Page 16 - EcoRéseau n°26
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n°26
PANorAmA Régions & Territoires - Aquitaine – Limousin – Poitou-Charentes
u Le levier du tourisme
La future grande région du Sud-ouest n’a pas à faire ses preuves en la matière. Les immenses plages, de Lacanau à Hossegor, le bassin d’Arcachon, les îles de ré et d’oléron, ou encore l’œnotourisme bordelais sont largement connus dans l’Hexagone comme à l’international et représentent déjà une source de revenus considérable. mais il y a désormais une autre carte à jouer, en misant sur le tourisme de savoir-faire, déjà lancé dans la partie est du territoire, mais encore relativement marginal.
Le Limousin recèle un important tissu de PmE qui oeuvrent dans l’univers du luxe et de l’excellence. Ces dernières évoluent dans la conception/fabrication de chaussures, de textiles haut de gamme, de la porcelaine, de la maroquinerie, des produits à base de cuir, du verre haut de gamme, ainsi que de l’ameuble- ment. « Il existe un fort potentiel touristique sur toutes les questions liées aux méthodes et pratiques pour concevoir et élaborer ces produits de luxe connus mondialement. Le savoir-faire à la française intéresse de plus en plus. A nous de développer une filière pertinente autour de ces notions, en réponse à la de- mande existante », explique marc Faillet, directeur général de la CCir du Li- mousin. Le secteur peut ainsi s’organiser en complémentarité avec le tourisme côtier déjà existant et mature, et s’appuyer sur les réseaux et savoir-faire du domaine que déploient les départements jouxtant l’Atlantique. « Des itinéraires originaux sont à imaginer sur des thématiques relatives au luxe, par exemple en associant les vins et alcools de prestige du Sud-Ouest », illustre marc Faillet. En matière de tourisme, la Charente-maritime, deuxième département français en termes de fréquentation derrière le var, représente une autre force majeure à laquelle les professionnels peuvent s’adosser.
La Rochelle
Atouts en gestation
Le tourisme comme force majeure de la ville et ses environs paraît assez évident. Quelque 8500 personnes en vivent directe- ment. Le salon local Atlantica, dédié aux développements du secteur, est devenu un rendez-vous essentiel et un véritable trem- plin pour certaines branches en plein essor comme l’hôtellerie de plein air. Mais d’au- tres atouts, bien plus méconnus, s’affichent comme des garants de la valeur ajoutée de demain. La croissance bleue, désignant toutes les activités relatives à la mer, est sur toutes les lèvres, à commencer par celles du milieu du nautisme. Le territoire regroupe un nombre grandissant d’acteurs du domaine, de la maintenance à la pro- duction en passant par la vente et les nou- velles offres innovantes. « Nous avons créé un pôle d’excellence autour du nautisme il y a trois ans. L’objectif est de développer, structurer la filière, et aussi de faire connaî- tre cette spécialisation à l’international », décrit Emmanuel Hurtrez. Les Energies ma- rines renouvelables (EMR), et notamment l’éolien offshore, sont également sources de développements et d’innovation. L’agroalimentaire est un autre fer de lance
promis à un bel avenir. Grâce à l’envolée de certaines entreprises du secteur, la filière assure une grande partie de la force com- merciale du port maritime de La Rochelle. Les produits forestiers, les hydrocarbures, les céréales, le papier occupent par ailleurs une place croissante. Si le port attire de plus en plus les regards des industriels, c’est en partie grâce à sa connexion avec le monde ferroviaire. « Nous disposons d’un Opérateur ferroviaire de proximité (OFP) en pleine expansion. Il est le résultat d’une alliance entre La Rochelle et une fi- liale de la Deutsche Bahn (DB). D’ici deux ans, le fret transporté devrait atteindre le million de tonnes », annonce Emmanuel Hurtrez.
La filière aéronautique organisée autour du donneur d’ordre Stelia, à Rochefort, et le réseau de PME environnantes évoluant dans la chaudronnerie et le soudage, constituent d’autres forces à développer. « Il y a des liens à nourrir avec Bordeaux sur ce plan. Il s’agit aussi pour nous de ré- gler la question du déficit d’image et de notoriété. La grande région doit servir de biais pour y parvenir », poursuit-il.
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DéCEmbrE / JANviEr
uL’aubaine de la LGV
La future Ligne à grande vitesse (LGv) du Sud-ouest placera bordeaux à deux heures de Paris. mais ses effets positifs les plus déterminants concerneront surtout Limoges, Poitiers et leurs environs. Le Limousin se retrouve inscrit dans le réseau à grande vitesse de la façade atlantique, générant des réductions significatives de temps de parcours pour les déplacements professionnels, de loisirs et de tourisme. 41% des salariés limousins à l’heure actuelle travaillent dans une entreprise dont le siège social se situe à l’extérieur de la région. « Il s’agit d’équilibrer tout le côté est de la future grande région. Il ne faudrait pas que seul le flanc atlantique se développe. Le TGV est un excellent moyen pour pallier ce risque », estime Jean-Pierre Limousin, président de la CCi de Limoges Haute-vienne.
De meilleures coopérations sont à espérer pour l’avenir, notamment entre plusieurs villes du Centre-ouest comme Limoges, Poitiers, Périgueux, tulle ou brive- la-Gaillarde, d’ores et déjà concernées par des synergies. Dans le domaine universitaire, l’essentiel des organismes d’enseignement supérieur de Poitou-Charentes et du Limousin sont rassemblés au sein d’une association pour le développement de l’enseignement et de la recherche. A noter que plusieurs entreprises se sont déjà organisées à une échelle inter-régionale, à l’image du Crédit Agricole ou d’orange. Parmi les développements qui devraient tirer leur épingle du jeu, on peut citer le Zénith de Limoges, le Pôle économique du Patrimoine de la Porcelaine et des Arts du Feu ou encore le nouveau quartier d’affaires de la ville de Poitiers. « Après Bordeaux, nous serons la ville la mieux desservie par le TGV, ce qui nous donne une position stratégique dans un territoire parfaitement irrigué », se réjouit Alain Clayes, président du Grand Poitiers.

