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n°14
RH & FORMATION Carrières & Talents - MBA
France vs reste du monde
DLes formations françaises sont-elles différentes des autres ? Participants comme recruteurs font la différence, selon plusieurs critères. Passage en revue.
ans un marché UN MARCHÉ néral, 1000 personnes par- Français ne sont pas la na- nière de sortir de l’ethno- sionnel résidant en Europe globalisé où RESTREINT ticipent à un MBA chaque tionalité la plus représentée centrisme d’affaires », pré- de faire 6000 km pour faire chaque business ENCOURAGEANT année toutes écoles confon- au sein des promotions qui cise Alon Rozen, doyen à un MBA de qualité. Ces
school tente de tirer son L’INTERNATIONALI- dues », recense Bernard comptent des participants l’Ecole nationale des Ponts formations poussées sont
épingle du jeu, les MBA recouvrent des conditions de formations et un passe- port à l’employabilité de qualité variable selon les établissements. Malgré des innovations manifestes et des regards tournés vers des enjeux globalisés, les formations européennes, et françaises en particulier, accusent un certain retard pour faire jeu égal avec les meilleures formations mon- diales. En attestent, les der- niers classements du Fi- nancial Times qui ne re- censent que trop peu d’écoles hexagonales voire même européennes dans le haut de leurs classements, exceptions faites des HEC, INSEAD, GEM (Grenoble Ecole de Management), EDHEC, EM Lyon ou en- core Audencia. Les histo- riques MBA nord-améri- cains continuent donc de truster les premières places dans un marché où l’hori- zon semble s’éclaircir. Car après un pic de candida- tures en 2009 motivé par un repositionnement des cadres dans un contexte de crise économique, l’afflux a ralenti en raison de la frilosité des managers à quitter leur emploi et à cou- rir le risque de faire un MBA sur un marché des cadres qui s’est progressi- vement tendu. Cette réces- sion du marché des MBA du printemps 2011 à l’hiver 2014 semble doucement s’inverser, et l’on observe depuis quelques mois une légère reprise. Tendance qui n’est cependant pas à l’œuvre chez toutes les Bu- siness schools euro- péennes. Quel chemin reste-t-il à parcourir aux écoles françaises pour tenir tête aux formations les mieux cotées ? Etat des lieux de leurs forces et de leur propension à attirer sans cesse des profils internationaux.
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SATION
Garrette, directeur du MBA de HEC. Verre à moitié plein, car le marché restreint devient une qualité lorsqu’il
venant de 40 à 50 pays dif- férents à HEC. Un peu moins d’une vingtaine à l’Audencia. Entre 20 et 30
et Chaussées (ENPC). Il n’empêche que la compo- sition des effectifs influence les politiques de recrutement
plus internationalisées en Europe. Les business schools américaines des- servent avant tout un mar- ché local. Et pour les écoles de milieu de tableau, on souligne que la grande ma- jorité de leur apprenants sont originaires de l’Etat dans lequel elles sont im- plantées », analyse Bernard Garrette. De même avec le personnel enseignant. Le système de recrutement d’enseignants visiteurs, va- cataires ou résidents, à l’œuvre dans les formations françaises, permet un bras- sage des compétences plus intense. Leur taille, modeste au regard des universités américaines, leur autorise également plus de facilités pour s’adapter aux exi- gences des postes de gestion à l’image de l’évolution du curriculum de HEC implé- menté en à peine une année, afin de mieux coller au monde du recrutement. L’ENPC possède de son côté une formule qui convainc par la flexibilité de ses formations, avec un MBA comportant de nom- breux électifs permettant de se façonner un pro- gramme presque sur-me- sure.
Voir le verre à moitié vide ou le considérer à moitié plein. En matière de marché
Depuis qu'il a obtenu son MBA français, Tom a discrètement redécoré son poste de travail...
des MBA, le Vieux Conti- s’agit de s’intéresser au mul- pour la plupart des business nent peut s’envisager de ticulturalisme d’affaires et schools françaises. Des pro- deux façons. Verre à moitié aux cohortes toujours plus fils variés qui font la ri- vide, car contrairement au internationalisés assises sur chesse du MBA, formation
avec d’un côté, des écoles françaises désireuses d’at- tirer plus de talents locaux et de l’autre des MBA amé- ricains envieux de nos co- hortes multiculturelles.
« Les meilleures écoles françaises font aussi un ex- cellent travail, année après année, pour trouver des emplois bien rémunérés dès après l’obtention du di- plôme », ajoute Louis La- velle, éditeur chez TopMBA.com. Côté spé- cialisations, le bon goût français ne serait pas qu’un cliché en matière de for- mation de pointe, mais vé- ritablement un atout pour les MBA tels celui de l’ES- SEC spécialisé dans l’hô- tellerie ou d’autres dédiés au luxe. Car une des plus- values indiscutables des écoles tricolores réside dans l’accent porté sur les dif- férents aspects stratégiques du luxe : merchandising,
Contrairement au marché américain, le marché de la vieille Europe est restreint
FORMATIONS PLUS GLOBALES, BON GOÛT ET TISSU D’ENTREPRISES CONCERNÉES
marché américain, celui de l’Europe est restreint. « En France, le marché local est assez réduit. En règle gé-
les bancs des écoles fran- çaises. Le multiculturalisme d’affaires est la règle, tout simplement parce que les
où l’on apprend autant de ses pairs que des ensei- gnants recrutés dans le monde entier. « Une ma-
« En matière de coût d’op- portunité, il n’est pas né- cessaire pour un profes-
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