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mais les premiers écueils se précisent.
Après un dépôt de dos- sier au concours national de la recherche en 2008 et un besoin de 300000 euros pour se lancer, le fondateur de Lemon Way trouve peu de relais au- près des banques et des cabinets chargés de ré- diger les brevets : « Dans chacune des
à l’international, je réa- lise que notre dévelop- pement ne passera pas par la France du fait du désintérêt de la so- lution par rapport à nos usages. » Il est vrai qu’en europe et tout particulièrement en France, m. Tout-le- monde perpétue des pra- tiques de paiement qui induisent une grande
plexe nous empêchait de
tourner à plein régime »,
se souvient le fondateur
de Lemon Way. Ce der-
nier décide alors d’opé-
rer son premier « flip »
en 2012 après cinq ans croissance, alors que sa lise dans le digital. Nous
Culture du rebond - Lemon Way, une bascule réussie dans la Fintech CLUb eNTrePreNDre
le marché polonais qui croit de 45% chaque an- née. « Nous accompa- gnons l’essor du e-com- merce en Europe Cen- trale. Leur réveil se réa-
« Nous accompagnons l’essor du e-commerce en Europe Centrale. Leur réveil se réalise dans le digital, et nous avons 10 ans d’avance au niveau technologique »
Autrement dit, le moteur de paiement de Lemon Way est devenu en quelques années un in- contournable pour les marketplaces en forte
atermoiements vécus après la création de la start-up, qui depuis s’est remise sur d’autres rails : « Lemon Way n’a perdu que deux clients sur les 500 de taille intermé-
d’existence. entendez pivot. et pas celui de bernard.
Pour envisager ce flip, Sébastien burlet se questionne sur ce qu’il manque pour que Lemon Way décolle dans un contexte où les revenus étaient irréguliers. Il lui fallait aussi comprendre les façons de consom- mer et d’acheter pour répondre davantage à un besoin fort.
précédente solution de paiement mobile ne dé- collait pas !
« Notre pivot fut celui de trouver un nouvel écosystème en lien avec les nouvelles manières de consommer (uberi- sées, NDLr) », analyse le dirigeant.
avons dix ans d’avance diaire que compte son
« En 2012-2013, nous décidons de partir dans la création de wallets pour des plateformes de e-commerce. Ce pivot, nous y croyions, mais nous avons réalisé que nous avions réussi notre flip après avoir signé différents partenariats avec des banques et des grands comptes », note Sébastien burlet. Condition sine qua non de cette bascule, une de- mande d’agrément au- près de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPr) est réalisée afin de faire de Lemon Way un établis- sement de paiement en tant que tel. Le succès est alors au rendez-vous. Lendosphere, Pixmania, Wiseed, Uber, Delive- roo, etc., autant de marques évocatrices qui recourent à cette start- up de la fintech. « Au démarrage, nous réali- sions entre 300000 euros et 800000 euros de CA. Nous n’avions pas de visibilité. En 2014, nous avons généré 1 millions de CA, 4 millions en 2015 et 8 millions cette année. Nous étions une dizaine il y a quelques années pour désormais former une équipe de plus de 100 personnes », chiffre Sébastien burlet.
ACCOMPAGNER
LE E-COMMERCE DANS LES PAYS DE L’EST
Aujourd’hui, Lemon Way est tournée vers la vieille europe et les pays de l’est avec un CA sur
tandis qu. américains peinent à ren- trer sur le marché en rai- son d’un refus d’agré- ment. Une réussite fran- çaise qui fait écho à quelques perles dans le secteur de la finance, à l’image des Gemalto et Ingenico.
sur les technologies e- commerce. Mais notre pivot nous a appris à rester prudents », relève le fondateur de Lemon Way qui évoque dans le même temps que les so- lutions de paiement mo- bile Quito et Skeem se sont plantées en France, conscient que l’entre- preneuriat dans la fi- nance passe non pas par la révolution d’usages, mais par l’accompagne- ment à la transition nu- mérique. Une leçon de maux subtile, suite aux
portefeuille », se réjouit son dirigeant. Un contexte où l’entreprise ne semble plus en risque,
Le droit en pratique
Geoffroy Framery
e les acteurs
avec
Création d’entreprise : quelle valeur des apports en média ?
commissions, on me di- sait soit que j’étais fou soit que j’étais un mar- tien, lâche Sébastien burlet. Contre vents et marée, j’ai convaincu des chercheurs et non des banquiers, car la so- lution était jugée trop innovante, à l’exception de la Caisse d’Epargne qui avait lancé Movo – technologie Wap pour les clients – qui n’a pas rencontré le succès es- compté. »
confiance. Face au li- quide, à la carte bleue et dans une moindre me- sure au chèque, le paie- ment mobile n’avait au- cune chance dans ce contexte.
en l’espèce, une société A spécialisée dans la communication souhaitait inté- grer le capital d’une société b en création dans le domaine de la santé.
COMMENT REN- DRE LES REVENUS PLUS RÉGULIERS
« Après quelques salons
Il aura fallu tempérer cette société A pour trouver une solution équitable pour toutes les parties prenantes. Premièrement, cet apport de media, aussi qualifié par certain de media for equity est toujours soumis à débat. La somme de 100 000 € était-elle réelle quand on sait que dans le milieu de la publicité les
Le salut commercial passe donc par l’Afrique et l’Asie, madagascar et le Cameroun d’abord. « A l’époque nous étions dix. Nous considérions que notre moteur de paiement pour les mar- ketplaces équivalait à un moteur de Ferrari pour une automobile, mais l’investissement dans des marchés au contexte instable et com-
La société A considérait qu’elle pouvait diffuser sur des supports médias dont elle était propriétaire pour l’équivalent de 100 000 euros. A ce titre, elle réclamait donc une partie importante du capital de la société b en cours de création consi- dérant que son apport tangible à la so- ciété était bien plus important que tous les autres créateurs.
Solution pour un entrepreneur : évitez les difficultés d’évaluation des apports en nature dans le domaine des médias. Seules quelques structures spécialisées peuvent parfaitement « investir du media » en contrepartie de parts dans votre ca- pital. Un actionnaire réellement intéressé ne rechignera pas à investir une petite somme « d’argent classique » pour inté- grer votre capital. vous mettrez alors à profit votre expérience au sein de la so- ciété et cet actionnaire vous ouvrira les portes des medias...s’il les connait réel- lement.
Ce mois-ci, notre cas concret porte sur la valeur de temps/d’espace média comme apport dans une société en cours de créa- tion.
prix peuvent parfois varier du simple au double entre le prix affiché et le prix fi- nalement facturé ?
Deuxièmement, cet apport n’étant pas un apport classique de sommes d’argent et est donc soumis à l’intervention d’un commissaire aux apports, obligatoire en cas d’apport dans une SAS, la forme qui avait été choisie pour la création de cette société b.
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