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n°30
STRaTéGiE & iNNOVaTiON NUMéRiQUE Haute résolution - Les avantages réels du cloud pour les PME Le vrai du faux
F aut-il rappeler
Flotter dans le nuage, la garantie d’une nouvelle « zénitude » ?
GAin dE TEmPs ET éConomiEs AvAnT TouT
L’idée première du cloud, outre le fait qu’il ne néces- site aucune infrastructure lourde pour sa mise en œu- vre, est en effet de permettre aux entreprises de gagner en flexibilité, en agilité et en temps. « Certains sujets qui occupaient les chefs d’entreprise durant de longues semaines vont au- jourd’hui leur prendre seu- lement quelques heures », se félicite Jean-François Co- lin. Ce temps précieux, gé- néré par la mise en place du cloud, le chef d’entre- prise va du coup le consa- crer à développer son busi- ness : « Son arrivée boule- verse forcément l’organi- sation de l’entreprise, qui doit être revue ». C’est un travail de longue haleine. C’est la raison pour laquelle « l’adoption du cloud peut être lente dans certaines entreprises, mais essen- tielle ». Pascal Hary, direc- teur expérience clients cloud chez Oracle pour l’Europe du Sud, l’un des leaders sur le marché, ne dit pas le contraire. « Pour les entre- prises, je dirais que le cloud, ce sont des soucis en moins et des économies en plus. En tant que PME, je peux
ce qu’est le cloud ou « l’informatique en nuage » ? En 2012, c’est- à-dire il y a quatre ans seu- lement, la réponse aurait été « oui ». À l’époque, huit patrons de PME fran- çaises sur dix ignoraient tout de cet anglicisme bar- bare : « cloud computing ». Selon des statistiques pu- bliées par le site Medinsoft.com, un entre- preneur sur deux utilisait même le cloud sans le sa- voir. L’ignorance autour de ce nouveau service était grande. S’attendait-on à une telle révolution informa- tique ? La réponse, bien
net d’études Markess, expert des marchés du digital, il a flirté en 2015 avec la barre des cinq milliards d’euros de Ca dans l’Hexagone et devrait dépasser six mil- liards cette année. d’ici 2020, l’éditeur de logiciels Salesforce prédit même que le marché du cloud devrait franchir la barre des 240 milliards de dollars à l’échelle planétaire. autre- ment dit : impossible de faire sans aujourd’hui et en- core moins demain. Grands groupes du CaC 40 comme PME ont fini par prendre le virage. « Il y a plusieurs sujets à appréhender dans le cloud », rappelle Jean- François Colin, directeur marketing et communication d’Orange Cloud for Busi- ness. « Le stockage en est un ; la capacité de traite- ment également. Ensuite, intervient toute la partie analyse des données, et pour cela il faut disposer d’un
quid dE LA séCuRiTé ?
C’est, comme le souligne Pascal Hary, le sujet qui a souvent fait débat ces der- nières années. « Le cloud a rencontré un certain nom- bre de freins vis-à-vis de la sécurité. De nombreuses entreprises se sont interro- gées sur le fait d’héberger une partie de leurs données dans le nuage. » En somme la désagréable impression de se dévoiler, de s’exposer aux attaques. Certaines in- dustries, comme le secteur bancaire ou encore les ser- vices publics, ont ainsi mis plus de temps à se laisser convaincre par l’apport du nuage dans leur travail quo-
aujourd’hui, le travail de pédagogie semble donc avoir eu raison des réti- cences. « Il n’y a plus, en 2016, un secteur qui ne soit pas passé – tout ou partie – au cloud computing. La digitalisation du secteur public n’est pas un vain mot par exemple. » Les feux semblent au vert pour les Orange Business Ser- vices, Oracle et autre Sage dans les années qui vien- nent. « Difficile de prédire ce que sera l’avenir, ne se- rait-ce que dans les cinq
à six miLLiARds
En 2016
Quatre ans plus tard, pour-
tant, cette révolution a bien
eu lieu, dans le monde mais
aussi en France, où le mar-
ché a été porté par de puis- certain nombre de ca
santes entreprises. Selon le
ompé- tenc®es. » aujourd’hui, quels
dématique & Gouvernance
Cyril Michaud
investissements structurels en moins, base logicielle performante, temps dégagé pour développer
ca- bi-
constats font les fournisseurs sur ce type de services ? Que nombre d’entreprises (start-up, ETi et même grands groupes) n’ont ni les moyens d’investir dans des infrastructures de stockage de données à la bonne dimension, ni les compétences en interne per- mettant de structurer leur architecture logicielle et en- core moins le personnel ca- pable d’analyser les données collectées. Que font au- jourd’hui ces sociétés ? Elles se tournent vers des four- nisseurs de cloud tels Orange Cloud for Business et ses 1200 salariés répartis dans toute la France. « L’une des grandes difficultés des entreprises aujourd’hui est d’arriver à mettre dans le cloud une application qui n’est pas nativement orien- tée. » La filiale d’Orange Business Services a, de ce fait, développé une offre coaching sur-mesure « le cloud coach » à destination des PME. « Il faut savoir s’adapter. On ne va pas ac- compagner de la même ma- nière une PME et une mul- tinationale. C’est la raison pour laquelle nous avons mis en place un certain nombre d’offres et de solu- tions d’accompagnement à destination des PME parce qu’il est aujourd’hui pri- mordial, pour elles, à la fois de maîtriser et de di-
mensionner leur informa- tique. »
concentrer mes investisse- ments dans l’innovation, là où mon métier prend tout son sens. » Parce qu’au- jourd’hui, avec l’avènement du cloud, l’informatique est clairement devenue acces- soire. « On ne peut pas dire que nous n’avons plus be- soin du département infor- matique, mais le fait est que nous en avons besoin différemment. Notre rôle aujourd’hui, en tant que fournisseur d’applications dans le cloud, est de pro- poser les applis les plus ou- vertes possible, afin qu’elles s’intègrent parfaitement et facilement dans le SI des entreprises. »
tidien. Mais aujourd’hui, comme le remarque le di- recteur expérience clients cloud chez Oracle, cette barrière semble s’être levée. « Notre rôle a été de dé- montrer qu’un fournisseur de cloud tel qu’Oracle avait la dimension et les compé- tences pour garantir un ni- veau de sécurité qui allait parfois bien au-delà de ce que les entreprises elles- mêmes pouvaient propo- ser. »
son business model... Premiers bilans.
sûr, est non.
prochaines année. tellement vite. Le marché du cloud est en croissance constante. Aujourd’hui, nous travaillons par exem- ple énormément sur l’in- teraction des applications cloud avec les objets connectés ou encore “l’hu- main amélioré”.
mARCHé FRAnçAis
Quand la confidentialité devient un avantage concurrentiel
s. Tout va
par
a l’occasion du salon Big data 2016, Elias Baltassis, directeur data analytics pour le Boston
Toujours d’après cette étude, il est intéres- sant de noter que certaines catégories de données liées par exemple à la géolocalisa- tion ou aux cartes bancaires sont désormais « en train de devenir moins privées ». En revanche, la nature privée reste aussi forte voire s’accentue lorsqu’il s’agit de données sur le sexe ou encore les dates d’anniver- saire ou de mariage qui sont de plus en plus ciblées.
tection, d’où cette persistance bien légitime de défiance de la part des consommateurs. au-delà de la politique de confidentialité, il s’agit de démontrer comment elle sera applicable et appliquée par l’entreprise et quels sont les engagements et contrôles possibles en la matière. Les simples bonnes intentions ne suffisent plus !
Jean-Marc Rietsch
Consulting Group, a présenté un rapport traitant en particulier de la protection des données, et plus précisément des données personnelles. ainsi, contrairement aux pro- pos de Mark Zuckerberg de 2010 comme quoi la notion de confidentialité serait pé- rimée et réservée aux seuls criminels, la méfiance n’a pas reculé. de même l’affir- mation selon laquelle seuls les « vieux » s’inquiètent pour leurs données est absolu- ment infondée d’autant plus qu’elle laisse- rait à penser que les jeunes accepteraient sans discuter l’utilisation commerciale de leurs données !
Un constat à la fois alarmant et paradoxal provient du fait que « les entreprises ne sont pas suffisamment actives en ce qui concerne leur communication sur le sujet », voire la négligent totalement, en particu- lier sur la nature précise des données qu’elles ont en leur possession et leur pro-
Enfin, la confiance que les consommateurs pourront accorder à une entreprise aura un impact direct sur les données qu’ils seront prêts à lui fournir. S’en suivra un avantage concurrentiel certain pour les entreprises qui sauront ainsi instaurer un véritable cli- mat de confiance avec leurs clients, indis- pensable pour toute bonne relation commerciale durable.
Expert international en dématique, président du digital information institute ou d2i
58 Mai 2016

