Page 74 - EcoRéseau n°35
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n°35
ArT De vIvre & PATrImoINe La Sélection culturelle
Choix culturels et artistiques de la rédaction, sans prétention aucune
Livres - BD
n Ada (d'Antoine Bello, éd. Gallimard, 2016) Policier dans la Silicon Valley, Franck Logan est chargé d'une af- faire déroutante. Conçue pour écrire des romans à l'eau de rose, une in- telligence artificielle révolutionnaire baptisée Ada a disparu de la salle hermétique où elle était enfermée. Et ce alors que ce programme infor- matique conçu par la société Turing Corp, capable de parler, de plaisan- ter, de détecter les émotions et de donner son avis était en course pour décrocher le prix Pulitzer. En proie à la pression de sa supérieure et des actionnaires de Turing Corp, Logan découvre alors les dessous du pouvoir verti- gineux de cette intelligence artificielle, au point de douter de son réel plaisir de la retrouver. Ce polar technologique interroge avec brio l'avènement annoncé du règne des ma-
Expo
chines.
Mais cette dernière, Keiko, ne lui concédera une nuit d'amour que s'il parvient à l'émouvoir avec un poème ou une histoire... Mais par laquelle commencer ? Bruno se mé- tamorphose donc en Shéhérazade. Un véritable enchante- ment. Une aventure débordant d'imagination où se rejoignent le désir, la gratitude, la justice et les rêves. Na- talio Grueso signe un superbe roman mosaïque aux récits enchâssés et nous entraîne avec poésie aux quatre coins du monde.
n J’adore la mode mais c’est tout ce que je déteste : pépiements (de Loïc Prigent, éd. Grasset, 2016) Le journaliste de mode Loïc Prigent laisse traîner son oreille dans les défilés, les backstages ou maisons de cou- ture. Créateurs, mannequins, at- tachés de presse... Tout le monde semble s’en donner à cœur joie et c’est une véritable farandole de bons mots involontaires, coups de griffes en règle, superficialités sa- voureuses. « J’ai pas encore eu le temps de le lire, mais il est génial ton magazine », « sur le manne- quin c’est une robe sirène, sur la cliente ce sera une robe baleine », « elle habite sur le Champ-de- Mars, elle a la tour Eiffel dans le salon, c’est beaucoup trop éclairé la pauvre ». Mondain, mordant et instructif sur cet univers dont on soupçonnait le vide, mais dont on se rend bien compte ici qu’il est abyssal... une dernière pour la route :
« J’ai tellement faim. Je pourrais manger ».
n « Mutations urbaines. La ville est à nous ! » (Cité des Sciences de Paris, jusqu’au 5 mars 2017)
« Chaque seconde, la population mondiale aug- mente de deux personnes. » Après 2008, année charnière où la proportion des personnes vivant en zone urbaine a dépassé la moitié de la popu- lation mondiale, l’urbanisation se poursuit.
Dans les années à venir, une multiplication et une extension des méga- lopoles et des bidonvilles sont à prévoir. Crois- sance démographique, vieillissement des popu- lations, généralisation de l’utilisation des données numériques... les écosys- tèmes particuliers que sont les villes sont en pleine transformation et présentent pour le
21ème siècle des enjeux majeurs. Pourquoi et comment se transforment les métropoles ? Telle est la question centrale posée par l’exposition. Le choix d’un découpage pédagogique en trois temps – « villes sous tension », « terre urbaine » et « devenir urbains » – permet au visiteur de bé- néficier de toutes les clés pour mieux appréhen- der les évolutions citadines des prochaines décennies.
n La Soledad (de Natalio Grueso, éd. les Presses de la Cité, 2016)
Bruno Labastide est venu s'installer à Venise, dans le quartier de Dorso- duro, au terme d'une vie bien rem- plie durant laquelle il n'a cessé de voyager. Cela fait bien un an qu'il y réside lorsque, un jour, il voit une jeune Japonaise d'une beauté stupé- fiante passer devant le café où il a ses
habitudes. C'est le coup de
foudre.
Films - eatre
n « L’Odyssée »
(de Jérôme Salle, sortie le 12 octobre)
1948. Jacques-Yves Cousteau, sa femme et ses deux fils, vivent au paradis, dans une jolie maison surplombant la mer Méditerranée. Mais Cousteau ne rêve que d’aventure. Grâce à son invention, un scaphandre auto- nome qui permet de respirer sous l’eau, il a découvert un nou- veau monde. Désor- mais, ce monde, il veut l’explorer. Et pour ça, il est prêt à tout sacrifier. Il en- traîne son épouse et ses deux fils dans une aventure qui durera plu- sieurs décennies. A bord de La Calypso, il part à la découverte des océans et de la vie sous-marine... Biopic, l’éternel retour ! Jérôme Salle dresse le por- trait d’un homme obsessionnel, ambigu, et dirige une « brochette » d’acteurs plutôt convaincants : Lambert Wilson dans le rôle de Cousteau, Pierre
Niney, Audrey Tautou...
n Miss Pérégrine et les enfants particuliers
Adaptation du livre de l'auteur américain Ransom Riggs publié en 2012, le dernier Tim Burton met en scène Jacob, 16 ans, bercé par les histoires d'un orphelinat au Pays de Galles que lui racontait son grand-père. Assistant au meurtre de son grand père par une créature étrange, l'adolescent convainc ses parents de le mener à l'orphelinat pour découvrir le fin mot de l'histoire. Sans le savoir, Jacob s'engage dans une boucle temporelle et arrive dans ce fameux orphelinat durant la Seconde Guerre mondiale. La directrice, Miss Peregrine, campée par une Eva Green, étonnante en marâtre british fumeuse de pipe - est chargée de protéger une tripotée d'enfants plus extraordinaires les uns que les autres d'un danger imminent...
Ce film tombe à pic en cette fin d'année et nous rappelle le charme anglais suranné qui transpire dans la littérature d'après guerre de Tolkien et de Lewis.
Bref, un film à la croisée de Harry Potter et de Nar- nia qui mêle réel et fantastique, contexte histo- rique et actuel, gentils adolescents contre méchants charismatiques – Samuel L Jackson fait office de grand méchant loup drôlatique -,... Le tout agrémenté par une histoire d'amour tout aussi fraîche et juvénile. Certainement, la pro- chaine saga pour adolescents. Et un bon film fa- milial si le dimanche est à la pluie et au feu de cheminée.
Miss Peregrine et les enfants particuliers, film réa- lisé par Tim Burton, 2016
n Venise n’est pas en Italie
Emile a quinze ans. Il vit à Montargis, entre un père doux-dingue et une mère qui lui teint les cheveux en blond depuis tou- jours, parce que, paraît-il, il est plus beau comme ça. Quand
la fille qui lui plaît
plus que tout l’in-
vite à Venise pour
les vacances, il est
fou de joie. Seul
problème, ses pa-
rents décident de
l’accompagner en
caravane... Adapté
de son propre
roman, l’auteur et
metteur en scène
Ivan Calbérac nous
convie à un formi-
dable voyage, entre humour et émotion. Thomas Solivérès, unique acteur de cette pièce hors norme porte à bout de bras une douzaine de personnages dans près de 80 décors imaginaires. On est séduit du début à la fin. Epoustouflant ! www.theatredesbeliersparisiens.com
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Novembre 2016


































































































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