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pire d’ailleurs pas à ce que les gens le copient, vivant très mal le fait de devenir un modèle rattrapé par les marques. Son but est juste- ment de démontrer qu’il n’est
vid infante dans son article de mashable. mélange habile de hipster, bobo et yuppie, le yuccie vit aussi dans un quartier gentrifié, est blanc, hétéro, porte une moustache
être et travailler à la fois. il veut de la créativité, mais une carte Gold aussi. mem- bre de la génération Y, il est aussi développeur ou star- tupper cherchant la prochaine
Grand Angle - Grands phénomènes de mode « cool » PANorAmA Histoire des sous-cultures
La fin de l’histoire ?
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Les Ubitechs pour ultra-techno-bio ne jurent que par le sport, l’outdoor et les vêtements technologiques aux matériaux surélaborés
Année 50 : Beat Generation : Mouvement littéraire et artistique, alliant créativité dé- bordante et fascination pour les milieux un- derground des villes et tout l’art qui s’y crée (littérature, jazz...), il témoigne également d’un attachement aux grands espaces, à la nature et aux spiritualités chamaniques dans lesquelles l’homme est partie intégrante du Cosmos. Choquant l’Amérique puritaine, ce mouvement a été précurseur de la libération sexuelle.
Années 60 : Hippies : Mouvement parti des Etats-Unis puis repris dans tout l’Occident. Issus du baby-boom, les hippies rejetaient les valeurs traditionnelles de leurs parents, matérialisme et consumérisme des sociétés industrielles. Ils rejetaient en particulier les valeurs associées au travail, à la réussite pro- fessionnelle et le primat des biens technolo- giques au détriment des biens naturels. Ils aspiraient à une sorte de fraternité universelle pour laquelle ils espéraient trouver idées et techniques dans des sociétés traditionnelles. L’ouverture à d’autres cultures, un besoin d’émancipation, la recherche de nouvelles perceptions sensorielles les amenèrent aux expressions artistiques du psychédélisme. Le mouvement a eu une influence culturelle majeure, en particulier dans le domaine mu- sical. La diffusion d’une partie des valeurs issues de ce courant a accéléré l’évolution des mœurs de la société occidentale.
Fin des années 70 – début des années 80 : Punks : La pensée punk (presse alter- native, graphisme, chansons des Sex Pistols, The Clash, Jamie Reid...) est liée au « do it yourself » (faites le vous-même) et à la contestation de l’ordre établi, à la notion de liberté individuelle, à l’anarchisme (Bérurier
résistants, se tournent vers des matières respirantes et techniques. « A la montagne, l’ultra-bio-techno ne veut plus prendre le télésiège, qui est trop ringard. C’est le ski de randonnée qui sera son activité de prédilection. Ses passions sont tournées vers l’évasion, ses week-ends composés de sorties extrêmes comme des hypertreks ou marathons avec des amis. A New-York 90% des active women pratiquent le yoga avant d’aller au travail. On parle de réconfort par l’ef-
Noir, Biafra...). L’idéologie punk est basée sur des concepts existentialistes, anarchistes, in- dividualistes, antiautoritaires, égalitaires voire nihilistes, avec une forte contestation de la loi et des autorités, souvent antiraciste et an- tinazi. Le punk, dont le slogan est «no future» (pas d’avenir) met en avant l’urgence, l’im- provisation, la singularité, le désordre voire l’émeute. Au programme détournement des codes, dérision, mise en place de structures «alternatives», anticapitalisme, liberté maxi- male de l’individu.
Fin des années 80 – début des années 90 : Grunge : Il est souvent identifié comme le genre musical caractéristique de la géné- ration X pessimiste qui a vécu un creux de vague au niveau professionnel, trouvant dif- ficilement des emplois stables et bien rému- nérés. Les formes nouvelles de précarité gé- nérationnelle lui sont spécifiques. Le grunge exprime un refus du consumérisme, de prendre sa place dans la société actuelle, de devenir adulte, de s’assumer, de la morale, des règles, engendrés par la déception, la désillusion et la frustration, et poussant à l’individualisme « Think for yourself ». Le genre musical, apparu au milieu des années 1980 essentiel- lement autour de Seattle, devient la forme la plus populaire du rock alternatif au niveau mondial dans les années 1990 grâce aux groupes Nirvana et Pearl Jam qui ont vendu des millions d’albums dans le monde. Beaucoup de musiciens grunge ont été remarqués pour leur allure sale et le rejet de la théâtralité. Leur style a paradoxalement fait florès.
Et la suite ?... Hipsters, ubitechs, gypsets (mélange de gypsy et de jet-set) ?...
(1) Système de la Mode, de Roland Barthes, éd. Seuil, 1967.
(2) Le temps des tribus : le déclin de l’individualisme dans les sociétés postmo- dernes, de Michel Maffesoli, éd. La Table Ronde, 2000. (3) La France étroite, de Mi- chel Maffesoli et Hélène Strohl, éd. Du Moment, 2015. De la légèreté, de Gilles Li- povetsky, essai, éd. Grasset, 2015.
Julien Tarby
S
GRUNGE
HIPSTERS, UBITECH, YUCCIES, GYPSETS (MÉLANGE DE GYPSY ET DE JET-SET) ?...
pas un pion, une marionnette qui suit la mode de manière moutonnière. En revanche le hipster garde un discours anti-consumériste, « une pos- ture héritée de tous ces mou- vements «cools», identiques à celle qu’adoptent les ar-
et a un vélo à pignon fixe. La différence tient dans le mot «creative». il a des lettres et des idées, lit sans cesse, a par exemple étudié l’histoire del’artàlafac,etabien souvent quitté un travail en- nuyeux ou mal considéré
«big idea» mâtinée de préoc- cupations sociales, écolo- giques et durables. il cherche la richesse et la reconnais- sance, adore «richard bran- son» qui raconte avoir créé sa première entreprise pour rester autonome et continuer
Modes et contre-cultures pour éviter cette évolution traditionnelle...
tistes alors que bien souvent ils vivent des subventions et du système en place », ironise Gilles Lipovetsky. Subver- sion vaine, effets rhéto- riques ? Peut-être. « Les pos- tures révolutionnaires ont été incorporées par les marques, voire maintenant sont recherchées », remarque l’auteur de l’essai «De la lé- gèreté»(4).
(banques, assurances...) pour se lancer dans l’élaboration de vins natures, de bières artisanales ou de cafés mil- lésimés par exemple. C’est là toute la différence avec le hipster. il se reconvertit bien souvent dans sa passion, comme la conception de ré- seaux sociaux basée sur le jeu vidéo ou de chaussettes multicolores dans une matière spéciale et bio. Son passage en entreprise est guidé par son besoin d’apprendre, de valider ses connaissances, ou plus terre à terre d’obtenir un CDi pour rassurer une banque et faire un prêt im- mobilier. mais son essentiel est ailleurs. il veut du sens,
à créer – dans son cas, écrire des livres. Deuxième grande tendance en émergence, les Ubitechs pour ultra-techno- bio qui ne jurent que par le sport, l’outdoor et les tech- nologies. « Fini les chemises en flanelle, place aux vestes technologiques, formées de matériaux élaborés qui ré- siste au grand froid et évitent la sudation. Place aux in- novations techniques contre les intempéries qui magni- fient la performance sportive. Une nouvelle tribu est en train de se construire, visant l’ultime confort », décrit Pas- cal monfort. Signe majeur, tous les créateurs rachètent des licences de tissus hyper
fort, et d’active-wear », ajoute Pascal monfort. même H&m se montre très actif dans ses développements avec H&m Sport. Nike compte, dans un scenario
YUCCIES ET UBITECHS
Qui sera le «nouveau cool» pour lui succéder ? Deux grandes tendances semblent se détacher : les Yuccies, pour Young Urbans Crea- tives, comme les définit Da-
raisonnable (!)
son chiffre d’affaires de 30 à 50 milliards d’euros entre aujourd’hui et 2020. L’»ath- leisure» (pour «athletic» et «leisure») n’a pas fini de faire parler de lui. Et toute une philosophie et un mode de vie pourraient bien l’ac- compagner...
.,voirévoluer
DéCEmbrE / JANviEr
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