Page 31 - EcoRéseau n°29
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En immersion - Le Tara, goélette d’exploration improbable ClUB ENTrEPrENdrE
a déjà eu des départs de feu, par une courroie qui a cassé et qui a généré des étincelles », énonce- t-il en descendant dans la grande pièce du centre, le carré, décorée de pho- tos prises sur la banquise. Celle-ci sert de salle à manger, à se réunir ou à regarder des films. Une pièce est dévolue au ma-
prendre les quarts, entre- tenir les voiles, et nous aidons à mettre en place leur matériel », décrit François Aura.
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CE VÉCU
Tara Expéditions incite les décideurs à des so- lutions concrètes par ses
Par la suite, il s’agira de
se laisser à nouveau dé-
river sur l’Arctique pen-
dant deux ans. l’avenir
est dégagé pour ces ex-
plorateurs, alors que Ban données, mais renforce le monde. Six documen-
Au départ nous avons été critiqués par le monde scientifique, mais tout a cessé quand nos expéditions ont donné
lefaitdedisposerd’u. goélette d’exploration, capable de se perdre dans les glaces, de réaliser la moitié du parcours à la voile, permet de réduire les coûts « et ajoute une dimension de storytelling sans équivalent », pré- cise romain Troublé.
de 35000 élèves en France ont suivi ses aventures depuis dix ans. 17500 enfants ont pu vi- siter le bateau à travers
une exposition sur les missions. des ONG amé- ricaines ont aussi de gros navires à moteur pour ce type de missions, mais
ne
QUÊTE DE FINANCEMENT
les expéditions se sont enchaînées. En 2014 Tara Méditerranée a permis une sensibilisation sur les nombreux enjeux envi- ronnementaux liés à Mare Nostrum et un volet scien- tifique sur le plastique. la prochaine concernera le prélèvement de corail dans le Pacifique et en Asie du Sud-Est en 2016- 2018, afin de mieux cer- ner le réchauffement, ce qui nécessite de nouveaux aménagements, notam- ment un caisson hyper- bare pour les plongeurs. Tout cela a un coût. « Agnès b. prête le bateau et est mécène du projet, en finançant 30 à 40%. Le reste est pourvu par d’autres partenaires comme la fondation Veo- lia ou la fondation du Prince Albert II de Mo- naco, de grosses PME comme Serge Ferrari qui nous fournit des toiles capables de perdurer mal- gré les fortes contraintes, IDEC Groupe... », cite pêle-mêle romain Trou- blé. leur retour sur in- vestissement ? « Leur mé- cénat permet d’afficher leurs valeurs. Ils peuvent inviter leurs clients aux conférences, envoyer des newsletters à leurs parties prenantes, organiser des concours internes, des cocktails à bord du ba- teau », ajoute le secrétaire général, qui sait que le prochain chantier prendra six mois pour changer le moteur, repeindre le pont et adapter le bateau à la plongée. Agnès b. a donné un million sur les trois millions nécessaires aux réparations, quand les la- boratoires financent le matériel et gèrent les scientifiques. 80% de la prochaine expédition sont d’ores et déjà financés.
lieu à des publications
Ki Moon, secrétaire gé- aussi la conscience en- néral de l’ONU, a un peu vironnementale du grand plus crédibilisé leur aven- public et des jeunes, no- ture par ses deux visites tamment à travers le dis- à bord. positif Tara Junior : près
taires et huit livres ont été réalisés pour partager les expéditions, deux millions de personnes ont eu l’occasion de voir
Julien Tarby
tériel de radio, et le coin cuisine est tenu par Ma- rion lauters, qui optimise l’espace pour ranger les casseroles. « Je dois nour- rir 14 personnes, et bien- tôt 16, ce qui demande un minimum d’organisa- tion », déclare la jeune femme de 32 ans. Avant les cabines, un espace a servi à l’analyse des échantillons de planctons par les docteurs en bio- logie marine de 2009 à 2013, quand le bateau a sillonné les mers lors de la mission Tara Océan. Un artiste – écrivain, mu- sicien... – est aussi tou- jours présent à bord. le tout dans l’harmonie. « Tout le monde travaille aux tâches ménagères, pour mettre la table ou faire la vaisselle. Les scientifiques aident à
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