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TripAdvisor, faisant la pluie et le beau temps. D’où la nécessité de travailler dès la formation sur de nou- velles problématiques telles que la e-reputation », sou- ligne Benjamin Garcia
Carrières & Talents - Nouveaux métiers RH & FoRMATIoN Cas pratique de développement de posture pour les nouveaux métiers
La double compétence selon Ionis-STM
RÉVOLUTION DES MÉTIERS
« Certes nous essayons de sensibiliser le plus tôt pos- sible aux nouvelles disci- plines. Mais nous pensons que pour être capable d’être performant dans le machine learning ou la compréhen- sion des algorithmes (cf. Grand Angle de ce numéro), il faut au préalable com- prendre les domaines qui vont être influencés », ex- plique Franc Pacard. Et Va- lérie Claude Gaudillat, res- ponsable de l’institut de l’innovation à l’Audencia Nantes d’abonder dans le même sens pour les business schools : « D’égale impor- tance avec les nouvelles disciplines, nous souhaitons aussi inculquer une manière de penser différemment et d’apporter des solutions in-
La naissance de Ionis-STM (School of Technology & Management) au sein d’Epita, il y a 15 ans, s’est légitimée parce que le clivage entre profils business et informaticien avait pris trop d’importance. Au- trement dit, sortir des ornières et apporter une compétence managériale aux geeks. Et récipro- quement. « A l’’époque, des études mondiales soulignaient que 60% des projets informatiques au niveau de l’industrie n’aboutissaient pas no- tamment parce qu’ils ne prenaient pas en compte l’utilisateur. Il fallait agir à notre niveau, directement sur la formation », note Valérie Pham-Trong, directrice de Ionis-STM. L’école a donc fait partie de ces pionniers de la double compétence, recrutant dès ses premières années de Bac+2 à Bac+5 et
formant d’autres profils déjà dans la vie active. « Notre parti pris ? Nous formons des profils curieux. Et nous leur apprenons. Chaque ensei- gnement se déroule en mode projet. Et les inter- venants sont des professionnels », poursuit la di- rectrice. Sans revenir sur la révolution numérique, Ionis-STM accompagne ses ouailles sur de nouveaux profils qui mêlent par exemple biotechnologies et management ou nouvelle énergie et gestion... « Nous construisons des profils hybrides. Notre valeur ajoutée revient à lier les compétences ma- nagériales à d’autres plus techniques. Nos profils scientifiques se révèlent dans la gestion de projets, nos profils commerce s’ouvrent au numérique et nos pros montent en compétence sur le volet ma-
nagérial », complète Valérie Pham-Trong. Cette nouvelle génération d’école a fait des émules si bien que les écoles d’ingénieurs et business schools ont rapidement développé des partenariats allant dans le sens de Ionis-STM. « Certains de nos profils ont été recrutés au balbutiement du Big Data car ils possédaient un background marketing, informatique et statistique », explique la directrice. Aujourd’hui, l’école persiste avec son fil rouge de la double compétence et réfléchit à de nouveaux sujets et métiers : comment manager les nouvelles générations ? Comment former en conseil en in- novation ? Comment développer de nouveaux bu- siness model dans un environnement économique en pleine mutation ?...
novantes aux entreprises. Et d’ainsi faire évoluer cer- tains métiers dit tradition- nels vers le design thinking et une meilleure prise en compte de la RSE. » Toutefois, selon les experts de l’enseignement supérieur et de la formation, nous nous situons à une période
qui porte les germes d’un optimisme professionnel : le vieillissement de la po- pulation va nécessairement se mâtiner de robotisation, de domotique et de services d’un nouveau genre. Tout comme l’ensemble des em- plois posséderont une com- posante numérique. Dans
cette optique, « les hôtels se sont emparés du yield management, tout comme le mouton à cinq pattes qu’était le revenu manager est désormais une spéciali- sation de l’école », analyse Benjamin Garcia, directeur académique du groupe Va- tel. Si le numérique irrigue
chaque secteur et accouche de nouvelles fonctions hy- brides (cf. encadré), les pros- pectivistes tendent à se ha- sarder dans de nouveaux métiers parfois loufoques. Nos enfants, peut-être, vou- dront-ils devenir coach dans le digital ou au contraire numéropathes pour limiter
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ses addictions, pilotes de drone civil ou encore ar- chitectes de réalité augmen- tée ? Les scénarios les plus fous parlent même de spé- culateurs de monnaie alter- native ou de coaches en cu-
riosité. Y croyez-vous ?
Geoffroy Framery
NoVEMBRE 2015
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