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n°34
cLUb eNtrePreNDre Business guides - Compagnies aériennes, première classe et classe affaires revisitées
Dans chaque numéro, EcoRéseau Business s'intéresse de prêt à une (ou des) problématique(s) que peut se poser un cadre dirigeant
Spirit in the sky...
(logistique, marketing, finance, communication...) en demandant l'avis des prestataires et conseils
L Plusdeconfort,plusdeservices,plusdegourmandise...Lescompagniesaériennessesontlancées dans une course au luxe, et ne sont pas près de s’arrêter.
es compagnies aé- ParJean-MarieBenoist lancé dans la brèche », aéroports, sont désormais stan- riennes ont, semble- Amoindrir les effets du décrit Frantz Yvelin de dards – mais le salon d’arrivée, t-il, perdu la tête. elles décalage horaire, tout La compagnie. et les inauguré par etihad, et qui
commencent à offrir, en Pre- un art qui évolue... progrès accomplis sont offre barbier, douche et habits
mière classe, des suites avec salon, chambre et majordome (chez etihad), des douches (etihad et emirates)... Le but poursuivi semble être de se rapprocher le plus possible du confort d’un jet privé, mais sur un avion de ligne. cette débauche de luxe a en fait deux explications. « Avoir une suite en première est un signe clair de différentiation avec la classe affaires qui, la plupart du temps, offre désormais des sièges cou- chettes », analysait Anaïs Marzo Da costa, responsable marketing pour l’aménage- ment des cabines
impressionnants : il suf- fit de regarder des pho- tos de Jacques chirac, alors président, touchant le mur avec ses jambes pour réaliser le chemin parcouru.
chez Airbus. et sur-
tout, la Première
classe est devenue
un objet à part.
« Aujourd’hui, on
ne trouve de Pre-
mière classe que sur quelques vols long-courriers ; elle est devenue rare. En fait, c’est avant tout un produit d’image et de prestige », estime Frantz Yvelin, fondateur et directeur de La compagnie. Il faut dire que, malgré leur coût vertigi- neux (30000 dollars l’aller Londres-Abu Dhabi pour la résidence d’etihad), les com- pagnies perdent de l’argent sur la Première, en grande partie à cause de la place gâ- chée. Les produits sont très beaux, de véritables vitrines de design et de technologie, mais ne sont que cela : par exemple, sur les quatre A380 d’etihad, on ne compte qu’un seul appartement...
Des compagnies proposent sur leur A380 des bars – retour à l’esprit des années 70, quand le pont supérieur des Boeing 747 était un salon géant
un aller-retour en classe affaire entre Paris et New York coûte aux alentours de 4000 euros. Pour ce prix-là, le client veut pouvoir dormir confortable- ment, bien manger (et bien boire), bénéficier d’un service attentionné... car les clients (et les entreprises, qui payent pour les billets dans la plupart des cas) en veulent pour leur argent. c’est ce qui explique le succès de La compagnie, qui a un business modèle unique : elle ne propose que des places en classe affaire, sur des vols entre Paris et New York, mais pour moitié moins cher que la concurrence. Du coup, pour attirer les pas- sagers, les compagnies n’hé- sitent pas à investir des sommes faramineuses : par exemple, Air New Zealand va investir plus de 100 mil- lions d’euros pour rénover sa classe avant.
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pour les compagnies. et la concurrence est rude. Il faut prendre en compte les tarifs :
portants pour les passagers en classe affaires », déclarait time Mapes, le vice-président
SERVICES AVANT, PENDANT ET APRÈS LE VOL
Si l’essentiel des efforts se porte – toujours – sur la notion d’espace privatif, nous vivons à
défroissés, est nouveau et pourrait bien faire des émules. encore plus en amont (et en aval), les services de voitures privées pour rejoindre et partir de l’aéroport se généralisent. et à bord, l’accueil par le per- sonnel naviguant est person- nalisé – grâce à des tablettes, ils ont accès au profil du voya- geur –, les trousses cadeaux deviennent plus chic, et les repas sont maintenant élaborés par des chefs reconnus (ou de préférence étoilés). Par exemple, American Airlines travaille avec la chef améri- caine Maneet chauban ; Air France (pour la Première) s’est offert Joël robuchon... et plusieurs compagnies aé- riennes proposent, sur leur A380 – le seul avion suffi- samment grand pour qu’elles puissent se le permettre –, des bars, sorte de retour à l’esprit de l’aviation des années 70, quand le pont supérieur des boeing 747 était un salon
Classement classes affaires
Stratégie réfléchie au Moyen-Orient
Il existe un ranking mondial des classes affaires : les World Airlines Awards de Skytrax, considérés comme les Oscars de l’industrie de l’aviation. Et depuis ces dernières années, les compagnies asiatiques et moyen-orientales trustent presque exclusivement les dix premières places : Singapore Airlines, Qatar Airways, Emirates, Etihad, Cathay, ANA... Une domination qui n’est pas le fruit du hasard. La montée en gamme de la Première classe a commencé il y a dix ans, avec notamment l’essor d’Emirates et l’arrivée de l’A380 d’Airbus. Et pour la classe affaires, là aussi, ce sont les compagnies du Golfe qui ont été motrices. « Ce n’était pas qu’une question de prestige : l’idée était aussi de renforcer le trafic vers les aéroports locaux, comme Dubaï et Abu Dhabi », analyse Frantz Yvelin, fondateur de La Compagnie. Ces aéroports accueillent princi- palement des voyageurs en transfert ; pour séduire les passagers premium, qui en règle générale préfèrent largement les trajets directs, il fallait développer l’attractivité des vols, et rendre le moins pénible possible le temps de transit.
l’époque des services, et les compagnies aériennes l’ont bien compris. elles commen-
EN BUSINESS,
LA RENTABILITÉ RESTE DE MISE
Les choses en vont tout au- trement pour la classe affaires, pour une raison simple : c’est une « vraie » classe, qui n’est pas destinée qu’au marketing, et qui donc doit être rentable
RENDRE LES SIÈGES PLUS CONFORTABLES
« Confort et intimité sont im-
s’agit toujours de maximiser l’espace privatif et le confort, mais sans sacrifier à la densité de passagers. Le mètre carré est terriblement cher dans un avion, ce qui explique la quête permanente de l’industrie pour l’optimisation de l’espace. Se- lon la compagnie, les solutions d’aménagement des sièges va- rient – entre cocons, sièges disposés en quinconce, et au- tres – mais certaines tendances sont communes : les écrans s’agrandissent, deviennent tac- tiles, les casques fournis sont antibruit, les matelas devien- nent plus confortables, tout le monde a des prises USb, HDMI, de courant... et tout le monde, maintenant, peut s’allonger. « Depuis l’arrivée de la chaise à 180°, introduite par British Aerospace il y a 15 ans, tout le monde s’est
directeur et directeur marke- cent à chouchouter leurs pas- ting de Delta Airlines, lors de sagers avant même le vol : la présentation de la nouvelle l’enregistrement et l’embar- suite affaire Delta One, qui quement prioritaires, ainsi que inclut – une première – une les salons privatifs dans les porte coulissante. De fait, il
géant.
36 OctObre 2016
Cahier pratique n°1 - Voyages d’affaires

