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A la Une - Guerre européenne des “silicon valleys” CLUB ENTREPRENDRE
france pour accompagner les entreprises accueillies dans les incubateurs labellisés « Paris Innovation ») bénéfi- cient de l’hébergement, d’un coaching (marketing, fiscalité, recrutement...), de confé- rences à thème avec des pro- fessionnels, ainsi que du sou- tien de grands partenaires : Air France, Galeries Lafayette ou Aéroports de Paris. Parmi les heureux élus, des sociétés comme Sejourning (créée sur le modèle d’Airbnb), Bnbsit- ter (services aux proprié- taires), Darjeelin (réservation de billet d’avion), Marin d’eau douce (location de ba- teaux électrique sans per- mis)... « D’autres projets vont voir le jour comme l’in- cubateur sur le sport au stade Jean Boin, qui rejoindra un réseau déjà bien étoffé d’in- cubateurs sectoriels, confie Jean-Louis Missika, avec par exemple Creatis (pour les entrepreneurs culturels) au théâtre de la Gaité Lyrique, le Labo de l’édition dans le 5e arrondissement, l’incuba- teur Boucicaut spécialisé dans l’aéronautique, Paris biotech santé à l’hôpital Co- chin, la Ruche spécialisé dans l’économie sociale et soli- daire, Paris Pionnières pour les femmes créatrices de start-up... » Le maillage pa- risien pour l’accompagne- ment des start-up est ainsi d’une rare densité, avec au total à ce jour une quarantaine d’incubateurs, une vingtaine publics et autant d’accéléra- teurs privés, principalement dans le secteur de l’innova- tion numérique. Premier du genre, le Camping a par exemple été créé en 2011 par l’association d’aide aux start- up Silicon Sentier, bientôt suivi par The Family (créé en mars 2013 par Alice Za- gury, ancienne directrice du Camping), 50 Partners, Do- joboost, le Start Up Leader- ship Program, Nextstars, Petit Poucet... Dernier né l’Usine IO, un FabLab qui a ouvert ses portes début octobre à quelques mètres de la Halle Freyssinet : 1500m2 d’ateliers dédiés à la conception, au prototypage produit et à l’in- dustrialisation pour aider les start-up à concrétiser leurs projets avec conseils, enca- drement et aide à la décision à l’appui. Une abondance et une grande dispersion qui ne nuisent pas à l’efficacité de l’écosystème parisien, estime Jean-Louis Missika, selon qui « tout Paris est un grand quartier numérique ». A la
différence de Londres, où la Tech City largement média- tisée accueille selon l’élu pa- risien beaucoup de sociétés de communication et de re- lations publiques et peu de start-up technologiques.
sept étages entièrement dédié aux start-up, installé au cœur de la Tech City londonienne en mars 2012. Au sous-sol, le café « Central Working » est un centre névralgique où se rencontrent jeunes entre- preneurs et investisseurs. Dans les étages de vastes es- paces de co-working loués à des start-up. Londres peut également compter sur le soutien du gouvernement bri- tannique, dont la politique fiscale encourage les start- up à y élire domicile.
de la finance londonienne. « Ce qui est intéressant en fait avec les traders de la City, c’est qu’ils sont basés vraiment juste à côté de la Tech City et qu’ils connais- sent très bien le monde du digital. Headoo [...] a réussi à lever 300000 livres sterling de fonds [près de 400000 euros, ndlr] en moins d’une semaine pour s’installer à Londres », expliquait ainsi en juillet dernier Maia Fon- taine sur les ondes de BFM. L’expatriée confiait alors que
l’élue socialiste qui avançait le nombre de 1800 entreprises créées, contre 1200 à Lon- dres. Quant à Berlin, Jean- Louis Missika ne semble pas non plus craindre sa concur- rence, estimant que la capitale allemande doit d’abord s’im- poser devant ses rivales d’ou- tre-Rhin comme Munich, Francfort ou Hambourg.
125 millions d’euros à la grande satisfaction de Berlin Partner, l’agence de déve- loppement de la capitale al- lemande. Comme à Londres ou Paris, la conquête des start-up passe aussi à Berlin par la multiplication des struc- tures d’accompagnement, in- cubateurs et accélérateurs. Dernière en date, « the Fac- tory », inaugurée cet été. Une ancienne distillerie située sur le tracé de l’ancien mur de Berlin, transformée en cam- pus dédié aux nouvelles tech- nologies : 16000m2 de surface de travail pour héberger une vingtaine de jeunes pousses, sous le parrainage de Google. Le géant américain (dont le siège social en Allemagne est à Hambourg et le centre technique à Munich) a alloué un million d’euros d’aides financières à la structure sur les trois prochaines années pour prendre pied sur le mar- ché berlinois des start-up que son P-Dg, Eric Schmidt, juge prometteur. D’autres grands groupes sont également actifs, comme Microsoft qui a ou- vert cet été un Accélérateur à Berlin après ceux de Seattle, Tel Aviv, Pékin, Bangalore, Londres et Paris. « La capi- tale allemande a de grosses start-up qui ont réussi et qui représentent un exemple à suivre », explique Florent Quinti, comme les services de musique en ligne Sound-
ICI LONDRES....
L’éternelle rivale a elle aussi multiplié ces dernières années les dispositifs d’accompa- gnement des start-up, en ci- blant notamment les jeunes pousses françaises pour tenter de les capturer dans ses filets.
LA SÉDUCTION BERLINOISE
Pourtant la capitale allemande est devenue depuis la chute
La Tech City londonienne accueille beaucoup de sociétés de communication et de relations publiques, et un peu moins
Londres, qui avait déjà séduit il y vingt ans les traders fran- çais, déroule à présent le tapis rouge aux geeks tricolores, conquise par la réputation d’excellence technologique des « frenchies ». Comme à Paris les incubateurs et ac- célérateurs se multiplient : exemple, le « Level 39 », spécialisé dans les start-up
de start-up technologiques
du Mur un centre d’attraction fort pour les jeunes créateurs européens de start-up. La ville est convoitée par la gé- nération des digital natives, grâce à ses loyers modérés, son cadre de vie agréable, son espace, sa vie culturelle et artistique intense et son cosmopolitisme. Florent Quinti et Karl Schaeffler, co- fondateurs de la start-up Olea- Park (service de networking pour les évènements), ont ainsi choisi Berlin en 2011 après avoir été sélectionnés dans la saison 2 du Camping à Paris. Ils y sont restés un
L’agence mi-publique mi- privée de promotion des in- vestissements étrangers au Royaume-Uni, « UK Trade and Investment », met ainsi en avant les généreux crédits d’impôts octroyés aux busi- ness angels (30000 euros pour 100000 euros d’inves- tissements) et les taxes sur les plus-values à la revente
Headoo partageait ses locaux avec « des entreprises qui viennent du Canada, du Viet- nam, de la Chine, d’Italie... Ils sont aussi venus à Londres parce qu’ils ont trouvé des financements assez rapide- ment et assez facilement. Nous sommes tous arrivés dans les trois derniers mois », ajoutait Maia Fontaine, qui
Les anciens appâts servant à attirer le startupper ne suffisent plus...
an. Les atouts de la capitale allemande selon Florent Quinti : la faiblesse des loyers pour habiter et pour travailler, et plus globalement le coût de la vie plus bas qu’à Paris, mais également l’intérêt plus marqué des fonds d’inves- tissements et des busines an- gels pour les projets en in- cubation. « La taille des deux écosystèmes de Paris et Ber- lin est identique à mon avis, confie Florent Quinti, au- jourd’hui revenu en France après l’arrêt de OleaPark. Mais les start-up, qui entre parenthèses sont souvent sué- doises, ont plus de facilité à se faire financer à Berlin », estime Florent Quinti. En 2013, Berlin a d’ailleurs concentré la moitié du capi- tal-risque investi en Alle- magne, avec un peu plus de
cloud et Spotify, ou l’éditeur de jeux vidéo Wooga. « Mais J’ai vu des projets beaucoup plus innovants à Paris... Il subsiste encore beaucoup d’e-commerce et de copycats à Berlin ! » Un domaine dans lequel la ville s’est effecti- vement imposée depuis deux ans, avec en particulier quatre incubateurs : Project A Ven- tures, Springstar, Team Eu-
financières, récemment im- planté au cœur de Canary Wharf, au bord de la Tamise, où les bureaux se louent en- viron 300 livres (381 euros) par mois. L’objectif de Lon- dres : faire naître « la Silicon Valley » européenne, espère son maire Boris Johnson qui mise pour cela notamment sur la fameuse «Tech City ». Ce quartier qui rayonne à deux pas du centre financier, a « pouponné » par exemple les créateurs de Candy Crush. Le « campus Google » en est son emblème. Un bâti- ment en briques rouges de
d’une start-up (entre 18 et 28% contre 23 à 62% en France). Et ça marche ! La start-up française Headoo (di- gitalisation des points de vente) a par exemple installé cette année une antenne à Londres pour déployer son logiciel de mesure d’impact d’évènements via les réseaux sociaux. Point de chute : Tech City, choisie pour sa concen- tration d’entreprises du Web et du digital, selon Maia Fon- taine, country manager de la jeune pousse hexagonale, et pour la proximité avec la City, le centre névralgique
soulignait : « Il y a énormé- ment d’entraide entre nous : nous nous conseillons beau- coup sur les bons plans, les endroits où aller faire des évènements de networking ». Cet activisme londonien laisse pourtant les Parisiens sceptiques. En six ans la ville de Paris a apporté pas moins de 1 milliard d’euros d’aides aux start-up, affirmait au prin- temps dernier durant la cam- pagne des municipales la fu- ture maire Anne Hildago. « Nous sommes devant Londres en termes de création de start-up », insistait même
à
Il subsiste encore beaucoup d'e-commerce et de copycats à Berlin !
rope et Rocket Internet. l’origine du succès du site de vente en ligne Zalando (premier site de e-commerce européen dans le domaine de la mode). Rocket Internet et Zalando, évaluées respec- tivement à 5,6 et 6,7 milliards d’euros, viennent d’ailleurs de s’introduire en Bourse.
Philippe Flamand
DéC. / JANV.
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