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Grand Angle - spécial Brésil ANORAMA
Français ont la critique fa- chie, ne disant jamais à les lignes, ne rechignent Ils ont connu l’hyperinfla- prises comme les hommes Décathlon ou Leroy Merlin
Nous regardons en leur chef qu’il fait fausse pas à la tâche, ne se limi-
cile. « tion et s’empressent donc occidentaux doivent accep- se sont imposés en se fon-
priorité ce qui ne va pas », route... Avec pour corol- tent pas à leur fiche de de consommer. « Autant de ter de « se tropicaliser », dant dans le paysage. Mes-
ironise Yaelle Boquet, di- laire une prise d’initiative
poste et s’inscrivent facile-
traits positifs, combinés au
sous peine d’échec cuisant.
sage reçu cinq sur cinq pour
rectrice trésorerie chez Car- , qui mal-
EmmanuelGuinet
refour Brésil. La brusquerie Mieux vaut passer par la phase de compliments avant
gré les dissuasions de son
directe du manager aboutit .
entourage, s’est lancé dans
donc généralement au pire
une autre aventure avec
deux associés : une nou- d’aborder les aspects qui fâchent
velle société qui propose
une prestations de e-com-
merce et de logistique à de
réduite à la portion ment dans des projets fait que ce pays émergent
grandes marques étrangères ». EDF, après avoir racheté
comme Ray-Ban.
congrue », déplore Johann Guidés par une foi en l’ave- présente des retard dans de Light dans la distribution
Wasserer. Enfin la rigueur nir, à la limite de l’insou- nombreux domaines, qui d’électricité, a dû se retirer
n’est pas leur point fort, des ciance parfois, les sont autant d’opportunités au bout de deux ans à peine
frictions surviennent donc à Brésiliens sont des consom- pour les entrepreneurs », sans jamais avoir pu impo-
cause de l’exigence occi- mateurs invétérés, quelle insiste Emmanuel Guinet. ser ses process. En re-
dentale de planification et que soit leur classe sociale.
Mais pour réussir les entre-
vanche Carrefour, Casino,
de reportings précis. Les
délais dépassés et les coûts Julien Tarby
supplémentaires occasion-
nés lors des travaux pour la
Coupe du monde en sont
une triste illustration. « Ils
les finiront quoi qu’il ar-
rive, en trouvant un système
D au dernier moment. Les
gens aiment faire les choses
à la dernière minute, et ar-
rivent généralement à leurs
fins à l’aide d’une astuce.
Le « jeitinho » est un com-
portement culturel de tous
les instants en entreprise »,
soutient Yaelle Boquet.
Pour les Brésiliens le mana-
gement dans les filiales
françaises est donc direct,
difficile, assez politique.
« Ils ne supportent pas les
slides à répétition pour jus-
tifier d’une décision, se
rapprochant en cela des
Américains qui accordent
leur confiance rapide-
ment », précise Johann
Wasserer. Mais le grand
pays lusophone d’Amé-
rique latine a aussi ses
atouts.
DYNAMISME À
TOUTE ÉPREUVE
Le bon caractère spontané
des Brésiliens en fait en re-
vanche d’excellents com-
merciaux, plutôt business
friendly. Très volontaires,
ils cumulent souvent travail
et cours du soir. « L’icône
de la paresse, née de
l’image nonchalante et du
fameux « tudo bem », est à
brûler sur le bûcher des cli-
chés. Ceux-ci bénéficient de
quatre semaines de va-
cances par an, mais sou-
vent n’utilisent pas leur
scénario pour l’entreprise : quota », précise Yasmina
la bouderie du salarié qui Diouri. Volontariat et opti-
rentre dans sa coquille et misme semblent inscrits
s’en tient au strict mini- dans leurs gènes. Du pain
mum. Le conflit est rare béni pour toute entreprise
« parce que les Brésiliens comme le confirme Johann
ont généralement un res-
pect excessif pour la hiérar-
Wasserer : « Ils ont sans
cesse envie de faire bouger
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