Page 24 - EcoRéseau n°27
P. 24
www.ecoreseau.fr
n°27
PANOrAMA International - Focus pays – L’attractivité belge
Focus sur un pays qui étonne par ses caractéristiques, par le prisme de l'investisseur ou entrepreneur français
route vers le grand large
d La Belgique, une étape incontournable dans la stratégie d’internationalisation des entreprises françaises ?
e par ses similitudes UN MARCHÉ françaises se concentre dans çue comme sinistrée regagne pour les Néerlandais en Flan- Belgique n’octroie aucune avec la France et PLÉBISCITÉ la région Bruxelles-Capitale ; du galon, notamment via des dre et pour les Allemands aide aux sociétés étrangères. sa situation straté- depuis, la situation politique siège des institutions euro- politiques volontaristes à l’ap- dans la partie germanophone, d’un point de vue pratique,
gique en europe, notre voi- s’est stabilisée et la Belgique péennes, la capitale est un pellation évocatrice de « Plan mais pour ruwan Helleboid, les succursales et filiales op-
sine belge a tout d’un terreau favorable à l’expansion in- ternationale des entreprises, notamment en première étape avant de se lancer à l’assaut de pays réputés plus risqués. Pourtant, ses difficultés à for- mer un gouvernement, les clivages entre une Wallonie en déclin et une Flandre non francophone, et une actualité médiatique présentant la Bel- gique comme une plaque tournante du terrorisme ont pu éveillé les craintes des investisseurs étrangers. C’est donc en toute logique qu’eco- réseau revient sur les réelles opportunités que recèle le pays aujourd’hui.
semble plus que jamais at-
microcosme de diversité mais
Marshall ». Quant à la Flan-
« au-delà du critère de proxi- mité, la réelle différence pour réaliser des partenariats avec les Belges se fera sur le rap- port qualité-prix. A ce niveau, les Hollandais sont reconnus pour pratiquer des prix qui sont imbattables, les Alle- mands pour leur qualité et les Français pour leur sa- voir-faire technique ». La France reste donc un parte- naire privilégié... parmi d’au- tres ! et pour ceux qui s’in- terrogeraient sur les marges de progression de ce marché a priori mature, il est bon de noter que depuis 2014, Ubi- France encourage les inves- tissements dans l’agro-ali- mentaire.
tent généralement pour la so- ciété anonyme, la société coopérative ou la société pri- vée à responsabilité limitée. Cette dernière fait depuis plu- sieurs années l’objet de me- sures incitatives, telles que la possibilité d’étaler l’apport des 18 500 euros de capital nécessaires sur les cinq pre- mières années.
DES CRISES MALHEUREUSEMENT MÉDIATISÉES
« Fabrique de terroristes », « Moleenbekistan »... Ces dernières semaines, le trai- tement médiatique de l’im- plication de ressortissants belges dans les attentats de Paris a pu affoler l’opinion. directeur de l’institut des re- lations internationales et stra- tégiques (iriS), Pascal Bo- niface relativisait cependant la situation : « nous sommes dans une sorte de bataille médiatique. Ce sont des for- mules rapides, qui ont pour but de frapper pour capter l’opinion.». Si cette analyse est plutôt rassurante, d’autres épisodes relayés par la presse ont cependant écorné l’image de la Belgique ces dernières années, en particulier les dif- ficultés du pays à former un gouvernement. Ainsi, « les sociétés les plus importantes se tournaient davantage vers le Luxembourg pour la mise en place de leur siège euro- péen », confie ruwan Hel- leboid, chargé de mission à la Chambre de Commerce et d’industrie France-Bel- gique (CFCiB), un organisme privé qui aide les sociétés étrangères à se développer en Belgique.
QUEL CADRE POUR LES ENTREPRISES ? Concernant les conditions d’implantation, on sait que ces dernières années, certains contribuables français ont fait le choix de partir vivre ou- tre-Quiévrain. Cependant, comme le souligne Bertrand Marot, directeur du Comptoir Français de Petercam, atten- tion aux raccourcis : « si la fiscalité est plus avantageuse pour les particuliers en Bel- gique, elle ne l’est pas for- cément pour les entreprises. Les sociétés françaises vien- nent en Belgique parce qu’il y a des débouchés écono- miques ». égal à 15% du bé- néfice jusqu’à 38 120 euros, puis à 33,33% au-delà, l’im-
Ainsi, pour ruwan Helleboid, « créer une société en Bel- gique peut être un jeu d’en- fant... si l’on est bien entouré. Il n’y a pas de guichet unique et les formalités ont tendance à freiner les entrepreneurs étrangers ». d’où l’intérêt d’être accompagné par des organismes de coopération tels que la CCiB, Brussels invest & export ou encore l’Agence Wallone à l’expor- tation et aux investissements etrangers.
Le plat pays n’est pas si folklorique pour les investisseurs étrangers...
NE PAS NÉGLIGER LA PRUDENCE
entrer sur le marché belge apparaît donc comme une décision sage... à condition de ne pas sous-estimer les différences culturelles. Car cette Belgique que l’on aurait tendance à considérer comme une petite sœur s’avère plutôt être une demi-sœur. « La Belgique est un véritable marché-test, rappelle ruwan Helleboid. Malgré sa petite taille, elle constitue un marché complexe qui comprend de nombreuses différences avec la France. Les approches à mettre en place doivent varier en fonction de la région choi- sie, des canaux de distribu- tion, des cibles... ». et de préciser que si les Belges sont des commerçants qui ont l’habitude de jongler avec les pays limitrophes et avec les langues, ils attendent cette même flexibilité de la part de leurs partenaires commer-
tractive : 90% des entreprises françaises exportatrices y sont présentes ! Troisième parte- naire commercial de la France, le pays compte plus de 1 500 sociétés françaises qui emploient 140 000 sala- riés, notamment dans le do- maine du matériel de trans- ports, de la distribution, de la finance, de l’énergie et des télécommunications. Total, Alstom, Carrefour, BNP Pa- ribas-Fortis ou encore Orange comptent parmi les poids lourds, ayant essentiellement assis leur expansion sur le rachat de sociétés belges. La moitié de ces implantations
présente un marché similaire à la France. Quoique plus relatif, on aurait cependant
dre, créatrice de richesses et davantage tournée vers les services, dans quelle mesure
Cette Belgique que l’on aurait tendance à considérer comme une petite sœur s’avère plutôt être une demi-sœur
tort de sous-estimer le poids sa proximité culturelle avec pôt sur les sociétés est donc de la Wallonie : si elle ne re- l’Allemagne et les Pays-Bas relativement attractif mais si- présente que 24% du PiB de laisse-t-elle place aux milaire à la France. de plus, la Belgique pour 32% de sa échanges avec la France ? bien que certains avantages population, cette région fran- Certes, l’avantage de la tels que la déduction des in- cophone traditionnellement langue pour les Français en térêts notionnels pour les industrielle et longtemps per- Wallonie est tout aussi valable grands groupes existent, la
.
ciaux.
24
Février 2016
Carla Verley

