Page 82 - EcoRésean n°28
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n°28
arT DE VIVrE & PaTrIMOINE Regard sémantique
Depuis neuf ans, Jeanne Bordeau compose des “tableaux de mots” à partir de collages issus d’articles de presse. Démonstratives et percutantes, ses “compositions sémantiques” accrochent le coeur et la raison. A la fois miroir et interprétation de l’actualité,
ses tableaux décryptent l’époque de manière presque prémonitoire.
Créations thématiques et singulières, ses tableaux mettent en scène les mots-clés d’une année dans des secteurs d’actualité majeurs : politique, économie, crise, culture, société, culture, femmes, développement durable, ressources humaines, verbes. Chaque année, ces dix toiles forment ainsi “une tapisserie de Bayeux contemporaine” et sont exposées courant janvier à Paris.
La mémoire des mots
JOB OUT AU CŒUR DU TRAVAIL
Nomdutableau: RessourcesHumaines,JobOut,2015,JaneBee
© Jane Bee, 2015
Désormais, il faut apprendre à être « acteur de sa carrière ». « Se gérer soi-même » est une nou- velle façon de penser sa vie professionnelle. C’est une manière d’estimer que rien n’écrit et que tout est à écrire. La preuve, on assiste à l’es- sordu«Jobout».Le«Jobout»,c’estcettefa- culté de rompre avec une carrière toute tracée et bien rangée. Terminé le temps où l’ont rêvait d’être cadre installé dans un grand groupe. On peut décider de rompre avec la routine et choisir d’être un autre : éleveur de chèvres, moniteur de
On ne cesse d’écrire qu’il faut « réinventer le mo- dèle ». Cette « ré-invention » est peut-être déjà en marche. Le « code du travail » est bousculé. Et si, « les robots » sont à «l’assaut du boulot ». Ce n’est pas grave, docteur. Ils sont bien utiles dans les maisons de retraite !
Dico d’époque
C’est une expression qui est sur toutes les lèvres. On ne cesse d’in- voquer le « timing ». Seulement ce « timing » peut aussi être maîtrisé !
Timing
En 2015, le monde du travail est gagné par des mots nouveaux. Il est question de « Job out », de « Bore out ». Signe d’une époque qui se re- compose.
sport, professeur des écoles... Le « job out » peut être une condition de bien-être personnel. En effet, les études le prouvent, s’ennuyer au travail cause des problèmes de santé, tel est « le bore out », cette maladie de l’ennui au bureau. Main- tenant que c’est dit, il faut se prémunir contre !
Révolution digitale
L’optimisme d’abord ! Car, le monde du travail n’est plus monolithique. Il est décloisonné. ainsi va un univers où chacun peut toujours prendre sa carrière en main. Le savoir est à portée de smart- phones, de tablettes, d’ordinateurs grâce aux « Moocs » et aux « Coocs ». Des formations en ligne ouvertes à tous les collaborateurs, en per- manence. Il s’agit d’être « tous entrepreneurs ». Pas forcément pour créer son entreprise mais pour « créer son emploi » !
Humain avant tout
Et les DrH entament leur « révolution digitale ». La marque employeur peut séduire ses futurs ta- lents via « Twitter ». recruteurs et recrutés se rencontrent sur les « Job-boards ». Le Directeur du personnel fait partie d’un autre temps. Il est passé en mode « chasseur de têtes ».
Le mot « burn out », implosion intérieure, résiste et trouve toujours place dans la galaxie rH. Pourtant, ce tableau rH de 2015 est bien plus op- timiste que les précédents. Ce tableau marque une rupture, la numérisation laisse entrevoir la nécessité d’un « retour » de « l’humain » dans l’entreprise. Humanité du management qui se traduit grâce à des concepts et à des mots chaleu- reux : « management bienveillant » pour donner aux collaborateurs les moyens d’accomplir une mission en les aidant à conforter leurs atouts, « considération » pour considérer l’autre pour ce qu’il possède d’unique, de singulier.
Acteur de sa carrière
L’humain s’incarne également grâce à des initia- tives positives. Des contributions qui peignent l’avenir aux couleurs de l’espoir. « L’entrepre- neur social 2.0 » témoigne de cette tendance à changer le monde au quotidien. « L’entrepreneur social 2.0 » existe grâce à des réseaux comme Makesense qui aident justement les entrepre- neurs sociaux à développer leurs projets.
par
souvent quand le « timing » s’invite dans une conversation, il est signe de stress, de pression. La question sous- jacente est « Est-ce que c’est le bon timing ? ». Tout est fait pour que l’on ne soit plus maître du « timing ». Les courriels fusent du monde entier en permanence, un sMs suffit à modi- fier un calendrier de travail. La dic- tature du « timing », l’obsession de l’époque ?
Puisque nous sommes ces êtres digi- taux, nous avons pour devoir de ré- inventer notre lien avec le temps. Ce n’est donc pas un hasard, si la mode des « To do lists » fait surface. Il est grand temps de savoir hiérarchiser ses priorités. L’exercice est délicat et périlleux. Le « Time is money » de Benjamin Franklin est dépassé. Le temps est devenu un luxe. On espère que les maisons de luxe sauront ne pas l’oublier !
Jeanne Bordeau
Timing, qui es-tu ?
la qualité d’expression
Timing, le dictateur ?
Timing est art de vivre
Fondatrice de l’Institut de
Ce terme « timing » est employé nuit et jour. Il renvoie au fait de respecter les délais de réalisation d’un projet. Il renvoie encore à l’idée d’être syn- chrone. De se croiser au bon mo- ment. Il est un mot « valise » qui regroupe toutes les préoccupations liées au temps.
Mars 2016
PROCHAIN NUMÉRO LE JEUDI 31 MARS 2016
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