Page 75 - EcoRéseau n°27
P. 75
n°27
www.ecoreseau.fr
Observatoire rH & FOrMATiON
Etude EMBAC 2015 : regards sur l’Executive MBA
Projets d’avenir pour l’X
+ La fin de l’année 2015 fut l’occasion pour l’eMBAC de publier son
enquête annuelle sur les évolutions de l’executive MBA. Quels faits
saillants ? d’abord une progression significative du taux de participation
des femmes atteignant 27,6%. Quid du profil des participants ? Pour le cru
2015, ces derniers sont principalement issus des secteurs de l’industrie, des nouvelles technologies, des services financiers et des produits de grande consommation avec un âge moyen de 37,8 ans assorti d’une expérience de 14 ans et de 9 ans en tant que dirigeant. Côté financement, le bât blesse toujours. d’autant plus que moins d’un quart des participants bénéficient d’un financement intégral, tandis que 41% d’entre eux ne jouissent d’aucune aide financière de la part de leur entreprise.
-La fin d’année pour Polytechnique fut l’occasion de se projeter dans le futur. Quelles nouvelles mesures ? d’abord, la mise en place d’un nouveau bachelor, le renforcement des liens avec la défense (mise en place de l’enseignement des
NB : L’eMBAC fédère 200 écoles et universités qui proposent un eMBA. 91,5% de ses membres ont répondu au questionnaire soutenant l’étude.
+ entretien avec Michael desiderio, directeur exécutif de l’eMBAC (executive MBA Council) :
Au cours des dix dernières années, quels grands changements ont touché les EMBA ?
Les eMBA ont continué à s’adapter aux besoins de formation des populations, avec des ajustements du curriculum pour répondre davantage aux besoins des entreprises de lier stratégiquement chacun de leurs maillons. Ces dernières décennies ont surtout vu se multiplier des électifs dans de nombreux domaines, même si le noyau dur de l’eMBA est toujours en place dans son approche multi-disciplinaire et généraliste. en parallèle, la grande majorité des programmes offre davantage de possibilités expérientielles mondiales pour aider les gestionnaires et les cadres à évoluer dans l’en- vironnement toujours plus global de l’entreprise. enfin, les programmes eMBA se caractérisent par une offre plus personnalisée depuis dix ans, qui se décline sous différentes formes : services de gestion de carrière, coaching, men- torat...
Quel est l’avenir de l’EMBA ? Que pouvons-nous attendre dans les dix prochaines années ?
théories militaires, pro-
motion, lien armée-na-
tion...) et l’accélération
de son internationalisation
via le recrutement d’en-
seignements chercheurs
de renom et la mise en
place progressive de pro-
grammes en anglais. L’X entend également renforcer ses liens avec les autres écoles du plateau de Saclay – parmi lesquelles Télécom, l’ensta, l’eNSAe, Centrale Supélec et AgroParisTech – pour améliorer l’insertion en mastères spécialisés entre écoles voisines et permettre plus aisément les doubles compétences assorties de doubles diplômes.
L’avenir de l’eMBA semble radieux. La raison ? Le besoin est sans cesse plus fort de former davantage de chefs d’entreprise à l’échelle mondiale qui possèdent un sens des affaires aiguisé, doté d’une vue stratégique. A l’image de la demande qui émane de zones géographiques historiquement considérées comme centres de fabrication. Ces régions ont maintenant opéré leur mue économique et les entreprises éprouvent aujourd’hui la nécessité de se pourvoir en dirigeants d’envergure.
-L’ecole Polytechnique renouvelle aussi jusqu’en 2020 sa chaire modélisation mathématique et biodiversité avec le concours de la Fondation de l’ecole Polytechnique, de véolia et du Muséum national d’histoire naturelle. Source : Polytechnique
Les destinations pour les séjours académiques par ordre d’importance sont respectivement l’europe de l’Ouest (43%), la Chine et l’Amérique du Nord. L’europe de l’Ouest (50%) reste aussi principalement plébiscitée pour les stages. L’Amérique Latine connaît une belle progression, tandis que l’attractivité de la Chine et de l’Amérique du Nord recule.
La double compétence au cœur des volcans
Le Maghreb reste la principale zone géographique d’où proviennent les étudiants. La zone Asie Pacifique (inde et Chine notamment) connaît toujours une belle croissance (+33%).
Qui a dit qu’il ne se passait rien en Auvergne ? Pour les mauvaises langues, sachez que les huit grandes écoles du territoire clermontois ont signé en décembre une convention cadre de coopération pour renforcer les liens dans les domaines de l’éducation, la formation, la recherche et l’accompagnement vers l’emploi. initiative inédite en France, cette dernière autoriserait une double compétence en complément du cursus de base. L’originalité tient dans la diversité des options possibles permises par les établissements, tous dédiés a priori à des métiers et secteurs bien distincts : eSC Cler- mont, institut français de mécanique avancée, ecole na- tionale Supérieure de Chimie de Clermont-Ferrand, ve- tAgro Sup Clermont, ecole Nationale Supérieure d’Ar- chitecture, ecole Supérieure d’Art, institut Supérieur d’informatique, de modélisation et de leurs applications, Polytech Clermont Ferrand. L’accord concerne 4000 étudiants. Une annonce qui se réalise au moment où est actée la réintégration de l’eSC Clermont à la CGe.
Ces chiffres attestent d’une volonté vive des grandes écoles de poursuivre leur processus d’attractivité in- ternationale. en corollaire, le nombre de doubles di- plômes a augmenté de +20%. Le bachelor reste en odeur de sainteté et enregistre une progression de +43%.
L’imbroglio Paris-Saclay
NB : 88% des 218 écoles membres ont répondu à ce questionnaire.
Source : CGE
L’annonce du plan stratégique de l’X n’est pas sans sou- lever des interrogations sur le sort de Paris-Saclay. Si la polémique couve depuis bientôt trois ans, les récentes évolutions voulues par l’X ne laissent pas indifférent. Tout comme les 60 millions qui lui seront versés, générosité de l’etat qui fait grincer des dents les univer- sitaires. Ce faisant, enseignants chercheurs et scientifiques de renom se sont fédérés pour exprimer notamment leur sentiment perçu de mépris de l’etat à l’égard du système universitaire français. La question de l’intégration des grandes écoles et de l’X en particulier questionne toujours au regard des prérogatives de l’Université Paris Sud et des laboratoires mixtes. Le clivage université/ingénieur ne semble donc pas s’effacer à la faveur de ce projet, qui ambitionnerait à terme de devenir le vaisseau amiral de l’enseignement supérieur et de la recherche en France. L’annonce des projets d’avenir de Polytechnique s’est également accompagnée d’un rappel d’emmanuel Macron au sujet de la nécessité pour les 14 écoles de travailler ensemble. A ce sujet, elles auront jusqu’au 15 mars pour délivrer un schéma sur leur travail commun en matière de formation, recherche, international et entrepreneuriat. Affaire en cours.
Arts et métiers : les campus de Cluny et d’Angers se mettent au bachelor
La mode à petits prix ?
A compter de la rentrée de 2016, et dans la lignée de ses cousins de Bor- deaux et Châ- lons-en-Cham- pagne, les cam- pus de Cluny et d’Angers pro- poseront un ba-
vendredi 18 décembre, Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Com- munication confirmait le projet d’une grande école de mode publique avec le concours de l’ecole nationale su- périeure des arts déco- ratifs, Paris-dauphine et les Mines, qui devrait se concrétiser à comp- ter de la rentrée prochaine pour rivaliser avec les établis- sements étrangers, avec un dispositif de formation – allant jusqu’au grade master – à la croisée de la création,
chelor de technologie qui pourra également servir de marchepied pour la formation d’ingénieur généraliste Arts et Métiers.
Source : Arts et métiers
de l’ingénierie et du management de la mode.
Source : AFP
Février 2016
75

