ESSEC. « Notre BBA deviendra global à compter de la rentrée 2015. Nous voulons faire de l’ES- SEC une institution multipo- laire, qui se caractérisera par une pensée différenciée à la fois locale et globale, passant par un recrutement académique scientifique et une pédagogie différents. No- tre objectif est d’être ancré dans dix villes stratégiques en Asie et de constituer un hub à partir de Singapour »,
e multi-
proviennentaussid. nationales européennes ou américaines. C’est dans ce type de structure que le besoin d’un MBA se fait ressentir. Mais aujourd’hui, la demande émane de l’industrie, et de plus en plus des entreprises d’Etat chinoises », rapporte le doyen de Kedge.
Geoffroy Framery

