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n°29
STrATéGiE & iNNOvATiON NUMériQUE Décryptage - Les prochaines énergies renouvelables
L'occasion pour EcoRéseau Business d'expliciter en détails le sujet principal de Stratégie & Innovation Numérique
Créativité énerg(ét)ique
Et si notre avenir énergétique se jouait au large, au milieu de la Grande Bleue ou dans les eaux bretonnes ?
Conférence climat 2015 en a fait une priorité ; un fil rouge... éminemment poli- tique. « C’est de fait un sujet fortement lié à la parole gouvernementale qui soutient ces filières, en particulier le solaire », estime didier Mayer. Et ce alors que les prix des panneaux photo- voltaïques – crise de surca- pacités qu’a subie ce marché oblige – ont fondu de 80% en moins de dix ans (cf. en- cadré).
terres rares ou encore d’in- croyables ressources biolo- giques. « C’est aussi un for- midable terrain de jeu pour la recherche, en particulier celle qui concerne les EMR », souligne Jean-Fré- déric Charpentier, respon- sable du groupe « énergies renouvelables Marines » à l’institut de recherche de l’Ecole navale. Pour ce cher- cheur, une chose est certaine : « La Mer a de l’avenir ». Mieux, « elle est source d’in- novation et de développe- ment économique ». Seul (vrai) hic : la France a vis- à-vis de ce trésor maritime « une vision encore réduite », dixit. « Politiquement, cette France maritime a toujours été dirigée et encadrée par des gens qui n’ont aucune culture... maritime. » A cela s’ajoutent des probléma- tiques d’ordre économique et technologique. « Le dé- veloppement des EMR – mais c’est vrai aussi pour le solaire et l’éolien terrestre – coûte cher. Et certaines de ces énergies renouvelables sont par essence diffuses et intermittentes. » Se pose alors le problème du stockage de l’énergie pro- duite mais aussi la prise en compte du dimensionnement de certaines installations. Exemple : l’éolien off-shore. Chacun de ces « monstres marins », pouvant dégager
lLa vague de l’éolien off-shore monte en puissance... ’Hexagone, eldorado France, pesant encore 77%
de l’énergie (ADEME) », précise didier Mayer, direc- teur du département éner- gétique et Procédés à Mines
nouvelables ne représentent ainsi que 14% du mix, loin encore des objectifs de 23% en 2020, fixés par Bruxelles.
PUISSANCE MARITIME
Mais c’est aussi (et surtout) en mer et au milieu des vents marins que technologique- ment cette transition se met en marche. Techniques éo- liennes et énergies marines renouvelables (EMr) ont en France le vent en poupe. la raison ? l’incroyable poten- tiel et l’inépuisable réserve que représente le domaine maritime tricolore, classé deuxième mondial derrière les Etats-Unis, avec 11 mil- lions de kilomètres carrés
du renouvelable ? il du mix national, contre
y a loin encore, tant 12,6% pour l’hydraulique, le nucléaire reste l’alpha et 5% pour les centrales ther-
(et
bientôt plus,
cf. Grand
l’oméga du modèle énergé- tique français. Et même si Berlin fait pression pour la fermeture des centrales tri- colores de Fessenheim et de Cattenom (et Genève pour celle du Bugey, dans l’Ain), l’atome s’est pour longtemps fait une place au soleil de
miques à combustibles fos- siles, 3,1% pour l’éolien et 1,1% pour le photovoltaïque selon rTE (réseau de trans- port de l’électricité). Part qui devrait tomber « à 48% en 2030 selon les perspec- tives de Agence de l’envi- ronnement et de la maîtrise
L’énergie hydrolienne est certes alternée, mais elle est prévisible sur de longues périodes
ParisTech. Malgré tout, « le pays des Lumières reste scot- ché sur le nucléaire », dé- plore-t-il. les énergies re-
Alors... la France, mauvaise Angle) ! Une véritable mine élève ? Pas si sûr. Car de sa d’or, si l’on considère la pré- transition énergétique, le sence possible dans ces fonds pays organisateur de la marins d’hydrocarbures, de
3 questions à Jean-Luc Longeroche, président de GEPS Techno
L’entreprise que vous avez cofondée en 2011, installée à Saint-Nazaire, conçoit des flotteurs parfaitement autonomes capables de récupérer de l’énergie à partir de la houle marine. Est-ce là le début d’une révolution énergétique ?
Il est trop tôt pour l’affirmer. Mais nous sommes sur une technologie de rupture qui propose en effet, pour le compte de plateformes d’essais, des bouées scientifiques et industrielles – généralement équipées de systèmes die- sel – qui produisent de l’énergie de façon autonome. Il s’agit d’un flotteur à moitié rempli d’eau, baptisé OctoPU-
Sea, dont la taille peut varier d’un projet à l’autre. Il est doté d’une turbine à eau qui récupère l’énergie.
Pour produire quelque 25 kW, vous devez tout de même déployer un flotteur de 10 mètres de long sur 4 mètres de large. N’est-ce pas là une contrainte au développement de votre technologie ?
En mer, la taille des solutions proposées importe peu fina- lement. L’espace est infini. Nous travaillons d’ailleurs sur un engin de 18 mètres de long sur 8 de large, que nous es- pérons mettre à l’eau l’année prochaine. Il sera capable de
produire 150 kW.
Quelles sont vos ambitions commerciales ?
Nous avons multiplié par cinq notre chiffre d’affaires en 2015 ; celui-ci s’est établi à 200000 euros. Cela s’explique notamment par la livraison de notre premier pilote hybride quatre sources (PH4S). Il s’agit de la première bouée combinant les énergies de la houle et du courant mais aussi du vent et du soleil grâce à des panneaux et une éolienne installés à bord. Pour 2016, nous espérons multiplier à nouveau notre chiffre d’affaires par cinq. Technologiquement, notre priorité est d’améliorer encore l’autonomie énergétique des solutions accompagnées.
50 Avril 2016
« En mer, la taille des solutions proposées importe peu »
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