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Décryptage - Les start-up françaises du véhicule autonome MONDIAL De L’AUtO
LY aura-t-il un chauffeur dans la voiture ? Non. Le bus autonome sillonne déjà la voie publique. Les jeunes pousses hexagonales s'activent
révolution dans le secteur du transport. Pour la pre- mière fois en France, deux navettes sans chauffeur pouvant transporter 15 passagers ont roulé sur la voie publique, partageant le bitume avec piétons et cyclistes. Pour les éviter et s’orienter dans l’espace, elles sont dotées d’une
commerce et de loisirs et l’immeuble de GL events, dans le sud de ce quartier en bordure de Saône.
ché automobile mondial. Les opérateurs de transport public, et les villes ou communautés urbaines qui les mandatent, surveillent de très près le développe- ment du véhicule auto- nome, quand ils ne l’ac- compagnent pas directe- ment. Avec la Métropole, l’Ademe et le Sytral, Keo-
L'occasion pour EcoRéseau Business d'expliciter en détails un sujet technique du secteur
e 3 septembre der- terrain de jeu de ces na- Kearney, le marché du vé- nier, le quartier vettes, c’est donc 1,3 ki- hicule autonome représen- confluence, à Lyon, lomètre ponctué de trois tera 515 milliards d’euros
DEUX START-UP FRANÇAISES EN POINTE
Si Google et tesla, no- tamment, font beaucoup parler d’eux dans le do-
Cela permet d’ouvrir des lignes peu fréquentées qui ne seraient pas rentables avec des bus classiques et chauffeurs
pour être en bonne place dans ce domaine.
a été le témoin d’une petite arrêts entre le Pôle de en 2035, soit 17% du mar-
Née en juin 2014 du ra- chat de la
start-up Induct, Navya est donc la jeune pousse à l’origine des navettes qui sillon- nent Lyon depuis la rentrée. Son président, Christophe Sapet, n’en est pas à sa pre- mière innovation, puisqu’il a cofondé au début des années 1980 la société de distri- bution et d’édition de jeux vidéo Info- grames. L’entreprise basée à Villeurbanne a levé 4,1 millions d’euros en janvier 2016 auprès d’Orkos Capital, le holding d’inves- tissement de l’homme d’affaires Charles Beigbeder, Gravitation, CapDecisif Mana- gement et Bruno Bonnet, cofondateur d’In- fogrames avec Christophe Sapet. L’entreprise de 60 salariés – contre 25 en 2015 –, répartis entre Lyon et Paris, a dé- voilé son premier véhicule autonome et électrique, le Navya Arma, en octobre 2015. Il a d’abord trouvé des applications dans des sites fermés, comme la centrale nucléaire de Civaux, dans la Vienne, qui a
troqué ses bus diesel pour une flotte de six navettes électriques en janvier 2016, afin de transporter les 1100 salariés d’EDF sur son site de 220 hectares. L’électricien a cal- culé que cela lui permet de réduire de 40 tonnes ses émissions de CO2 et de gagner trois millions d’euros par an en gains de productivité.
En juin 2016, la ville de Sion, en Suisse, avait déjà lancé deux véhicules de Navya sur les routes de son centre-ville, dans le cadre d’une expérimentation, jusqu’en oc- tobre 2017. Avant la capitale du valais, Lyon les avait elle-même déjà testés. Si bien que Navya prévoit de vendre 50 navettes en 2016, pour un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros à la fin de l’année, contre 500000 euros en 2015. Chaque navette coûte 220000 euros à l’achat, mais Navya commercialise aussi un service de mainte- nance, estimé à 10% du prix initial par an, et un service de supervision à distance des navettes, facturé 1500 euros par mois et par véhicule.
multitude de capteurs GPS. Jusqu’à présent, ces véhicules n’avait pas dé- passé le stade de l’expé- rimentation, ou étaient res- tés cantonnés dans des
maine de la voiture auto- nome, deux start-up fran- çaises, Navya et easymile, se sont discrètement mais solidement ancrées dans le marché du véhicule au-
lis, filiale de la SNcF spé- cialisée dans les transports en commun, est ainsi der- rière l’ouverture de cette nouvelle ligne lyonnaise, puisqu’elle a créé une so-
La toulousaine Easymile est le fruit d’une joint venture entre le constructeur Ligier et Robo- soft, une société spécialisée dans la robotique de services, qui se sont associés en 2014. Son véhicule électrique, baptisé "EZ10", a été ex- périmenté dans plusieurs villes depuis 2015.
Par exemple par la communauté d’agglomération Sophia Antipolis au début de l’année 2016, où il a desservi cinq stations au cœur de la technopole, et depuis fin août à Helsinki, qui fait rouler deux modèles prévus pour transporter neuf personnes. En 2015, ses 15 prototypes ont parcouru 30000 kilomètres, et 30 nouveaux véhicules devraient être mis sur les routes d’ici la fin de l’année. « Nous avons des atouts importants à faire valoir sur ce marché, notamment grâce aux kilo- mètres que nous avons parcourus, à l’expérience acquise et à notre vision industrielle », affirme Marion Lheritier.
Un risque que les soirées arrosées repartent à la hausse...
car, malgré des obstacles réglementaires, le dévelop- pement du véhicule public autonome présente bien des avantages : « Cela permet d’ouvrir des lignes peu fré- quentées qui ne seraient pas rentables avec des bus classiques et chauffeurs. A l’échelle d’une ville, ces
sites fermés – aéroports, centrales nucléaires, hô- pitaux, sites industriels, universités, campus, parcs d’attraction... Le nouveau
tonome à destination du transport public (cf. en- cadré). Le potentiel est important, puisque selon le cabinet de conseil At
ciété commune avec Na- vya pour l’occasion, bap- tisée Navly. et la rAtP a profité du Salon du trans- port public en juin dernier
OctObre 2016
pour acquérir un véhicule de chacune des deux start- up françaises, dans le ca- dre de son programme d’expérimentation.
véhicules représentent aussi des gains en termes de sta- tionnement et de circula- tion », explique Diego Isaac, business developer europe de Navya. Pour l’heure, ces navettes ne vi- sent pas à remplacer les bus, mais à les compléter sur de courtes distances, dans des zones où le trafic est peu dense. elles peuvent en particulier contribuer à résoudre la problématique du “dernier kilomètre”, cette distance qui sépare notre habitation d’un ser-
vice de transport en com- mun : « Nous souhaitons compléter l’offre de mobi- lité sur le premier et le dernier kilomètre en venant
SMART CITY
en complément des résea. de transport en commun déjà existants. En comblant le manque entre les trans- ports de masse et les lieux d’habitation ou d’activités par exemple », explique Marion Lheritier, respon- sable marketing et com- munication d’easymile.
ux
Aymeric Marolleau
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