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n°9
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LUB NTREPRENDRE Leçons de maux
Un avenir à redorer
Le groupe familial ardéchois GL Bijoux, champion français du bijou
plaqué et fantaisie, a perdu de son lustre à cause d'erreurs de gestion.
Son repreneur devra redimensionner l'entreprise et la restructurer en
Nprofondeur. Mais les perspectives sont bien là.
ul besoin de boule de en 1998 Bijoux Altesse, une « manque d’adaptation de l’en- bougé d’une once alors que le
cristal pour voir que société ardéchoise fondée par treprise aux nouvelles données marché évoluait vers le 9 carats,
l’avenir proche de GL une autre branche de la famille. du marché ». En clair : GL Bi- l’argent et les bijoux fantaisie.
Bijoux ne sera pas brillant. En plus de ses deux sites du joux est surdimensionnée. Sur « En termes de management,
Pour l’entreprise basée au Chey- Cheylard et de Saint-Martin- ce dernier point, Bernadette Pi- GL Bijoux a quitté le marché »,
lard, en Ardèche, l’époque res- de-Valamas, GL Bijoux pos- net-Cuoq est d’accord. Mais la
assène celle qui a travaillé
semble tristement à la fin d’un durant 17 ans au sein de l’en- Le marché à évolué vers
âge d’or. Le 25 mars dernier, treprise, jusqu’en 2001, en tant
le tribunal de commerce d’Au- que cadre dirigeant.
le 9 carats et l’argent
benas devait rendre sa décision Pour Pierre Bourdier, la situation
concernant la reprise du premier actuelle de GL Bijoux est le
fabricant français de bijoux pla- résultat de « tout un enchevê-
qués et fantaisie, placé en re- trement de complications ». Le sède, depuis la fin des années maire d’Accons, petite com-
dressement judiciaire le 1fé- représentant syndical pointe 1990, une filiale en Thaïlande mune ardéchoise, par ailleurs
er vrier 2013. Avec quatre offres notamment du doigt les relations qui emploie environ 500 per- présidente déléguée de l’Union
encore en lice : celles de Ber- conflictuelles entre les deux sonnes. Celle-ci n’est pas com- Française de la bijouterie, joail-
nadette Pinet-Cuoq, du fonds actionnaires familiaux, Pierre prise dans le périmètre du re-
lerie, orfèvrerie, des pierres et
Renaissance industrie, de la Legros –petit-fils du fondateur
holding financière Impala et – et sa sœur Madeleine Cho-
de la société de conseil LFC marat. Ce dernier a d’ailleurs
Partners. A l’heure où nous ré- quitté la présidence du directoire
digeons ces lignes, le délibéré de la société en janvier 2013.
n’est pas encore tombé. Une Poste auquel a été nommé Paul-
chose est certaine toutefois : Henri Cécillon, ancien président
l’affaire va se solder par une d’Habitat France, que nous
lourde casse sociale. « Quoi n’avons malheureusement pas
qu’il arrive, aucune offre ne pu joindre. « Il y avait un gros
propose moins de 200 licen- problème de gouvernance, af-
ciements, regrette Pierre Bour- firme le délégué CFTC. On
dier, délégué syndical CFTC peut toujours incriminer la crise
de l’entreprise. Quel que soit et la concurrence, mais c’était
le repreneur, c’est catastro- avant tout une histoire d’egos
phique. »
surdéveloppés. »
Stocks dans une salle high tech ultrascurise...
En effet, en dépit des différentes dressement judiciaire. L’an des perles (UFBJOP), ne par- Dans les mois qui viennent, la
améliorations des offres de re- passé, l’ensemble a généré un tage pas cette vision pessimiste survie de GL Bijoux se paiera à
prise, seuls 250 à 300 emplois chiffre d’affaires consolidé de du marché. « Le marché fran- prix d’or. Mais les perspectives
seront sauvegardés sur les 500 72 millions d’euros plombé par çais de la bijouterie est atone sont là. « Les business plans
que totalisent actuellement les 13 millions d’euros de pertes. mais il ne baisse pas, et au ni- des repreneurs potentiels mon-
deux sites français du Cheylard « Pour l’exercice 2013, les veau mondial, il est en crois- trent que, sur le papier, cela
pertes seront du même niveau sanceLa situation peut marcher
et de Saint-Martin-de-Valamas é», , insiste-t-elle. , souligne Jean-
(Ardèche). La nouvelle est d’au- estime Jean-Baptiste Coquard, de GL Bijoux n’est pas liée au Baptiste Coquard. Et rien ne
tant plus douloureuse qu’il y a collaborateur du cabinet d’ad- marché. »
nous laisse penser que ces plans
un an, un premier plan social « Eministrateurs judiciaires AJ par- soient irréalistes. » Réduction
avait déjà réduit la voilure de GOS » tenaires en charge du dossier. des effectifs, réorganisation de
150 emplois afin de mettre la SURDÉVELOPPÉS Dossier que Jean-Baptiste Co- l’outil de production, économies
masse salariale plus en adé- Selon Bernadette Pinet-Cuoq, quard qualifie volontiers de d’échelle, actions commerciales
quation avec la réalité du mar- dont le plan de reprise avait la « complexe » en raison du et prospection de nouveaux mar-
ché. Dans la région, la situation faveur des salariés avec celui nombre de candidats à la reprise, chés sont les principaux leviers
de GL Bijoux est vécue comme de Renaissance industrie, l’en- de la difficulté du marché et de qui seront mis en œuvre afin de
un véritable séisme. Le bassin treprise a avant tout souffert l’ampleur des enjeux sociaux sortir GL Bijoux de l’ornière.
d’emploi local, économique- d’un défaut de management. pour la région.
Selon Bernadette Pinet-Cuoq,
ment vulnérable, dépend es- Comment expliquer la doulou- « On a observé des erreurs ller à de-
l’entreprise doit travai
sentiellement de trois industriels reuse chute du champion hexa- stratégiques répétées et un dé- venir une plateforme de res-
: le groupe textile Chomarat, gonal du plaqué or ? « On ob- ficit de gouvernance », estime- . sources multimétiers et multi-
l’embouteilleur Perrier et GL serve une difficulté générale t-elle. Et de citer, pêle-mêle : services capable de servir des
Bijoux.
sur le marché du bijou en « Une non maîtrise des enjeux marchés variés. « Les dégâts
France avec une perte de pou- de productivité et des coûts de sont réparables, mais il faudra
voir d’achat des consommateurs production, un empilement des SURDIMENSIONNÉE
différencier les offres marketing
qui se répercute sur les segments frais de structure, une offre et développer les griffes avec Créée en 1917 par Georges
entrée et moyen de gamme commerciale et marketing qui les grandes marques comme Legros, la société GL Bijoux
comme les bijoux fantaisie », n’est plus en phase avec les Kenzo, Nina Ricci... »
est restée, depuis cette époque,
analyse Jean-Baptiste Coquard. besoins du marché... » En ré- dans le giron familial. L’entre-
Ce dernier relève à ce titre un
sumé : l’entreprise n’a pas
prise s’est agrandie en reprenant
Yann Petiteaux
A2014
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