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n°13
R& F
H ORMATION Carrières & Talents - Relations internationales des Écoles


Les vertus de L’Oncle Sam







Le rêve américain existe toujours bel et bien. En tout cas, c'est ce que pensent les écoles de commerce 

en matière de formation continue. Entre élargissement et approfondissement, les relations nouées par les

différentes écoles françaises avec les universités américaines diffèrent. Mais toutes tendent vers un 

objectif commun : faire « traverser la mare », à un maximum d'Américains, de Français et d'Asiatiques, 

Dou autrement dit faire connaître leurs ouailles comme venant d’établissements de renom.




ans la langue de Jack institutionnels favorisant la globale de la création d’en- sa version Trium. Si les com- sachussets Institute of Tech- expérience en immersion dans 
Kerouac, « To cross mobilité des étudiants et en- treprise », analyse Patrice pétences visées permettent à nology) nous a consultés pour un univers culturel différent, 
the pond » – littéra- courageant la formation conti- Houdayer. Le poids toujours leurs participants de voyager intégrer un dispositif qui se de très haut niveau », note
lement traverser la mare – nue. « Première école à signer prépondérant des universités dans le monde entier, le cam- déroule selon plusieurs volets François Collin. Positionne-
e
désigne quelqu’un ou quelque des accords de double di- américaines sur la scène mon- pus de New York est l’occa- de compétences en France, ment différent pour Skema, 
plôme durant les années 1970, sion d’avoir une réelle expé- aux Etats-Unis et en Chine la seule institution péda- 
chose dont la notoriété aurait diale de l’enseignement su- », « e
traversé l’océan Atlantique. l’EM Lyon a cultivé des re- périeur n’est en rien étranger rience terrain en matière de précise François Collin. La gogique d’origine étrangère 
Les Daft Punk l’ont fait. Pas lations internationales in- au phénomène. D’autant que finances et de stratégie, deux pareille avec LVMH qui a ayant eu l’autorisation de dé- 
Johnny. Luc Besson égale- times, notamment avec la Bu- pour de nombreuses écoles disciplines qui font la répu- confié sa « purchasing aca- livrer des lettres d’invitation 
ment et non Claude Zidi. Pari siness School de Perdue pour françaises, le pays demeure tation mondiale de l’établis- demy » depuis deux ans à à ses étudiants pour obtenir 
également réussi pour Skema, aboutir au Global Entrepre-
la première destination au
sement », souligne François Kedge, dont la réputation un visa d’études auprès des 
HEC, Kedge ou encore l’EM Collin, directeur international n’est plus à faire dans la dis- autorités compétentes. Gros 
Lyon tandis que d’autres à HEC. Dans cette optique, cipline. Hors programmes point fort de l’institution au 
écoles françaises plus mo- HEC voyage, entre autres, sur-mesure, les liens noués regard des difficultés actuelles 
destes peinent à se construire au Boston Collège pour sa entre business schools et en- pour rester sur le sol améri- 
une réputation. Comment semaine de l’entrepreneuriat
treprises sont ténus. Le mot
cain lors des phases de re-

« obtenir sa green card » pour 
Séduire puis hameçonner l'entreprise
le pays de l’Oncle Sam pour s
une business school ? Et  internationale sur le territoire de la
quelles évolutions noter dans 
les relations franco-améri-  bannière étoilée, et enfin l'associer aux
caines dans un contexte où 
le Vieux Continent est dés- 
ormais tiraillé entre l’Asie,  programmes d'envergure mondiale.
l’Amérique Latine et le conti- 
nent Nord-américain ? Quatre  Stratégie classique
grandes écoles témoignent de 

leur expérience outre-Atlan- 
tique.
LE-U, ou emmène ses cadres en d’ordre : mettre les partici- cherche d’emploi », met en 
ES TATSNISquête de leadership à l’uni- pants en situation d’immer- avant Pascal Vidal, Directeur 
PREMIER TERRAIN versité de Phoenix, connue sion lors de missions d’audit des programmes undergra- 
DE CHASSE DES ?
mondialement dans ce do- qui trouveront un véritable duate et postgraduate et mem- 
COMPÉTENCES maine. Un tour des métro- écho chez des entreprises de bre du comité de direction 
poles nord-américaines qui renom : « Nous pratiquons de Skema. Le campus amé- « Le point essentiel est de 
devient donc l’apanage du ainsi le diagnostic et le conseil ricain présente aussi un autre considérer le monde comme 
top des business schools fran- stratégique pour des entre- avantage de taille : celui de un ensemble de possibilités, 
prises locales ou françaises, de partenariats et de déve- 
çaises. Kedge, par exemple, mutualiser les services carrière 
avec son global MBA, auto- mais implantées aux Etats- et stages. « Les étudiants sont loppements. De nombreuses 
rise aussi des destinations de Unis. SNCF, Wysips ou encore ainsi formés pour trouver un universités américaines vou- 
choix à l’image des Wash- Universal Studios, autant de job aux Etats-Unis et inver- lant ainsi s’ouvrir à l’inter- 
ington DC Brookins Univer- noms qui ont accueilli en leur sement. D’autant que les mé- national recherchent des par- 
sity, Rollins College de Flo- sein des participants du global canismes de recrutement dif- tenaires en Europe et en 
ride et Sonoma University MBA de notre école », ex- fèrent. 28% des diplômés de Asie », exprime Patrice Hou- 
en Californie,...
plique Françoise Lassalle- notre école commencent ainsi dayer, directeur général dé- 
Cottin, Directrice Pro- leur vie professionnelle à légué en charge des pro- 
grammes Dirigeants et Ma- l’étranger », détaille Pascal grammes masters à l’EM FAIRE DU PIED AUX 
nagers à Kedge.
Vidal. Soit, à titre d’exemple, Lyon. Pour les entreprises ENTREPRISES 

1200 diplômés pour HEC,
désireuses d’optimiser leurs AMÉRICAINES
D- 
talents, les relations franco- Séduire puis hameçonner l’en- ES DYNAMIQUES REprésents sur la côte

surtout
américaines se tissent donc treprise internationale sur le LATIONNELLES

Est et en particulier à New
au fil d’un réseau d’appren- territoire de la bannière étoilée QUI DIFFÈRENT
 . York, deuxième foyer
tissage international qui mu- et enfin l’associer aux pro- « Nous n’avons pas de cam-  d’alumni après Londres. Une
tualise les compétences entre grammes d’envergure mon- pus car nous pensons qu’il ̀ manière d’améliorer l’em-
universités et écoles de com- diale : une dynamique deve- sera plus profitable aux étu- "Vous ai-je dit que notre Ecole cultivait des partenariats treśŕ ployabilité des talents sur le
merce, en particulier en ma- nue monnaie courante pour diants et à leur carrière d’al-  forts avec des Universit am icaines ?" territoire américain, qui en
tière de formations exécutives. les écoles de commerce fran- ler sur les campus de Yale  ferait presque oublier son sys-
neurship Program, formation
palmarès des échanges inter-
En d’autres termes, le choix çaises. « L’entreprise Porsche, ou de Stanford plutôt que de  tème de santé chez les ex- qui attire des Nord-Améri- nationaux. « Depuis 12 ans,
de destinations s’opère en vivement intéressée par le se rendre dans un HEC re-  pats’... cains, des Asiatiques mais nous mettons ainsi en œuvre

fonction des réseaux d’en- discours sur l’innovation et produit à l’étranger. Les par-  également des Européens sou- des programmes tels que
seignants et de partenariats
la technologie du MIT (Mas-
ticipants doivent vivre une
 haitant avoir une approche l’Executive MBA ou encore

Geoffroy Framery
S2014
70 EPTEMBRE 


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