Page 52 - EcoRéseau n°30
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n°30
STRaTéGiE & iNNOVaTiON NUMéRiQUE Décryptage - Le vin et la nourriture revisités par la tech L'occasion pour EcoRéseau Business d'expliciter en détails le sujet principal de Stratégie & Innovation Numérique
52 Mai 2016
nées en est la preuve, sans compter les solutions mises en place par les restaurateurs eux-mêmes... On voit même apparaître ce qu’on
par une application dédiée. Le succès remporté, notam- ment dans les levées de fonds, par la start-up, en a inspiré d’autres, y compris
tion directe au consomma- teur (en passant par des sites de paniers à la se- maine) est devenue beau- coup plus abordable et ren-
au CES de Las Vegas), qui permet de consommer du vin au verre, sous conditions optimales de température et d’aération. « Dans les capitales mondiales, les ca-
ventes en restaurant se font au verre », rappelle Thomas Jarousse.
Mais du point de vue du consommateur – et des res- taurants –, la révolution la
pourrait appeler de la télé- restauration, dont le pionnier est l’américain Munchery. « Les repas sont élaborés tous les jours dans nos cui- sines par des chefs étoilés »,
dans l’Hexagone (Frichti, PopChef...).
Mais ce n’est pas seulement la restauration qui a été im- pactée par l’arrivée du Web. Pour un certains nombre
table. Cela concerne prin- cipalement les agriculteurs en périphérie des grandes villes, mais c’est justement une population qui avait particulièrement besoin d’un débouché de ce genre. Certains poussent d’ailleurs la démarche un peu plus loin : on a vu fleurir nombre d’associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (aMaP), qui voit les consommateurs et les producteurs collaborer de façon plus poussée.
alimentation 2.0
La technologie et la nourriture ont tou- jours fait bon mé- nage. En tant que besoin essentiel et plaisir universel, s’alimenter est à la fois la source de nombreuses in- novations et un domaine d’application quasi-systé- matique, du feu à la soupape de sécurité (qui a donné l’autocuiseur) en passant par les progrès dans les mé- taux et alliages (ustensiles de cuisine, fours...). Quand on aime, on ne se prive pas... Quatre principes di- recteurs forts président à la grande majorité de ces évolutions : la simplifica- tion, l’hédonisme, l’écolo- gie (au sens de préserver la planète) et le diY (Do It Yourself, fais-le toi-même) – dans des proportions et combinaisons variées, les deux dernières étant plus récentes que les autres. Mais peu d’innovations auront un impact aussi global que celle du numérique et des ordinateurs. Cela aura pris quelques décennies, mais la tendance s’accélère – considérablement – depuis quelques années. Elle touche aussi bien le contact entre la nourriture et le consommateur, que son acheminement et sa pro- duction – voire même sa conception.
pour la survie de l’humanité...
des innovations dans la conception, l’emballage, le service, mais aussi dans l’assiette
imPLiquER LE ConsommATEuR Pour Monsieur Tout-le- monde, le signe le plus vi- sible de la rencontre entre technologie et nourriture est en général la multipli- cation d’ustensiles de cui- sine plus ou moins utiles (et souvent finissant leur carrière dans les fonds de tiroir). C’est toujours vrai (et peut-être plus encore aujourd’hui, cf. encadré), mais certains objets au- jourd’hui visent plus loin, et impactent également les producteurs. C’est le cas, par exemple, de la d-Vine (récemment récompensée
L’avenir de l’humanité est dans le cubisme.
RATionALisER
LA GEsTion ET L’ACHEminEmEnT Mais la vraie révolution en matière de distribution et de gestion – particulière- ment de masse – est portée par les tags RFid. Pour bien comprendre pourquoi, il faut déjà se représenter ce qui se passe quotidien- nement dans une grande surface qui vend des pro- duits frais. il est crucial que la bonne nourriture ar- rive, dans la bonne quantité, au bon magasin, et une li- vraison quotidienne peut représenter facilement plus d’une centaine de cartons. Et le travail de vérification se produit souvent le matin, tôt, à la main, ce qui fait que le plus souvent seul le nombre de palettes est vé- rifié – et non leur contenu. « L’intégration d’un tag RFID sur la palette permet, en quelques secondes, avec un scanner tenu à la main, de savoir exactement quel produit elle contient, sa quantité et sa fraîcheur, sans ouvrir quoi que ce soit », souligne James Staf- ford, directeur du RFid ap- pliqué à l’alimentaire chez avery dennison, un leader mondial dans les solutions utilisant le RFid, avec plus de 800 brevets et applica- tions et des capacités de fabrication mondiales, qui a déjà produit plus de 6 milliards d’étiquettes et d’étiquettes RFid. Les éco-
dres achètent du temps, ex- plique Thomas Jarousse, un des cofondateurs de 10- vins. Ils cherchent à vivre des expériences plaisantes, mais sans avoir à s’y in- vestir trop. » C’est ce ratio simplicité/qualité qui a fait le succès de Nespresso. Et l’accueil chez les produc- teurs – 10-vins traite di- rectement avec eux –, y compris chez les grands crus, est très positif. « Nous ouvrons un nouveau canal de distribution, plus en phase avec les usages ac- tuels. Les deux tiers des
plus importante est sans conteste l’arrivée d’internet. L’explosion des services de commande et livraison à domicile ces dernières an-
décrit Tri Tran, l’un de ses fondateurs. Et les plats sont livrés (à terminer au four) à domicile, la commande se faisant – évidemment –
de petits producteurs éga- lement, cela a été une bé- nédiction. Grâce à la montée en force des valeurs green, tout d’un coup, la distribu-
Grâce au NFC, l’ensemble du panier pourra être scanné d’un coup avec un téléphone portable, qui peut de plus servir de borne de paiement

