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PANorAmA Régions & Territoires - Centre-Val de Loire u Terre de sciences
58 unités de production, 9300 emplois... Les chiffres du secteur pharmaceutique dans le Centre-val de Loire témoignent de l’importance de la filière. Les dix dernières années ont été riches en restructurations, si bien que le territoire se distingue aujourd’hui par une forte activité de sous-traitance dans le domaine. Les activités de r&D ne sont pas non plus en reste. Les biomédicaments, une nouvelle
génération de traitements dont la particularité est de faire appel à une source biologique pour constituer le
principe actif, concentrent beaucoup d’investissements. « Ils représentent l’avenir. Plusieurs thématiques de recherche, comme les anticorps monoclonaux, font partie des priorités de développement dans la lignée de notre vaste projet Ambition 2020 qui vise à créer des pôles internationaux de recherche de référence », souligne Alban marché.
Une feuille de route qui explique également l’essor des cosméto-sciences, articulées autour du pôle de
compétitivité Cosmetic valley. Celui-ci vise à regrouper les acteurs de la beauté et du bien-être et à apporter des
réponses innovantes en la matière. « Les grands noms internationalement connus de la parfumerie comme
Guerlain, Dior, Paco Rabanne, ou encore Lolita Lempicka, s’intéressent de près à nos travaux et ont bien
compris l’intérêt que peut représenter la Cosmetic Valley pour la croissance de demain », confie Alban marché.
La région fait également figure de spécialiste des enjeux relatifs à l’eau et aux milieux aquatiques, domaines
pour lesquels le pôle de compétitivité Dream est un interlocuteur de référence. L’amélioration des performances de capteurs pour les suivis qualité, l’optimisation des procédés de décontamination ou encore la compréhension de la formation des polluants sont des préoccupations majeures. Pour y répondre au mieux, le projet Pivots (Plateformes d’innovation, de valorisation et d’optimisation technologique environnementales) a vu le jour. Il s’agit de six plateformes qui accueillent des acteurs régionaux spécialistes, aussi bien publics que privés, dans une optique de collaboration constructive. on y trouve le bureau de recherches géologiques et minières (brGm), le CNrS, l’INrA ou encore Antea Group, une société d’ingénierie et de conseil en environnement.
u Bourges, la renaissance
La volonté de modernisation et l’orientation des savoir-faire vers des spécialisations d’avenir ont conduit la Communauté d’agglo- mération de bourges Plus à redorer son blason. elle brillait dans le passé par ses activités d’industrie mécanique et de défense. elle compte désormais s’illustrer en plus par deux axes en fort déve- loppement : l’efficacité énergétique en matière d’immobilier et la prévention du risque au sens large (naturel, industriel...). « L’im- plantation récente de Recticel, un grand producteur d’isolants in- novants pour le bâtiment, témoigne de cette tendance », indique erik bentz, chef de service au sein de bourges Plus Développement. Dans le domaine de la maîtrise des risques, l’Institut national des sciences appliquées (INSA) Centre-val de Loire propose désormais une formation spécifique. « Celle-ci a vocation à devenir la référence pour les ingénieurs de demain », mentionne Daniel
u L’avenir énergétique comme priorité
Le pôle de compétitivité Sciences et Systèmes de l’énergie électrique (S2e2) est une autre structure qui attire l’attention des acteurs de la re- cherche, car il rejoint deux axes de spécialisation essentiels pour la région : les solutions en faveur de l’effi-
Jadeau, chargé du développement éco- nomique au sein de bourges Plus Dé- veloppement.
cacité énergétique, et la conception de systèmes de stockage de l’énergie. Autour du géant STmicroelectronics implanté à Tours gravitent plus de 80 entreprises, une vingtaine de laboratoires de re- cherche, et cinq universités. « Le stockage de l’énergie figure parmi les programmes phares de ce secteur et mobilise un grand nombre d’experts », indique Alban marché, directeur de l’industrie, des ser- vices et du développement international au sein de la région Centre.
tant sur le plan de la formation que de la recherche, ainsi que les relations entre la sphère privée et le milieu académique. en témoigne la mise au point récente d’un système d’échographie à distance, fruit d’un travail collaboratif entre la société AdechoTech et le laboratoire Prisme, hébergé sur le campus de l’IUT de bourges. D’autres projets ont été menés conjointement en matière de robotique terrestre et embarquée avec la Direction générale de l’armement terrestre (DGAT).
Pour favoriser les échanges et les implantations, un grand complexe a vu le jour sur le site de Lahitolle. L’agglomération y propose aussi bien des services d’hôtellerie d’entreprises que d’incubateurs et de pépinières. environ 1350 mètres carrés sont disponibles, dé- coupés en lots de 80 mètres carrés de bureaux. A cette offre sont associés des espaces de 180 mètres carrés d’ateliers séparés. « Les sociétés à la recherche d’espaces pouvant accueillir des charges lourdes pour des productions spécifiques y trouvent donc aussi leur compte », explique eric bentz.
Le potentiel local en termes de robo- tique et mécatro- nique a fait évoluer le tissu des entre- prises et sous-trai- tants présents, l’of- fre universitaire,
Le projet electrolyte, mené récemment
par le laboratoire GremI (Groupe de
recherches sur l’énergétique des milieux ionisés) de l’Université d’orléans, est un des symboles des orientations que prennent les recherches locales. Il vise à réaliser des cœurs de piles à combustible à oxyde solide par des procédés plasma et laser, afin d’obtenir un électrolyte de faible épaisseur. Celle-ci permet des utilisations à une température moins élevée que les systèmes traditionnels (700°C au lieu de 1000°C). Les piles qui en résultent trouvent leur application comme auxiliaires de puissance ou de secours. A l’heure où le stockage et l’autonomie sont encore des freins importants à l’essor de certains systèmes énergétiques, ce projet concentre beaucoup d’espoirs. D’in- nombrables applications peuvent en découler, notamment dans l’habitat ou dans des locaux professionnels.
L’Université d’orléans, et en particulier son Institut Prisme (Institut Pluridisciplinaire de recherche en ingénierie des systèmes, mécanique et énergétique), attire également les regards. Des axes de recherche dé- terminants pour l’avenir y sont déployés, notamment dans l’intégration des biocarburants de deuxième génération (biogaz, bioalcools) et leur potentiel intéressant pour améliorer les nouveaux types de motorisation. L’amélioration de la rentabilité de gisements éoliens par des études ciblées est un autre fer de lance de l’organisation.
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Novembre 2016

