Page 60 - EcoRéseau n°35
P. 60
www.ecoreseau.fr
n°35
STrATéGIe & INNovATIoN NUmérIQUe Décryptage - De l'utilité du chatbot en 2016
L'occasion pour EcoRéseau Business d'expliciter en détails le sujet principal de Stratégie & Innovation Numérique
F antasme... Dans le film « Her », Théo- dore Twombly, suite à une relation qui se termine en eau de boudin, tombe amoureux de Samantha, agent conversationnel qui développe ses propres en- vies et s’adapte à la per- sonnalité du protagoniste pour lui plaire davantage... ... Versus réalité : une fois arrivé sur la page Facebook de CNN, la rédaction clique sur l’onglet « contacter » et ouvre une nouvelle page de discussion pour parler avec l’Intelligence artifi- cielle (IA) de CNN. S’en- gage un triple choix : aide, articles en réseau et article le plus récent. Après avoir tapé en anglais les mots « économie », « France », « actualités », le « chatbot » nous propose un article sur le pourquoi du déclin de l’économie française. Sur notre faim, nous lui deman- dons de nouvelles actus par l’entrée de nouveaux mots- clés. Avec « Hollande », le chatbot nous renvoie vers un article sur les attentats de Nice. Dernière chance laissée à cet agent conver- sationnel un tantinet para- métré « french bashing », nous frappons fébrilement « French Tech » puis « french », « start-up » et « croissance ». et là... C’est le drame. Aucun résultat n’apparaît si ce n’est une réponse automatique, nous intimant le conseil de trou- ver de nouveaux mots-clés plus évocateurs. visible- ment, la future révolution n’a pas encore eu lieu sur Facebook bien que le chat- bot soit plein de promesses. Le moment pour notre ré- daction d’en faire son dé-
révolution à tâtons
A quoi servent les « chatbots » aujourd'hui et jusqu’où iront-ils ?
pression. Pour les non-ini- tiés, un « chatbot », pour « chating robot » – robot qui parle – est un agent conversationnel qui peut discuter grâce à différents scénarios implémentés au sein du « bot ». Ce dernier enrichit la discussion de deux façons. La première en gardant précieusement l’ensemble des données col- lectées à chaque discussion, ce qui permet de personna- liser cette dernière un maxi- mum au fil du temps. La seconde, par le recours au « machine Learning » – mL, ou apprentissage au- tomatique – qui consiste en l’utilisation conjointe de quantités massives d’infor- mations triées et analysées par le biais d’algorithmes d’apprentissage relativement simples. Petite incise pour illustrer, le programme d’in- telligence artificielle sur- nommé Watson, émanation d’Ibm et du centre de can- cérologie memorial Sloan Kettering de New York, a par exemple digéré deux millions de pages de jour- naux spécialisés, et la même dose de rapports cliniques. Selon ses créateurs, cet ap- pétit pour la data et ses ca- pacités d’analyse permettent de surpasser ses collègues humains.
cryptage.
Ce n'est pas une vraie discussion que nous engageons. Aujourd'hui, il est illusoire de croire que la machine comprend tout sur tout
AU-DELÀ DU
« BUZZWORD » ?
« Les «chatbots» sont un des mots de l’année dans le monde de la communi- cation », introduit Jeanne bordeau, fondatrice de l’ins- titut de la qualité de l’ex-
60 Novembre 2016
artificielle est amenée à remplacer progressivement les applications », ajoute Jeanne bordeau. Du moins
tionnelle afin de donner des informations pour des ser- vices et illustre la montée en puissance de l’IA, même
nue l’experte. L’état de l’art aujourd’hui est somme toute limité. et force est d’ad- mettre dans les usages que
vertigineux. « Aujourd’hui, cela peut se résumer à la mise à disposition des marques de certaines fonc-
revenons à nos moutons. Le chatbot serait en quelque sorte à la croisée du machine learning, de SIrI ou Cortana et du scénario dont sont équipés certains call cen- ters : pour un problème de découvert, taper étoile, pour taper sur votre conseiller, frapper sur la touche dièse... « Cette forme d’intelligence
Non, ce n'est plus Thierry mais THX1138 qui fait le SAV...
telles sont les ambitions non dissimulées de microsoft ou de Facebook. L’idée ? « Les applications créent une courtoisie conversa-
si pour l’instant aucun chat- bot ne manie la nuance, ni ne possède la capacité réelle de manier l’humour ou l’iro- nie, d’être créatif... », conti-
les«bots»nesontpasen- core rentrés dans les mœurs, malgré une forte médiati- sation, une implémentation peu complexe et un potentiel
tionnalités de messagerie instantanée. L’implémenta- tion est relativement simple. Un bon «marketeux» qui possède quelques notions de base pour configurer un chatbot peut le réaliser re- lativement facilement. Cela dit, le chatbot doit avant tout répondre à un besoin », explique Jérémy Coxet, di- recteur associé de l’agence vanksen. « Les chatbots n’ont pas vocation à rem- placer les humains, mais plutôt à améliorer un ser- vice », vulgarise Thomas

