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n°31
STRATéGiE & innoVATion nuMéRiQuE Haute résolution - Datacenters écologiques Focus sur un sujet high tech dans l'air du temps
Le clou(d) du spectacle vert
Les datacenters énergivores écologiquement durables ne sont plus seulement un mythe moderne...
E n 2015, on dénom- brerait environ 3700 data centers répartis sur l’ensemble de la planète, qui consommeraient 2% de la consommation mondiale d’électricité. Les nuages se multiplient. nos modes de vies se numérisent. Le co- rollaire qui accompagne ce phénomène de dématéria- lisation se concrétise par la floraison de centres de don- nées, gourmands à l’excès en matière de consomma- tion d’énergie. Ces bâti- ments high tech tournent effectivement en continu et nécessitent donc des process de refroidissement, eux- mêmes énergivores, pour maintenir le site en état de fonctionnement optimal. Face à ce constat qui fait blanchir les tempes de ni- colas Hulot, les profession- nels du segment réagissent : opérateurs, hébergeurs, concepteurs de centres de données ont multiplié les initiatives ces dernières an- nées pour une meilleure prise en compte des consi- dérations environnemen- tales, écologiques et éner- gétiques... une nécessité alors qu’en France, les da- tacenters représentent déjà presque un dixième de la consommation électrique
TRAQUER LA CONSOMMATION
« La question de l’impact écologique des datacenters est vieille de dix ans chez nous mais cette probléma- tique est bien évidemment spécifique à chaque pays selon ses caractéristiques énergétiques et géogra- phiques », remet en pers- pective Mokrane Lamari, responsable avant-ventes chez Equinix, fournisseur de datacenters et leader mondial dans ce domaine. Les pays nordiques, les Pays-Bas et le Canada sont particulièrement en avance sur le sujet. Cela dit, dès
60 Juin 2016
Face à la berge, un datacenter enfoui alimente le cloud...
de consommation. La mu- tualisation des équipements et des infrastructures per- met une meilleure efficacité énergétique qui signifie aussi une baisse des coûts de gestion », ajoute Mo- krane Lamari. Limiter la gourmandise des datacen- ters n’est donc pas seule- ment l’apanage des énergies propres. Cela revient éga- lement à penser ces centres de données selon le prisme de l’écoconception. « Le dernier né de nos data cen- ters est un bâtiment qui supporte la haute densité : la capacité de traitement de nos équipements aug- mente. Par m2 on met de plus en plus de puissance de calcul, ce qui nécessite de plus en plus d’énergie. C’est la haute densité qui est proposée sur notre DC Normandie.
du pays.
A titre d’exemple, sur un
Pour donner un ordre de grandeur, il y a dix ans, le quotient du PuE était cal- culé aux alentours de 2,2/2,3 pour un MW consommé
contrôle. « Entre 5000 et 10000 sondes sont installées dans un datacenter pour capter la consommation, les échange de flux, le re- froidissement. Cette connaissance précise réa- lisée en temps réel nous permet de piloter les data- centers via automates et d’agir sur un ensemble de variateurs pour optimiser leur consommation », conti- nue Mokrane Lamari.
En France, les datacenters représentent déjà presque un dixième de la consommation électrique du pays
d’atteindre les meilleurs taux mondiaux grâce à nos nouveaux procédés ».
C’est, par ailleurs, un bâ- timent de plain-pied. Nous pouvons ainsi préinstaller les baies en anticipation, dans des nurseries et les mettre très rapidement en production », poursuit Christophe Desseignes pour orange.
avant de penser innovations énergétiques, une meilleure prise en compte des consi- dérations environnemen- tales passe inexorablement par l’optimisation de la ges- tion de ces centres. « Un des leviers pour améliorer l’efficacité énergétique de- meure les bonnes pratiques de gestion et la manière de manager le datacenter au quotidien. Une manière de faire qui est tout aussi im- portante que les technolo-
tèmes informatiques, connaît une baisse du ratio de l’ordre 15% et atteste d’une bonne visibilité de la consommation et de la dissipation énergétique. Ce type de solution est déjà implémenté sur les data- centers Equinix en Île-de- France.
UN MAL NÉCESSAIRE MAIS OPTIMISÉ ?
Si aujourd’hui les datacen- ters français représentent un dixième de la consom- mation hexagonale, rappe- lons tout de même qu’un glissement de consomma- tion s’opère dès lors que les entreprises décident de faire appel à ce type d’hé- bergement. Si l’appétit énergétique de ces infra- structures est incontestable, force est de reconnaître que ces dernières n’en demeu- rent pas moins les meil- leures solutions en matière de régulation de la consom- mation. « Les datacenters permettent une optimisation de la facture énergétique des entreprises. Il est plus propre d’externaliser pour une entreprise plutôt que de garder l’hébergement en interne dans des bâti- ments qui ne seront pas optimisés. Cela va du sim- ple au double en matière
Les géants de l’internet planchent également sur le sujet. Facebook continue d’investir lourdement dans la construction de nouveaux datacenters. Greenpeace re- connaissait en 2015 que les GAFA hors Amazon mul- tipliaient les efforts pour construire un internet ali- menté par de l’énergie re- nouvelable. Selon l’onG, Apple est le plus en avance, Greenpeace juge que l’ac- teur de l’internet reste le plus avancé en la matière, annonçant des services de cloud avec une fourniture à 100% alimentée en éner- gies renouvelables. La firme à la pomme devrait d’ail- leurs ouvrir en 2017 de nouveaux datacenters au Danemark et en irlande dans deux bâtiments qui utiliseraient les smart grids
gies. L’organisation, le sys- tème, les hommes et les process sont d’égale im- portance face aux innova- tions », continue le cadre dirigeant d’Equinix.
nouveau système de contrôle granulaire de la température, l’indicateur de performance énergétique, le PuE, quotient d’effi- cience énergétique établi par le consortium Green Grid qui calcule le rapport entre l’énergie totale consommée par le data cen- ter divisée par l’énergie to- tale consommée par les sys-
par les systèmes, il fallait donc 2,2 ou 2,3 MW pour le refroidir. Les meilleurs niveaux mondiaux actuels se situent au niveau de 1,2/1,3. Christophe Des- seignes, directeur des in- frastructures chez orange en France, complète : « Nos datacenters ont un PUE qui varie entre 2 et 1,4 mais nous nous fixons l’objectif
Dans le cas précis des da- tacenters, nous parlons de systèmes dits GTC et GTB, entendez derrière ces acro- nymes des mesures en ma- tière de monitoring et de
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