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n°36
RH & FoRMaTIon Réseaux et influence - La noblesse française
Décryptage d'un groupement ou cercle en particulier, de son dynamisme et de sa capacité à favoriser le networking
communauté de valeurs avant tout
SLa noblesse française est une communauté où l’on se connaît, se fréquente. Les liens d’affaires viennent indirectement.
i cette communauté et malgré une identité qui fondateur de la marque à Dans la même lignée que gent ne sont pas ouvertement fait que si votre voisin pos- sait s’organiser au reste encore forte au- succès Vicomte a. : « La la chasse, le ball-trap ou évoquées, existe-t-il une en- sède un nom à particule, il sein de clubs ou d’as- jourd’hui, plusieurs nobles chasse est quelque chose de l’équitation sont des activités traide entre ces derniers n’en est pas automatique-
sociations, les affaires sont interrogés restent sceptiques très fort, on crée de vraies qui permettent aussi de se comme l’affirment certaines ment noble pour autant, les
loin d’être les sujets abordés à l’idée d’une entraide par- relations, et on y rencontre en priorité. Elles seraient ticulière quand il s’agit d’af- aussi d’autres entrepreneurs même plutôt bannies, faires. avec qui l’on échange ». comme au Jockey club, qui Mais cette activité, tradi-
retrouver. Si les rallyes, dans une autre mesure, peuvent favoriser les rencontres entre personnes de même origine
idées reçues ? « Non, per- sonne ne se sert les coudes en matière d’affaires dans la noblesse », réfute arthur de Soultrait. Si plusieurs aristocrates reconnaissent que la finance, l’immobilier ou la diplomatie sont des métiers où l’on retrouve beaucoup de noms à parti- cule, la cooptation serait plus une vue de l’esprit qu’une réalité. Dans cer- taines grandes banques cela a pu arriver, entend-t- on, mais cela n’est plus vrai- ment le cas aujourd’hui, ou alors c’est très rare. Un constat partagé par arthur de Soultrait : « Il n’y a pas, à ma connaissance, de coop- tation entre membres de la noblesse. En revanche, il est évident que certains noms favorisent l’accès à certains postes, mais c’est en raison de leur carnet d’adresses et non de leur origine sociale ». Il reste cependant vrai que le fait de partager des valeurs com- munes peut aider de manière indirecte. cela jouerait comme une garantie de com- portement moral avec qui la confiance serait plus fa- cile, mais là encore, nous dit-on, une simple particule ne permet pas d’ouvrir les portes. cela jouerait comme un plus.
quelques grands noms issus de la noblesse ayant réussi dans les affaires ne repré- sentent pas la réalité de la communauté. Près des deux tiers d’entre eux vivraient sous le seuil de pauvreté selon l’association d’en- traide à la noblesse française. Une association a justement été créée pour venir en aide aux familles issues de la noblesse les plus démunies, en attribuant des bourses d’études, en aidant à la re- cherche d’emploi ou en in- tervenant dans certains cas de chômage, accident ou autre.
« Des "cercles" d’in uence ? Ce n’est pas tout à fait notre sujet de prédilection »
UNE INITIATIVE RÉCENTE MALGRÉ TOUT
cette association, qui re- cense également les familles nobles de France, a par ail- leurs lancé cette année la première édition de son Prix Entreprendre, forte du constat qu’aujourd’hui, ap- partenir ou avoir appartenu au monde du travail est la réalité de la plupart des no- bles, comme l’indique le Président de l’association, le Duc d’Uzès, sur son site internet. Une façon de venir en aide aux jeunes nobles qui se lancent dans l’entre- preneuriat, de solliciter les grands noms aristocrates du monde des affaires et de l’économie, et de favoriser les échanges, tout en rap- pelant que les valeurs de l’entreprise restent diffé- rentes de celles de la no- blesse. Un balbutiement dans ce monde où les af- faires restent un sujet de se- cond plan. S’il y a bien un réseau inefficace en matière de business c’est bien les aristocrates, se laisse-t-on confier ! Une aide à laquelle arthur de Soultrait n’a donc pas eu recours pour bâtir le
compte près de deux tiers de ses membres issus de la noblesse française. Si les conditions d’entrée sont très strictes – il faut être coopté par les membres lors d’un vote où un vote négatif an- nule cinq votes positifs –, les affaires, tout comme la religion ou la politique, sont des sujets proscrits. Un lieu de rencontre, donc, de re- trouvailles, mais certaine- ment pas un réseau d’af- faires. En fait, à l’inverse d’autres communautés plus organisées pour favoriser le business, la noblesse fran- çaise ne ferait pas preuve d’une entraide particulière en son sein sur le sujet. Mal- gré les réseaux où se re- trouvent les nobles de la haute société contemporaine,
NOMBREUX POINTS DE CONTACTS
En revanche, si les réseaux business ne sont pas reven- diqués, il existe des moyens de se retrouver entre gens
tionnellement noble, n’est pas réservée à la seule no- blesse. on y retrouve des gens de la haute société, qui ont des valeurs communes. Si l’aristocratie y est très
sociale, là encore l’entre- soi ne s’étend pas au busi- ness. Le moteur n’est pas l’argent, mais plutôt les va- leurs de la noblesse, nous confie-t-on. Parmi les nobles
DE BEAUX ÉTENDARDS LOIN
DE LA RÉALITÉ
Si des noms à particule comme Henri de la croix de castries, augustin de Ro- manet, Geoffroy Roux de Bézieux ou encore le célèbre Baron de Rothschild se re- trouvent à la tête de grands groupes français, leur pa- tronyme n’y serait donc pas pour grand chose, au-delà de l’exigence de réussite que l’on peut retrouver dans ces milieux. Ils constituent plutôt l’arbre qui cache la forêt. En effet, au-delà du
Le fait de partager des valeurs communes peut faciliter la confiance, et donc les collaborations
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de même milieu, de même éducation ou de même pas- sion, qui favorisent les échanges en tout genre, et où le sujet des affaires peut, parmi d’autres, venir sur la table. La chasse, par exem- ple est un excellent moyen de se retrouver, comme l’ex- plique arthur de Soultrait,
présente, ce serait plutôt le mode de vie et le fait de posséder une propriété en France qui rassemble ces passionnés. Durant ces par- ties de chasse qui peuvent durer des journées entières, on partage des convictions, un art de vivre, et l’on peut également y parler affaires.
interrogés, aucun ne se sou- vient d’avoir été sollicité ou d’avoir sollicité un autre noble en faisant référence à cette racine commune pour obtenir un coup de main.
SE CONNAÎTRE, SANS SE COOPTER
Mais si les questions d’ar-
succès de Vicomte a.
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Déc. Jan. 2017
Nicolas Pagniez


































































































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