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n°31
STRATéGiE & innoVATion nuMéRiQuE Business Story - Les boules de pétanque OBUT à la conquête du monde Retour sur l'histoire d'une entreprise française que les innovations portent vers les marchés internationaux
oBuT veut viser juste
Cet été, 24 millions de Français (!) tireront ou pointeront, à 72% avec une boule oBuT,
C ’est un rituel qui revient chaque an- née. À quelques jours de l’été, il est de ri- gueur de ressortir les boules de pétanque. Des boules fabriquées, pour la plupart dans la Loire, au sein des ateliers oBuT, à Saint- Bonnet-le-Château, petit village des Monts du Fo- rez. oBuT, c’est l’entre- prise qui a initié les Fran- çais - et même le monde - à la pétanque. un sport aussi populaire que le football dans l’Hexagone, qui a vu son nombre de pratiquants exploser au
leader mondial né dans la Loire il y a plus d’un demi-siècle.
deaux, « capables d’ab- sorber des espaces de jeu », dixit le président d’oBuT, sont ciblées par la marque. « Nous repré- sentons aujourd’hui en- viron 80 % du marché. Mais rien n’est gagné. Le développement de l’en- treprise passera par un accompagnement de notre produit. Notre cheval de bataille, c’est d’avoir un réseau de distribution qui soit approprié et assure à la fois un accompagne- ment technique, mais aussi pratique. »
cours du xxe siècle.
À l’époque, deux hommes, l’un fabricant de serrures, Frédéric Bayet, l’autre mécanicien de talent dans la fabrica- tion de boules à jouer, Antoine Dupuy, déci- daient de s’associer et de déposer leur marque : oBuT. Rapidement, afin de développer leur entre- prise, ils sollicitaient une famille, la famille Souvi- gnet : Jean, le père, Georges et Robert, les deux fils, passés maîtres dans l’art de la fourche télescopique pour cyclo- moteurs.
L’histoire raconte qu’au début des années 60, cette famille associée à Antoine Dupuy sentit poindre les prémices du développe- ment du sport pétanque et se lança à corps perdu dans la production de « coquilles » d’acier. Avec succès...
R&D et tradition, pas incompatibles du tout...
LA THAÏLANDE, L’AUTRE PAYS
DE LA PÉTANQUE L’autre projet du leader mondial de la boule de pétanque sera d’investir encore et toujours, comme il le fait depuis plus d’un demi-siècle, dans son site de production de Saint- Bonnet-le-Château. « Nous prévoyons d’ac- centuer notre investisse- ment technique. Il s’agit de robotiser davantage la production. » L’enjeu est de taille pour oBuT. Alors que plusieurs pays commencent à s’intéresser de près au sport pétanque, au premier rang desquels la Thaïlande - dont la reine mère avait en son temps imposé ce loisir à l’armée après l’avoir découvert en France - oBuT entend placer ses boules sur tous les terrains de jeu du monde. L’Espagne, l’Al- lemagne, la Belgique bien
PRODUITS MADE
IN FRANCE ET RECYCLABLES Aujourd’hui, lorsque vous entrouvrez les portes du siège d’oBuT à Saint- Bonnet-le-Château, c’est Pierre Souvignet, prési- dent de la société, et Ro- main, son fils, directeur général et marketing, qui vous accueillent, avec le
COMMENT LA PÉTANQUE EST DEVENUE « IN » L’été venant, les jeunes cadres dynamiques aiment se retrouver autour d’une bonne partie de pétanque, après leur journée de tra- vail, que ce soit à Paris ou en Province. « L’idée, que nous avons eue, outre
les pays
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sourire, toujours. « Parce que la pétanque, c’est d’abord et surtout la bonne humeur... » il faut dire aussi que ces der- nières années, les chiffres ont été plutôt bons pour la boule oBuT qui em- ploie une centaine de per- sonnes - 1/3 sur la pro- duction et 2/3 d’adminis- tratifs, commerciaux et expédition - et a réalisé en 2015, un chiffre d’af- faires de 17 millions d’eu- ros. un chiffre stable, après un bond de 10 % l’année précédente. « Nous sommes sur un marché relativement du- rable », confirme le maî- tre des lieux, Pierre Sou- vignet, conscient de la qualité du produit qu’il propose aux pétanqueurs tricolores : « OBUT, c’est une belle histoire familiale avec une quatrième gé- nération, mon fils Romain, qui pointe le bout de son nez. Nous sommes à la fois dans le bleu - blanc - rouge et le développe- ment durable, puisque nos boules de pétanque, en acier recyclable, sont en-
tièrement fabriquées ici. C’est ce qui fait que le produit plait. »
Des boules acier carbone ou inox, dont le prix varie entre 37 et 280 euros, la triplette, selon l’usage re- cherché. L’an dernier, il
ont investi les rayons des grandes surfaces, poussera également la boule oBuT à séduire une nouvelle clientèle, csp +, urbaine, branchée. « La pétanque, c’est sympathique et convivial. On peut prati-
le fait de proposer des gammes plus homogènes, plus lisibles, c’est d’avoir décidé de développer des lieux de jeu. » À Saint- Bonnet-le-Château, oBuT a ainsi ouvert un nouveau concept baptisé
L’idée, c’est à la fois de s’associer à des établissements, mais aussi de développer de la concession de marques
s’en est vendu plus de 2,2 millions, dont 90 % en France. « C’est un marché de culture et de tradi- tion », constate Pierre Souvignet, qui a su ac- compagner la mutation des besoins au fil des dé- cennies. « Jusqu’en 1995, nous étions positionnés sur un marché d’équipe- ment familial. Mais à par- tir de cette date, nous sommes entrés dans un cycle de renouvellement. » L’arrivée sur le marché de la pétanque de la concurrence chinoise, dont les boules chromées
quer ce sport en toutes circonstances, que l’on soit en jean ou en costard. Et c’est ce qui séduit les Français. La pétanque est devenue branchée », ana- lyse Pierre Souvignet.
« Carré Pétanque », un restaurant dans lequel on peut déjeuner tout en tes- tant les produits oBuT. La marque s’est aussi rap- prochée d’espaces de jeu existants, tels « Les ni- çois » ou encore le « Bou- boule Bar » à Paris. « L’idée, c’est à la fois de s’associer à des éta- blissements, mais aussi de développer de la concession de marques », détaille Pierre Souvignet qui, en 2016, table sur deux voire trois ouver- tures. Des villes telles que Lille, Paris ou encore Bor-
sûr, mais aussi . scandinaves et dans une moindre mesure les Etats- unis, sont des marchés vers lesquels oBuT en- tend frapper fort. Au- jourd’hui, la marque tri- colore réalise entre 10 et 12 % de son chiffre d’af- faires à l’export.
Cyril Michaud


































































































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